BOTOCUDOS
Botocudos.
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sont complétement sauvages. Ils ont le nez, les oreilles et les lèvres percés; leur visage est garni de plumes et d’épines d'arbres; leur front rayé de noir et de rouge. Ils portent les cheveux longs et se teignent parfois le corps d’une couleur claire. Des entailles profondes, qu’ils pratiquent comme indices et essais de leurs forces, sillonnent leurs bras. Leurs mœurs n’offrent pas moins de bizarreries que leur physionomie et leur accoutrement. Lorsqu'une femme est en couche, elle ne peut se nourrir que de hoccos; la viande du singe lui est interdite. La naissance d’un enfant n’occasionne aucune cérémonie; mais le percement des joues, des oreilles et des lèvres est un signal de fête pour toute une tribu. Cachés derrière un arbre, sur les bords de l'Ucayali et du Yavari, ces sauvages épient le passage des canots, et, lorsqu'ils sont à portée, ils percent d’abord le pilote d’une flèche, puis se précipitent sur l'équipage, qu’ils massacrent à coups de tamacunos ou massues.
. La gravure que nous avons donnée représente un chef de Maxourounas; ses cheveux sont coupés de façon à laisser autour de la tête un cercle de la largeur d’un pouce; les joues et le front sont tatoués par des bandes transversales. Des morceaux de coquilles lui traversent lés lobes des narines, les oreilles et la lèvre inférieure; plusieurs tiges de plantes sont comme fichées dans ses lèvres; et du coin de sa bouche sort une longue plume d’ara rouge.
La seconde peuplade est celle des Tecunas; ils sont moins farouches que les précédents. Lorsqu'une fête les appelle à Tabatinga, ils y accourent en grand nombre dans leurs pirogues. Ils sont nus, parés de bracelets aux bras et aux genoux, d'épaulettes et de coiffures en plumes, et d'une élégante ceinture faite d’écorces d'arbre. Ces fêtes durent jusqu’à trois jours consacrés à des danses et à de copieuses libations de chicha *. Une pratique atroce a lieu à cette occasion : elle consiste à arracher, en grande pompe, les cheveux d’un enfant qui meurt souvent au milieu d’horribles souffrances.
Dans les environs de San-Paulo de Olivença sont répandus, outre des Técunas, les Campivas, les Culinas et les Araycas.
Les Campivas vont nus et se peignent le corps de différentes manières. Ils ont une pratique curieuse : celle d'étendre les enfants dans un berceau en forme de pirogue, et d'y fixer leurs têtes entre de minces planchettes, pour leur donner, par la pression, à peu près la figure d’une miître. Ils lancent les flèches avec une sarbacane. Ils se montrent d’ailleurs pacifiques et loyaux entre eux, et les voyageurs n’ont qu’à se louer de leur hospitalité bienveillante.
Les Cuzinas sont semblables aux Campivas. Leurs filles passent pour être, à la course, d’une remarquable agilité. Lorsqu'elles ont atteint l’âge de puberté, on les place dans un hamac, suspendu au sommet de la hutte; elles restent ainsi exposées à une fumée continuelle ; elles doivent jeüner alors jusqu'à l'exténuation.
Indépendamment des coutumes communes aux Campivas, les ARAycaAs en ont une qui leur est particulière. Chez eux, le jeune homme qui a une fiancée doit chasser pour elle et la mériter en nourrissant le père, en le défrayant en toute circonstance; en un mot, en l’entourant des mêmes soins que s’il était le propre auteur de ses jours. |
Les CauxicuNas, près de l'embouchure du Tocantin, ne portent point de vêtements. Ils ont le visage barbouillé de rouge et de noir, les bras et les genoux parés de cordons, d’écorces d'arbre et de plumes. Leurs huttes, faites de feuilles de palmier, ont une forme conique et une porte très-basse. Elles forment une pièce unique, basse, sombre, enfumée, où couchent sans distinction la famille et les chiens. Ces naturels mangent
1 Liqueur tirée de l’aïpori fermentée.
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la chair du crocodille. Ceux de ces Indiens qui habitent le village de Malloca sont grands, bien faits, et ne pratiquent point le tatouage.
