‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 136 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN

coup de défunts. Que Ton en accordât en général aux défunts plus facilement qu'aux vivants, cela va de soi. Ainsi, par exemple, sous Marc-Aurèle, les plus notables parmi les victimes de la peste en obtinrent, ainsi que, parmi celles de la guerre avec les Marcomans, tous les nobles, ces derniers au forum de Trajan 1 . ATavénemént d'un nouvel empereur, il paraît que ses parents défunts obtenaient ordinairement des statues. Claude, sous Galigula, faillit être dépossédé du consulat en Tan 37, pour avoir trop négligemment poursuivi l'exécution et l'érection de statues des frères prédécédés de l'empereur, Néron et Drusus (mort en l'an 30)*. Antonin le Pieux agréa, avec grand plaisir, les statues décrétées par le sénat à sou père, sa mère, ses grands parents et ses frères, tous également prédécédés 8 . Marc-Aurèle honora de statues jusqu'aux amis de ses parents, après leur mort*. Septime Sévère en fit poser à tous ses parents défunts, à son père et à sa mère, à son grand-père et à sa première femme 5 . Cependant on ne saurait dire non plus que ni le sénat ni l'empereur ne fussent jamais chiches de ce témoignage honorifique, même à l'égard des vivants. • Marc-Aurèle, qui demanda au sénat plusieurs statues pour Junius Rusticus, son professeur de philosophie, après sa mort, en demanda une pour Fronton, son professeur d'éloquence, déjà du vivant de ce dernier, sans

1 Histoire Auguste, Vie de Marc-Antonin, ch. xm et xxn.

2 Suétone, Claude, ch. îx.

8 Vie d' Antonin le Pieux, ch. v.

4 Vie de Marc Antonin, ch. xxix.

5 Vita Severi, ch. xiv : passage où il y a une lacune après les mots « rumore beili Parthici » , après lesquels il faut lire probablement « (propinquis) exstinctis, patri, matri, etc. »

nul doute 1 . Sur la demande de cet empereur aussi et de son fils Commode, déjà associé à l'empire, le sénat vota trois statues au préfet du prétoire, M. Basséus Rufus : une, dorée, pour le forum de Trajan, une autre, en costume civil, pour le temple d'Antonin le Pieux et une troisième, cuirassée, pour celui de Mars Vengeur*. On décernait aussi des statues à titre de récompenses militaires 8 . Ainsi Constance, par exemple, fit dresser celles des officiers qui avaient commandé une sortie audacieusement faite de la forteresse d'Amida en Arménie (Diarbékir), pendant que les Perses l'assiégeaient en 359, sur une place populeuse d'Édesse, où Ammien les vit encore*.

Toutes les places publiques d'abord, avec leurs colonnades, ainsi que les principaux temples avec leurs parvis, étaient remplies de statues, l'ancien Forum et le parvis du temple de Jupiter, au Capitole, déjà du temps de la république. De là Auguste transféra, à cause du défaut d'espace, un certain nombre de statues d'hommes célèbres au Champ de Mars 5 . Les statues triomphales décrétées par le sénat étaient dressées au forum d'Auguste jusqu'à Trajan, après le règne de ce dernier ordinairement au . forum de Trajan 6 . En général, cette place devint de plus en plus, avec le temps, le centre de tout ce qui avaijt de l'éclat et de la distinction, surtout par le fait d'Alexandre Sévère, ce dont témoignent nombre de socles que Ton y

1 Vie de Mare Antonin, ch. u, m.

a Henzen-Orelli, 372 (Orelli, 3574).

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