‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 175 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS l'eMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEAUX-ARTS DANS l'eMPIRE ROMAIN

leur réelle, tandis que pour les Romains, qui manquaient en général de l'intelligence de ce qui constitue la valeur propre et absolue de l'art, celui-ci n'était qu'un moyen pour le raffinement des jouissances de la vie et pour la perpétuation de la mémoire des personnes et des faits, à côté d'autres moyens remplissant aussi complètement, pour eux, l'un et l'autre but. Si nous n'avions que la littérature des deux langues dominantes de ce temps, telle que nous la possédons aujourd'hui, nous ne nous douterions même pas de ce que les beaux-arts étaient, encore alors, capables de produire, ni de la mesure prodigieuse dans laquelle le besoin d'ornementation artistique et de représentation monumentale avait gagné toutes les classes de la société, ni du développement d'activité gigantesque qu'il mprima, en les vivifiant dans tout le monde romain, à la peinture et à la sculpture. Qu'elle était riche cette civilisation, habituée à disposer de la production des arts dans une mesure dont le monde d'aujourd'hui a peine à concevoir l'étendue, à lui marquer tous les jours des tâches qu'il serait aujourd'hui tout à fait impossible de remplir ; cette civilisation qui comptait parmi ses moindres biens, et répandait à pleines mains, comme en se jouant, des trésors dont l'immensité nous humilie et nous remplit d'étonnement !

Page 1