‹ Mœurs romaines du règne d'Auguste à la fin des AntoninsChapitre 90 sur 218 · LIVRE IX. — LES BEÀÛX-ÀllTS DANS L EMPIRE ROMAIN · texte numérisé non relu

LIVRE IX. — LES BEÀÛX-ÀllTS DANS L EMPIRE ROMAIN

lympe, pour la construction d'un nouvel établissement de thermes, qui fût en rapport avec la dignité de cette ville et l'éclat du règne ; on les éleva sur l'emplacement d'une maison en ruines, et l'on embellit ainsi, du même coup,l'endroit le plus laid de la ville 1 . A Nicomédie, un aqueduc, qui avait coûté à cette ville 30,329,000 sesterces, soit environ 8,250,000 fr., était resté inachevé; puis, on l'avait démoli et on avait fait de même d'un second, pour lequel avaient été dépensés aussi déjà 200,000 sesterces. Sur ce, Trajan accorda la permission d'en construire un troisième, dont les arches, partie en pierre de taille, partie en brique, devaient conduire les eaux jusque dans les quartiers supérieurs de la ville. Pline donna l'assurance que cette construction promettait, au point de vue de l'utilité publique comme à celui de la beauté architecturale, un monument tout à fait digne du règne de Trajan 8 . Peu de temps auparavant on avait commencé, dans la même ville, à bâtir un nouveau forum à côté de l'ancien 8 . A Nicée, k construction d'un théâtre avait déjà dévoré plus de 10 millions de sesterces ou 2,720,000 fr. ; des particuliers avaient offert d'y pourvoir, de leurs propres deniers, à divers embellissements, notamment d'établir un portique, au-dessus de l'espace affecté aux spectateurs, et des basiliques, dans le pourtour. Mais , avant même que le corps de bâtiment principal fût achevé, on y découvrit des crevasses telles que, toute réparation paraissant peine perdue, on crut devoir y renoncer. A la place du gymnase, qui avait brûlé, on en bâtit, en même temps, un plus grand et plus vaste,

1 Pline le Jeune, ad Trajanum epist., 23, elc, 70, etc.

2 Ibidem, 37, elc.

3 Ibidem, 49.

dont l'architecte chargé de continuer les travaux de construction, commencés par un autre , déclara toutefois les murs, bien qu'ils eussent l'épaisseur colossale de 22 pieds romains ou environ 7 mètres, trop faibles pour supporter le poids des bâtisses projetées en surélévation. A Claudiopolis, il y avait un gigantesque établissement de bains municipal en construction \ De plus, Trajan permit la construction d'un aqueduc, pour conduire des eaux d'une distance de 16 milles (environ 23 kilomètres) à Sinope, dans le cas où elle ne dépasserait pas les moyens de cette ville, vu que cette entreprise ne pouvait manquer d'y ajouter beaucoup à la salubrité et à l'agrément*. La belle et superbe ville d'Amastris offrait, entre autres constructions magnifiques, une rue très-bien bâtie et très-longue, n'ayant que l'inconvénient d'être parcourue, dans toute sa longueur, par une rivière dont s'exhalaient de mauvaises odeurs; dans ce cas aussi, Trajan permit à la municipalité de couvrir la rivière, aux frais de la ville 8 .

Il y a lieu de supposer que la plupart des provinces de l'empire romain étaient, cfuant à l'aisance dont jouissaient les villes, et à l'emploi des grands moyens qu'elles affectaient aux constructions, dans la même situation qu'indiquent, en Bithynie, les données qui précèdent» Des constructions importantes pour toute une contrée furent exécutées par plusieurs villes, conjointement et à frais com-» muns; ainsi celle du pont d'Alcantara, achevé de 105 à 106, par onze municipes de la province de JLusitanie \

Parmi les revenus ordinaires des villes, figuraient les

1 Pline le Jeune, ad Ttaj. ëp., 39.

3 Ibidem, 90, etc.

» Ibidem, 94, etc.

4 Huboer, C: I. L., Il, pi 89 a 96:

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