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la musique, à l'époque du plus vif éclat de la civilisation romaine, en insistant aussi sur le grand et merveilleux développement qu'y avait pris en particulier, dans ces conditions, l'industrie artistique. On voit par là qu'il a procédé, partout, de l'étude des mœurs à celle des éléments mêmes de la civilisation du temps, ce qui explique et justifie la modification que nous avons cru devoir apporter au titre français de son ouvrage.
Les matières du quatrième volume ont encore plus d'importance, à ce point de vue. L'esquisse sur les belles-lettres latines comprend aussi celle de l'enseignement qui en formait la base; s'il n'y est point parlé de l'histoire qui, après Tite-Live et Velléjus Paterculus, ne reparaît au jour, il est vrai, qu'avec la mort de Domitien et le relâchement du despotisme impérial, M. Friedlaen'der retrouvera peut-être ailleurs l'occasion d'apprécier plus particulièrement, comme historiens de la période des douze premiers Césars, Tacite et Suétone, qui, parmi les écrivains latins, n'eurent bientôt plus, pour continuer leur tâche, que des panégyristes, des historiographes, ou de simples abréviateurs.
Dans l'exposé du mouvement religieux et philosophique qui a préludé à la grande lutte dont le triomphe du christianisme ne marqua la fin que beaucoup plus tard, une largue part a été faite, en particulier, à l'examen des croyances et des idées da l'époque, relativement à l'immortalité de l'âme. Quant aux sciences proprement dites, dans l'acception française du mot,
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elles étaient vaguement comprises, alors, "dans le domaine général de la spéculation philosophique, et encore en majeure partie trop informes pour prétendre à une existence indépendante.
Les mathématiques, celles qui avaient fait le plus de progrès, antérieurement déjà, et que Platon considérait comme l'introduction nécessaire de toute philosophie, étaient restées l'apanage des Grecs, auxquels les Romains ne contestaient la supériorité du génie de l'invention et de la création, sur le domaine de la science pas plus que sur celui de l'art, tout en revendiquant et gardant pour eux-mêmes les avantages de celle de leur propre génie, politique et organisateur. Quant aux éléments épars des sciences naturelles, manquant encore de toute base de principes certains et fondés sur l'observation, ils ne constituaient, à vrai dire, qu'un fonds d'histoire naturelle. Tel est effectivement, comme on sait, le titre donné par Pline l'Ancien à son grand ouvrage encyclopédique, espèce de cosmographie dans laquelle il réunit, av.ec la substance de ce fonds, la description de toutes les curiosités de son temps. Les notions géographiques des Romains se confondent avec leurs voyages, dans un même cadre, où des renseignements sur la navigation et la marine de l'époque ont aussi, naturellement, trouvé place. Le chapitre iv du livre III en contient sur la profession médicale et les médecins. Après tout, il ne resterait plus, pour compléter cette série de tableaux, qu'à mettre aussi pleinement en lumière Tinfluence exercée sur les mœurs et la civi-
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lisation de la période qui nous occupe par deux éléments de domination et d'organisation foncièrement romains : nous voulons parler de l'état militaire et du droit civil. Cependant le livre III et les additions qui s'y rapportent, dans le supplément au tome I, que nous publions conjointement avec le présent volume, contiennent déjà beaucoup d'observations curieuses sur le barreau et les jurisconsultes, ainsi que sur l'avancement dans l'armée et les vicissitudes de sa composition.
Les nouvelles éditions des deux premiers volumes, faites par l'auteur en 1867 et 1869, y ont effectivement ajouté tant de renseignements précieux et des parties, entièrement neuves, d'un si grand intérêt que nous ne pouvions nous dispenser de les comprendre aussi dans notre travail. Nous avons donc recueilli, dans deux suppléments, toutes ces additions,, soigneusement rapportées au texte antérieur, avec indication de la page et de la ligne. En les offrant au lecteur, avec nos tomes III et IV, nous nous sommes, d'ailleurs, arrangé de manière qu'ils puissent en être facilement détâchés, l'un et l'autre, et reliés avec les deux précédents volumes, qu'ils complètent respectivement.
La qualité de traducteur nous interdit l'éloge et la critique, mais ne nous défend pas de remercier très-sincèrement l'auteur du plaisir que nous a procuré son ouvrage e\ du profit que nous croyons en avoir retiré, pour notre propre instruction. Nous lui prédirions, avec plus de certitude, le même succès qu'en Allemagne, sans l'aver-
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sion d'une trop grande partie du public français pour la lecture des livres sérieux. Or rien n'est plus regrettable, à nos yeux, que cette indifférence croissante, ne craignons pas de le dire, dûton malicieusement nous répondre : Vous êtes orfèvre, Monsieur Josse.
En général M. Friedlaender s'est fait un devoir scrupuleux de procéder objectivement, comme disent les Allemands. Loin de chercher à multiplier les rapprochements superficiels et les allusions piquantes, il n'a recouru aux comparaisons que dans les cas où elles étaient commandées par la nature, ou indispensables pour l'intelligence du sujet même. Nous imiterons sa réserve. Cependant, il n'est guère besoin de rappeler que ce n'est pas simplement un intérêt d'archéologie qui s'attache à l'étude des rapports de la vie intérieure, nous allions presque dire à l'histoire intime d'une société telle que fut celle de l'empire romain , à l'époque de son omnipotence et de sa plus grande splendeur. Cet immense corps de domination n'était pas seulement un empire, c'était tout un monde , une civilisation tout entière , arrivée à l'apogée de son développement, et dont les vastes et magnifiques ruines, offrant une mine presque inépuisable des plus 1 riches matériaux, ont trouvé, longtemps encore après sa destruction, un emploi plus ou moins large, dans la réédification de nouveaux empires et l'organisation de la plupart des sociétés modernes. Sa décadence et sa chute, il est vrai, offrent un exemple éclatant de ce qu'il y a de pernicieux