MONNAIES D'ARGENT DES QUINZIÈME ET SEIZIÈME SIÈCLES
Fig. 2 y i . — Feu d'or à la couronne. Charles VIII. Fig. 202. — Écu d'or au porc épie. Louis XII.
Fig. 2y3. — Teston d'argent. François Ier. Fig. 2<j(.. — Teston d'argent au croissant. Henri II.
sur le trône : ayant choisi pour premier ministre Georges d'Amboise, pour secrétaire principal des finances Florimond Robertct, il marcha résolument dans la voie des éconorhies; il ne voulut pas demander à ses sujets son droit de joyeux avènement; la taille descendit, par remises successives, à la somme de 2 millions 600,000 livres (environ 71") millions) ; tout monopole sur le sel fut aboli, et l'on régla le mesurage de cette denrée; Ijs collecteurs
MŒURS ET USAGES
d'impôts durent résider dans leurs cantons respectifs et soumettre leurs rôles aux élus royaux , avant d'en opérer la perception ; une discipline sévère arrêta les pilleries et les mangeries du soldat (fig. 288).
Malgré les ressources que procurait au roi l'hypothèque d'une partie des domaines de la couronne, malgré l'excellente administration de Robertet, qui parvenait presque toujours à payer 'tes dettes publiques sans grever le peuple, il fallut bien, en i5i3, après plusieurs expéditions désastreuses en Italie, emprunter sur le domaine royal 400,000 livres (10 millions, au taux actuel), et porter au total de 3 millions 3oo,ooo livres (environ 80 millions) les aides, les subsides et la taille. Ce fut pour la nation un moment de gêne et de souffrance , mais passager et peu sensible , car le commerce, tant extérieur qu'intérieur, prenant beaucoup d'extension, produisait des péages considérables, et la vente des offices de finances, des lettres de noblesse, des charges aux parlements et des nombreux emplois de judicature, procurait au trésor d'importantes ressources. Les grands avaient surnommé Louis XII le roitelet , parce qu'il était chétif et petit de corps, parcimonieux, économe, de caractère : le peuple l'appela son « père et maistre », et le nom de Père du peuple lui est resté.
Au point de vue administratif et financier, le règne de François Ier ne fut pas du tout une époque de renaissance et de progrès, car le progrès en matière de finances date de Charles V, et les grands organisateurs financiers furent Jacques Cœur, Philippe le Bon , Louis XI et Florimond Robertet. Cependant on peut savoir gré aux ministres et aux jurisconsultes de ce temps-là d'avoir institué les, droits d'enregistrement, de timbre et de mutation, qui n'existaient pas en France auparavant, et dont l'idée fut empruntée aux empereurs romains-, il faut aussi leur faire l'honneur de la création des rentes perpétuelles, sous le nom de dette publique, servies alors au taux de 8 pour 100. Sous ce règne, à la fois éclatant et désastreux, les surtaxes furent inouïes, la vente des offices considérable et productive, puisqu'un siège de conseiller au Parlement coûtait 2,000 écus d'or (près d'un million, au taux actuel). Il fallait de l'argent à tout prix. Partout on emprunta : Église, noblesse, bourgeoisie, livrèrent leur argenterie et leurs joyaux, pour approvisionner la Monnaie, qui ne cessait de fabriquer des espèces; les métaux précieux affluaient chez les changeurs, par suite de la