‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 3)Chapitre 52 sur 77 · LIVRE XII. — IMMORTALITÉ DE l'âME · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — IMMORTALITÉ DE l'âME

doDt on De me réveillera pas \ i» Une épitaphe latine porte : « J'ai vécu, saps avoir jamais cru à rien, après la mort ^ » ; une grecque : « Il n'y a au Tartare ni barque ni Garon, ni Êaqùe, comme portier, ni Cerbère. Nous tous, que la mort y a descendus, ne sommes qu'ossements fragiles et cendres^ rien de plus '. » Une autre dit du défunt qu'après avoir parcouru sa carrière, il n*est plus qu'une tombe, une pierre, une image \ Voici la traduction d'un distique, évidemment très-usité : « Je n'étais pas, mais j'arrivai à Texistence ; je fus, mais n'existe plus; voilà la vérité. Qui parle autrement ment, car je ne serai plus rien^ » Souvent on ajoute que la mort n*est pas un mal, la conscience se perdant avec la cessation de la vie. Un certain L. Mécius Marcus, qui s'était fait ^construire, de son vivant, (& une maison pour l'éternité x> , autrement dit un caveau de famille, pour lui et les siens, dit dans l'hiscription, en se considérant comme encore vivant : « Je n'existais pas autrefois, et maintenant j'existe ; il viendra un jour où je ne serai plus, mais cela ne me fait aucun tourment'. » Sur une pierre tumulaire, on a mis dans la bouche de la défunte, qu'elle couvrait, les paroles suivantes : « Je n'existais pas autrefois et j'ai cessé d'exister; mais je n'en sais plus rien, cela ne me fait donc rien ^ » « La mort, » porto

* Stephani, TU,Gr.,Y (Ind. schol. Dorpat, 1850) s. XVUI,p. 12. ^ Marini, Iscr. Alb.y 117, 6.

* Stephani, BuU. hàsi. et phil, de V Académie de Saint-Pétershaurgi

* AntM. Gr.y XHI, 798, n^ 44 ; 8oit aussi Welcker, SylL Spigr., n*" 61, p. 93, etc. (95); ou Keil, SyU. Inser. BcBot.^ p. 189; ou Stepbani, TU. 6r., V, 18, dont M. Friedlœnder n*adopte pas, toutefois, Texplication.

« Orelli, 4811.

* ^ Ilfidem, 4809. —Voir aussi l'apostrophe au lecteur d'une épitaphe

une autre pierre, ci est le dernier remède et le plus efficace \ » A la négation de la vie d^outre^tombe^ se joint, parfois, une exhortation à bien jouir d'une vie aussi passagère, comme dans ce quf suit : « Je n'étais rien, je ne suis plus rien. Vous qui vivez encore, mangez, buvez, amu- . sez-vous, venez donc V yy « Vous qui lisez ceci, camarade, jouissez de la vie, car après la mort il n'y a plus d'amu* sèment, ni de rire, ni de joie'. » Un monument funèbre trouvé , en 1626 , sous le .grand confessionnal de l'église Saint- Pierre, la statue couchée d'un buveur tenant une coupe à la main , excitav par la teneur abominable de l'inscription, un tel dégoût, qu'on se hâta d'effacer celle-ci, dont on conserva seulement une copie. Le défunt, malgré son matérialisme grossier, avait été, comme il parait, dans sa vie privée, un homme à conduite régulière d'ailleurs, n s'appelait Flavius Âgricola, de Tibur, et s'était fait représenter dans la posture qu'i) aimait à prendre, de son vivant, quand il faisait ses libations de vin. Il avait vécu trente ans* en excellents termes avec sa femme, Flavie Primitive. 'Elle aussi, femme extrêmement honnête , chaste^ laborieuse , ainsi que soigneuse de sa réputation et de sa beauté , avait été très-éprise du culte de Bacchus ou, suivant une autre version, de celui d'Isis. Après sa mort, sa fille, Aula Primitive, l'avait consolé par son amour et reçu dans sa maison. En terminant, il engage les lecteur», en vers dont

dans Renier, Inscr. de V Algérie^ 717 ; Non fueras : nonc es iteniin s nunc desiois esse.

' MuratoH, 1597, 3 (Marini, Ucr.Alb^^^ 117, 7),

'^ CI, L., II, 1434(épîtaphe d*an enfant de huit ans).-- /6ûf., 1877 i Ed bibe lude, veni. — Ibid,^ 2262 : Ta qui stas et ieges {sic) titolum meum, iude jocare veni.

' Marini, L c, 3» . *

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