‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 137 sur 218 · LIVRE IX. LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. LES BEAUX-ARTS DANS L'EMPIRE ROMAIN

a trouvés 1 . Une distinction honorifique des plus rares fut l'érection, au Palatium, d'une statue votée par le sénat au père de l'empereur thon, pour la découverte d'un complot contre la vie de Claude*. C'est là, au-dessus des sta- • tues triomphales du Forum, que Néron aussi, en l'an 65, fit poser celle de Nerva, qui devint plus tard empereur, et celle de Tigellin 8 .

Il va sans dire qu'il est bien plus rarement fait mention des monuments ayant un caractère privé que des monuments publics, mais la question de savoir si les premiers étaient moins nombreux que les seconds est encore à résoudre. Parmi les monuments privés se classent, entre autres, les statues posées par les collèges (corporations de métiers, corporations religieuses et autres) à leurs patrons et autres protecteurs*; puis, les monuments élevés aux acteurs, musiciens, athlètes et conducteurs de chars en vogue et en renom, par leurs partisans et leurs admirateurs. Ceux des conducteurs de chars leur furent, sans doute, en grande partie du moins, décernés par les factions du cirque. Cette multitude de statues, dans le costume original du cirque, frappait les étrangers, vers le milieu du deuxième siècle, à Rome, où Ton en voyait non-seulement de cochers, mais aussi de pantomimes, groupées avec les images des dieux, dans les temples. D'ailleurs, les communes aussi honoraient par des statues les artistes de ce genre, et cela non pas seulement en

1 Preller, Régions, 232.

2 Suétone, Othon, ch. i.

8 Tacite, Annales, XV, 72.

4 Henzen, 7215. — Herzog, Gall. Narb., App., 18. — Mommsen, Bull. d. Inst., 1853, p. 27, etc. Les « signa collegiorum (Panég., VII, 8, 4) v dont on avait paré la ville d'Autun (Augustodunum), quand Constantin y fit son entrée, devaient être des images de divinités.

Grèce. La ville de Préneste aussi érigea, sur la demande du peuple, une statue à son concitoyen, Marc-Aurèle Agilius Septentrion, affranchi des empereurs Septime Sévère et Caracalla, et premier pantomime de son temps, lequel remplissait, dans cette même ville, la charge de sévir des > ^ -ù Augustales, pour reconnaître le grand amour qu'il avait pour ses concitoyens et pour sa ville natale 1 . En général, les monuments publics décernés à des artistes ne devaient pas être chose rare; ceux d'artistes célèbres étaient nombreux, dans tous les cas. Néron contraignit Pammène , acteur tragique déjà très-vieux, à se mesurer avec lui, afin de pouvoir insulter à ses statues, après qu'il aurait remporté le prix 8 . Les traits des athlètes en renom étaient popularisés par les statues en bronze qu'on leur avait érigées en beaucoup d'endroits 8 .

Au temps de Pline l'Ancien, des clients rendaient hommage à leurs patrons, en leur érigeant des statues dans l'atrium de leurs maisons*, comme ailleurs certainement aussi. Des amis s'honoraient entre eux de la même façon. Ceux d'un certain D. Junius Mélinus, nommé le premier chevalier romain à Cartima, ville de la Bétique, y avaient, de son vivant encore, commandé une statue pour lui; comme il mourut, à ce qu'il paraît, avant l'érection, la mère du défunt la lui fit poser, à ses frais 5 . Un certain L. Licinius Secundus avait rempli les fonctions d'huissier auprès de son patron, le puissant L. Licinius Sura, pendant ses trois consulats des années 98, 102 et 107; or,

i Orelli, 2627.

2 Dion Cassius, LXI1I, 8. — Suétone, Néron, cb. xxit.

3 Philostrate, Héroïques, éd. Kayser, p. 292.

4 Pline, Hist. nat., XXXIV, 17.

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