‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des Antonins (volume 3)Chapitre 71 sur 77 · LIVRE Zll. — IMMORTALITÉ DE L*ÂME · texte numérisé non relu

LIVRE Zll. — IMMORTALITÉ DE L*ÂME

principal du commerce entre les vivants* tant pour avertir sans cesse les passants, comme dit Varron (VI^ 6), de la destination finale de chacun à ce même repos, que pour la conservation et le renouveUement perpétuel du souvenir des défunts non-seulement dans la mémoire de leurs proches et descendants, - mais dans celle de tous les survivants et de la postérité en général. « Titus Loilius Masculus, t» porte une épitaphe romaine, « glt ici sur le bord du chemin, pour que les. passants puissent dire : Salut à Titus LoUius ^ » Assez souvent aussi, l'inscription invite les voyageurs à honorer le mort d'une pareille salutation posthume et les bénit pour cette attention, ou même elle met dans la bouche du mort une réponse à leur adresse, de sorte que le passant pouvait lire, sur la pierre tuinulaire, une espèce de dialogue entre lui-même et le défunt'. Comme c'était une crciyance très-répandue que les morts devaient toujours trouver du plaisir à ces marques d'intérêt de la part de tous les vivants indistinctement,' il ne ^ paraissait pas moins naturel que les sacrifices, offrandes et feslins auprès de leurs tombes, la parure de fleurs dont brillaient .les monuments funèbres « aux jours des roses et des violettes » , la lumière de la lampe funèbre fraîchement remplie et le parfum de l'huile odorante qu'on y brûlait, leur fussent également agréables, ne fût-ce que comme preuves du bon souvenir que leur gardait la postérité. Ainsi toutes ces offrandes avaient iieudans la sup-

ft OreUi, 47S7 (AqaaD Sexti»).

* Àipsit par exemple, Orelli, 4743, etc., et BuU. d. L, 1864, p. 155 : « Hâve Victor Fabiane. Di vos bene faciaot amici, et vos viatores habeatis deos propitios, qni Yictorem Pablicum Fabianum a censibus P» JR. non proteritiB. Salvi eatis, salvi redefitis. Et vos qui me coronatis vel flores jaetatis, multis aDois faciatis. »

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position d'un<désîr des défunts de eontinaer, en ipielqae s<N*teyà vivre] avee; les générations postérieures^ Il rmin dans le même otdre d'idées que, sur les monuments tomulaires grecs, on s'appliquait de 'préféreûee . à .représenter des scènes de la vie passée du défunt, à stéréotyper pour ainsi dire la continuité de soii «dsteiiee; Le célèbre Goethe, qui avait le sentiment de Tesprit des anciens^ &t 'très-doucement impressionné' à l'aspect direct de ces figures d'une simplicité touchante et faiteis pour nous intéresser au phis bautpoint. Ce qui lui plaisait surtout^ c'est que les Sommes représentés sur ces pierres tumulairies n'ont pas les mains jointes, ni le regard tourné vers le. ciel, mais se tiennent réunis ^ comme iis avaient Thabitude de se« rechercher quand ils s'aimaient sur la terrée « Le vent^ )r ajoute-t-il, a dont lesonffle tient des tombes dte andiens, à traversun massif de rosiers^ embaume l'air, oth*) ceux^à même qui repoussaient la croyance à l'immortalité de la personne, ou n'en éprouvaient pas le besoin, ont, dans l'antiquité, attaché en tout temps- du prixà durer^ s^s cette former dans la mémoire de la postérité. Épicure lui-même^ dans la doctrine de félidté duquel le principe que reiistonce et la conscience cessent avec la mort tMme proprement la clef de voûte, ordonna daùs soh testament que l'on fétàt ran-* niversairedu jour de sa naissance et le 20 de chaque moist en mémoire de sa personne ainsi que de celte de son ami Métrodore : ce que ses sectateurs ne maïUquaient pas de faire effectivement, des siècles encore après sa mort^

Mais^ lors même que la croyance à l'iaunoirtalité de l'âme s'attachait^ chez les anciens, à la persistance de h personnalité dans Une vie supérieure, plus pure et partant

•ZeHer^lil, 1,354, 3.

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