LIVRE VIII. — LE LUXE R0MAÏN
l'importance de simples villages, offrant plus d'un établissement de l'espèce, où Ton trouvait des bains pour de l'argent. Pline le Jeune \ par exemple, parle d'un bourg près de Laurente où il en existait trois, tous également recommandâmes. Il n'est peut-être pas d'objet à propos duquel les inscriptions, trouvées dans les villes d'Italie, témoignent plus fréquemment de fondations et de legs qu'en faveur de la construction, de l'entretien, de l'ameublement et de l'usage gratuit des bains froids et chauds, tant pour hommes que pour femmes. L'habitude de prendre un bain chaque jour était, selon Galien 1 , devenue générale, même chez les habitants de la campagne, et l'on ne s'en passait que difficilement; aussi, cet illustre médecin la considérait-il, non sans raison, comme efféminée, à ce point de vue, et prescrivait-il, dans un certain cas, l'abstention du bain pendant quatre jours. Sénèque 8 , fidèle à son rigorisme en cela aussi , va même jusqu'à trouver un symptôme de la décadence des mœurs dans ce raffinement des soins de propreté, vu que, dans le bon vieux temps, on se lavait bien tous les jours les bras et les jambes, mais on ne prenait un bain complet que tous les huit jours. L'usage des bains de mer, qui n'est arrivé que si tard et avec tant de peine à prendre en Allemagne, où l'ouverture du premier établissement de ce genre, à Dobbéran, dans le Mecklembourg, ne date que de 1793, paraît avoir été commun, dans l'antiquité romaine, sur toutes les côtes de la Méditerranée, où l'existence en est positivement attestée sur celles de l'Italie, de la Grèce et de l'Egypte.
» Lettres, II, 17,26.