‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 119 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L EMPIRE ROMAIN. 23ÎJ · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L EMPIRE ROMAIN. 23ÎJ

et d'onguents, en gargotier, en débitant de boissons et en proxénète 1 .

Il est probable que Ton trouvait, fréquemment aussi, des portraits peints d'empereurs dans les maisons des particuliers; on est porté du moins à le croire, d'après la motion de l'empereur Tacite au Sénat , que chacun , c'est-àdire sans doute chaque sénateur, fût tenu d'avoir chez lui un portrait du défunt empereur Aurélien*. Les tableaux représentant Alexandre Sévère en pied, revêtu d'un costume blanc très-simple, encore existants à l'époque de Constantin, doivent avoir été, en partie, des portraits d'après nature 8 . Un portrait de Trajan étant, lors de la naissance d'Alexandre Sévère, dans un temple, tombé sur le lit de la mère de ce dernier, fut regardé comme un présage de son avènement à l'empire \ Ajoutons que la ressemblance de Théodose le Grand avec Trajan était facile à constater, par la comparaison avec des portraits de celui-ci 5 . Pausanias ne connaissait les traits du bel Antinous que par ses statues et par des tableaux ; il y avait surtout un grand nombre de ces derniers dans le temple qu'on lui avait élevé à Mantinée, où il figurait le plus souvent peint en Bacchus 6 . La coutume royale de se faire envoyer des portraits de princesses, pour se guider dans le choix d'une épouse, coutume mentionnée par Honorius dans Claudien 7 , paraît avoir pris naissance

1 Vie d'Élagabale, ch. xxx.

* Vita Tac'tii : Ut Aurelianum omnes pictum haberent. s Vie d'Alexandre Sévère, ch. iv.

4 Ibidem, ch. xm.

* Aurélius Victor, Epitome, 44, 11. — Voyez aussi, sur les portraits des empereurs, Gothofred. ad Cod. Theodosianum, XV, 4, 1.

6 Pausanias, Vin, 9, 4.

7 Nuplias Honorii et Marix, 23 à 27.

en Orient et s'être, de là, répandue en Occident. La princesse juive Alexandra envoya à Marc-Antoine, d'après le conseil de Dellius, les portraits de ses deux enfants, à savoir, du jeune Aristobule, adolescent de seize ans, et de la belle Marianne, femme d'Hérode, afin de le disposer, par l'aspect de la beauté merveilleuse de l'un et de l'autre, en faveur de la demande, faite par elle, de la dignité de grand-prêtre pour son fils Aristobule 1 .

Dans la vie privée aussi, on recourait généralement à la peinture de portraits, quand on tenait à fixer, pour des individus ou pour un plus grand cercle, les traits et la figure d'hommes célèbres et intéressants, de personnes honorées et chéries. Un portrait de Flore, courtisane admirablement belle, devenue célèbre par sa liaison avec Pompée, à l'époque de la jeunesse de celui-ci, fut exposé par Métellus le Dalmatique au Forum, dans le temple de Castor, qu'il y avait fait restaurer, ainsi qu'orner de peintures et de statues*. Les productions des peintres de portraits, alors le plus en vogue à Rome, Sopolis et Dionysius, remplissaient encore les galeries au temps de Pline; mais, pour les portraits de femmes, on leur préférait, à l'un et à l'autre, une femme artiste, la virginale Jaja de Cyzique, qui s'était aussi peinte elle-même devant une glace 8 . L'allégation de Pline, que la peinture de portraits aurait été complètement supplantée par la nouvelle mode des médaillons de bronze et d'argent, ne peut s'appliquer directement qu'aux atria des grandes maisons; car ces médaillons étaient d'un trop grand prix pour comporter un large débit. Depuis que Varron avait publié un livre d'images, conte-

1 Josèphe, Ann. Jud., XV, 2, 5, etc.

* Plutarque, Pompée, en. u, et Becker, Manuel, 1, 299, 9.

3 Pline, Hist. nat., XXXV, 147', etc.

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