‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 30 sur 218 · LIVRE VIII. — LE LUXE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE VIII. — LE LUXE ROMAIN

ment aussi l'amandier-pêcher et le jujubier, que Sextus Papirius, consul en Tan 36 après Jésus-Christ, transplanta de l'Afrique et de la Syrie en Italie, vers la fin du règne d'Auguste 1 , la fève d'Egypte (colocasia)*; enfin, le radis de la Syrie 3 et le millet de l'Inde, introduits en Italie, celui-ci très-peu de temps, celui-là moins de dix ans avant l'époque où Pline écrivit ce que nous venons de rapporter*. La culture du riz et celle du maïs n'y furent naturalisées qu'à la fin du quinzième siècle, ou au commencement du seizième . L'abricotier et le pécher avaient été implantés en Italie, vers le milieu du premier siècle de notre ère, par des jardiniers industrieux, qui se firent payer cher leurs premières récoltes de pommes persiques et de prunes arméniennes, comme on appelait alors ces fruits. La pistache fut transplantée par L. Vitellius, père de l'empereur de ce nom, de la Syrie, où il avait été légat, sous Tibère, à sa terre, près d'Albe, avec plusieurs autres fruits de jardin. Le melon parait avoir été introduit, dans le cours du premier siècle de l'ère chrétienne, des oasis voisines de l'Oxus et du Jaxarte dans les jardins de Naples. Pline décrivit le premier ces nouveaux et merveilleux fruits de la Gampanie, sous le nom de melopepones ; plus tard, les biographes des empereurs disent melo. Il est douteux que la naturalisation du caroubier remonte jusqu'au temps des Romains 5 . Mais le citronnier (arbor

1 Pline, Hist. nat. t XV, 47 : iEque peregrina sicut zizipha et tu bures.

S. Papirius primus utraque attulit aggeribus pracipue décora, quo-

niam et in tecta jam silvœ scandunt.

» Ibidem, XIX, 107.

3 Ibidem, XXI, 87.

4 Ibidem, XIX, 81. — Cependant voyez aussi Marquardt {Manuel, V, I , 338), qui est d'un autre avis.

* Hehn, 375, etc., 312, 305, 221, 335, etc.

citrï) , gui portait ces pommes médiques , longtemps admirées comme le fruit des jardins des Hespérides, et le cédrat (citrus medica cedra)\ ont été positivement acclimatés en Italie dans le cours des premiers siècles de Tère chrétienne. Pline mentionne l'insuccès de tentatives faites en vue du transport d'arbrisseaux de l'espèce en Italie, dans de grands pots de terre percés de trous ; mais Florentinus signale déjà, à une époque qui, très-probablement, correspond au commencement du troisième siècle, une culture de citronniers en serre chaude, pareille à celle que l'on trouve encore aujourd'hui dans la haute Italie, où l'on abrite ces arbustes par des murailles, du côté du nord, et les couvre en hiver. Palladius enfin mentionne l'existence, vers le quatrième siècle ou le cinquième, de citronniers venus en pleine terre, sans aucune de ces précautions, dans l'Ile de Sardaigne et à Naples, mais seulement sur des terrains de choix. Aussi, le dernier explorateur de ce domaine, homme d'autant de sagacité que d'érudition, Hehn, qui est ici notre guide, reconnatt-il, tout en considérant l'empire romain comme fatalement voué à une ruine prochaine, que le temps de sa durée montre cependant, dans plusieurs des branches de l'activité humaine qui frappent généralement le moins les yeux, comme, par exemple, en ce qui concerne l'éohange et le parti tiré, par l'industrie, des produits naturels des contrées les plus diverses, une tendance marquée vers le progrès et des progrès réels. Quant aux autres fruits de la famille du citronnier (agrumi), l'introduction en Europe du limon (en arabe limûn), que l'on confond souvent à tort avec le citron proprement dit, et de l'orange amère, ne date que de l'époque des croisades, celle de l'orange douce {portogallo\ rapportée de la Chine par les Portugais, que du seizième,

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