‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 25 sur 218 · LIVRE V11I* — LU LUXE H0MA1N · texte numérisé non relu

LIVRE V11I* — LU LUXE H0MA1N

1716, y assista à plusieurs grands dîners delà haute noblesse, auxquels on servit itérativement, pour la fêter, plus de cinquante plats sur de la vaisselle plate, avec un dessert à l'avenant sur la plus fine porcelaine; de plus, souvent jusqu'à dix-huit sortes de vins, dont la carte figurait à côté de chaque couvert 1 . En France sous le règne de Louis XV, 120 faisans étaient livrés chaque semaine à la cuisine du prince de Condé, et, quand le duc de Penthièvre se mit en route pour ouvrir les États de Bourgogne, 152 hommes de bouche le devancèrent dans son voyage. Le républicain Danton donna, dit-on, des dîners à 400 fr. le couvert, et Barras, pendant qu'il était au directoire, doit avoir fait venir, par le courrier de la malle, ses champignons du département des Bouches-du-Rhône\ Ces exemples peuvent suffire. Quant à la vive impulsion que le puissant développement du commerce entre toutes les parties du monde, depuis le premier quart du siècle présent, a donnée et imprime encore aujourd'hui à toutes les branches du luxe, non moins qu'à celui de la table en particulier, c'est là un fait de notoriété universelle.

1 Lettres de lady Montague, L. 7. a Voir VAlmanach des gourmands.

§>î. — De F acclimatation d? espèces comestibles du règne animal et du règne végétal.

Introduction d'animaux exotiques pour le luxe de la table. — Ce qu'en pensait Pline r Ancien. — Propagation artificielle des huîtres. — Acclimatation de volailles. — Culture de diverses plantes introduites en Italie du temps de la république et sous l'empire. — Amélioration et multiplication des fruits et d'autres produits du règne végétal. — Comparaisons avec l'horticulture de notre temps. — D'Italie, la culture des plantes acclimatées se répand dans les provinces. — Extension de la culture de l'olivier et de celle de la vigne.

Dans l'antiquité romaine non plus, on ne saurait dire que le luxe de la table n'ait produit que des effets nuisibles pu sans conséquence; au contraire, ce luxe, par cela même qu'il fut le mobile principal de l'introduction de la culture de plantes exotiques et de l'acclimatation d'animaux, propres à la consommation alimentaire, dans les pays d'Occident, partant aussi de l'amélioration et du raffinement des denrées comestibles en général, était alors, tout aussi bien que de nos jours, un facteur nullement à dédaigner dans le mouvement général d'expansion et de progrès de la civilisation. Cet objet mérite de fixer particulièrement l'attention 1 .

Une grande partie des animaux et végétaux servant à la

1 L'auteur, dans les passages qui suivent, a largement profité, comme il se plait à le reconnaître, d'un très-remarquable ouvrage spécial, allemand aussi, de Victor Hehn, publié en 1870, sous le titre de Plantes cultivées et animaux domestiques dans leur passage d'Asie en Grèce, en lia lie et dans les autres parties de l'Europe.

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