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dans une pareille domination universelle, dans le nivellement césarien, qu'il ne faut pas confondre avec la perspective, plus consolante pour l'humanité, de l'unification graduelle que font entrevoir, à travers les nuages passagers d'apparences contraires, les tendances prépondérantes de l'esprit et de la civilisation modernes. Mais, sous la réserve de cette différence essentielle, il prête à l'observation d'une foule d'analogies particulières de tout genre, et la grandeur des enseignements qui en dérivent est, là aussi, en rapport avec celle de la société qui les fournit, de ses destinées et de leurs vicissitudes ; ils ont d'autant plus d'éloquence, de force et d'autorité que les analogies, se présentant d'elles-mêmes à l'esprit, le frappent davantage. Ces analogies sont en général de deux sortes : les unes tenant à des affinités de race et persistant avec elles; les autres plus variables et procédant des similitudes nécessaires, accidentelles ou passagères, dans le cours des événements, dont beaucoup se reproduisent, sous l'empire des lois de causalité, au milieu de variations continuelles, qui changent l'aspect des choses, mais n'en peuvent altérer le fond. Nihil sub sole novum. La mission de recueillir les enseignements du passé et de les faire fructifier serait le triomphe de l'histoire si, malheureusement, elle n'était comme la pauvre Gassandre ; car peuples et gouvernants ne se montrent que rare- ' ment disposés à l'écouter, et ses leçons, les plus simples comme les plus graves, n'ont pas souvent la chance de prévaloir sur les influences contraires
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de l'entraînement des passions et du jeu des ambitions dominantes. Jupiter quos vuît perdere dementat. L'espoir que l'on fonde sur l'autorité de la raison et de l'expérience des siècles se traduit souvent £-M ainsi par une illusion, que l'homme de bien n'en est pas moins tenu de garder, pour l'acquit de sa conscience, ainsi que pour se prémunir et réagir de son mieux contre les effets, immédiats ou à plus ou moins longue échéance, dé ces funestes aveuglements,
L'intérêt constant de l'histoire romaine, on ne saurait trop le redire, se fonde sur ce qu'elle est demeurée comme un miroir politique pour tous les temps; et ce qui ajoute beaucoup à cet intérêt, c'est la circonstance que des traces multiples et vivantes témoignent, encore de nos jours, chez toutes les nations de la famille néo-latine, de leur descendance plus ou moins directe de la race ou de la civilisation romaine. On les retrouve jusque dans ce rameau, longtemps oublié, que Trajan greffa jadis sur les bords du bas Danube, après la conquête de la Dacie. En effet, la physionomie latine prédomine encore aujourd'hui dans les traits physiques, l'idiome populaire et certaines particularités des mœurs du peuple roumain : fait d'autant plus curieux que ce peuple a été, plus que tout autre, on ne peut pas dire entamé, mais tourmenté par le choc de l'irruption des barbares, qu'il n'a subi, pendant des siècles, que des influences byzantines ou grécoslaves, à l'époque de l'empire d'Orient, comme à celle de la suprématie ottomane et du régime des
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princes fanaïiotes, et qu'il s'est trouvé ainsi, jusqu'à ces derniers temps, presque entièrement soustrait à l'effet de cette espèce de communion d'idées que la diffusion des humanités ou lettres latines n'a pas le moins contribué à établir entre toutes les nations de l'Occident et du Centre de l'Europe, y compris celles de la famille germanique.
Mais revenons à notre traduction, pour un dernier mot : afin de réduire au minimum toutes les chances d'erreur , nous avons demandé, pour chacune des feuilles de nos deux volumes, l'approbation préalable de l'auteur même. Rien n'a donc été négligé pour assurer, autant que possible, la bonne correction d'un travail fait assez consciencieusement pour nous donner quelques droits à l'indulgence du lecteur.
M. Friedlaender vient de terminer une quatrième édition de son tome I, et il s'occupe d'une troisième du tome II, qui paraîtra vers la fin de l'année. Nous regrettons de ne plus être en mesure de profiter de tous ses remaniements; mais cela ne nous empêchera pas de tenir compte avec soin, pendant l'impression même, des rectifications nouvelles qui nous seront indiquées par l'auteur.