Invrens DE Mararr.—Ce sont des tribus de Passés, de Yuris, de Corranas et de Yumanas. Ils ont des arcs en bois rouge, un javelot (marncui), une massue (cuidaraz), dont la forme et les ornements varient suivant les tribus, et un bouclier fait d’une peau de tapir tannée ou du dos d’un caïman. Les riches ont en outre une lame de couteau. . ., r Q . « . La La
Spix et Martius, naturalistes allemands, ont visité ces indigènes. Un soir, en pénétrant dans une de leurs cases, ils reculèrent épouvantés à la vue d'un magnifique serpent aux écailles jaunes et vertes, long de quatre aunes, et se tenant debout au milieu de cette cabane, comme l’eût pu faire un commensal familier et caressant. À la voix d’un vieil Indien, ce singulier hôte fit aux voyageurs dés politesses à sa manière, et s’approcha d’eux en sautant, en dansant; puis il se roula, se déroula en longs anneaux, Lantôt dans un sens, tantôt dans un autre; et enfin, après ces curieuses démonstrations, se retira dans un angle de la case, sur un tas de foin, d’où il ne bougea plus.
Il ne faut pas croire que chaque habitation ait un serpent. Ge sont les sorciers qui seuls apprivoisent ces reptiles, même les plus venimeux, en leur arrachant les crocs à poison. Ils s’en servent ensuile pour la cure des morsures, science qui leur permet d'exercer une grande domination sur les autres sauvages, dont la crédulité et la superstition forment le caractère principal.
Les Mirascras forment la tribu la plus puissante de tout le bassin du Yapura. Ce sont les femmes qui remplissent la plupart des fonctions des hommes. Lorsque ceux-ci se mettent en voyage, elles préparent la cassave et le béjur nécessaires à l’approvisionnement des pirogues. Elles cultivent le manioc et soignent des petites plantations de cotonniers, filent au fuseau le duvet de cet arbre, et le teignent avec le suc extrait de diverses plantes. Ensuite, elles broient la graine, et quand elle a été cuite dans l’eau, elles y ajoutent du piment, et en font une espèce de bouillie qui se mange. La volaille qui circule autour des habitations est élevée par les femmes. Les jeunes enfants parcourent les forêts voisines pour y ramasser des racines, des fruits, des larves d'insectes, des fourmis, de petits poissons, du frai dé grenouilles; enfin, du tata potaba, espèce d’amadou. Elles font des chemises sans coutures, obtenues de l'écorce du turiri violemment battue à coups de maillet. Avec l'écorce du turiri brun, elles font aussi de petits coffres pour enfermer leurs parures et leurs plumes, et avec le turiri blanc, des ceintures qu’elles peignent en couleur de terre. Malgré cette activité industrielle, les femmes vont entièrement nues. |
Non loin de l'embouchure du Yapura se trouÿe la petite ville d'Égas, où serencontrent en plus grand nombre les Brancos, classe de métis qui font le commerce des esclaves, et, éludant la loi par laquelle les Indiens furent déclarés libres, poursuivent dans les comptoirs de l’intérieur, le commerce de chair humaine. Lorsqu'un de ces individus a besoin d’Indiens pour le défrichement de ses terres ou pour les offrir à des planteurs . qui en cherchent, il a soin de s’associer trois ou quatre de ses collègues, et demande, en leur nom et au sien, l'entrée des missions indiennes, c’est-à-dire la faculté de remonter le Yapura, sur les bords duquel à lieu le plus grand trafic d'esclaves. Dès que la licence est obtenue, les Brancos arment une petite flottille de pirogues, et s’embarquent sur le fleuve qu'ils suivent jusqu’à l’endroit où ils sapposent que les forêts cachent une tribu. Là, ils quittent les pirogues, et vont la nuit surprendre les sauvages dans leurs hamacs. Cette sorte de guerre par guet-apens lient les diverses tribus dans des alarmes perpétuelles.
Les Muras, sur la rive droite du Solimoès, sont hideux à voir avec leurs visages cou-
Maxourounas.
{ Brésil.)
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verls de rouge et de noir, et défigurés par trois dents de porc qui sortent par des trous pratiqués au-dessous des narines et de la lèvre inférieure. Les paroles qui accompagnent leurs danses ne sont pas moins bizarres que leurs physionomies : « Voici ton diable; qui veut m’épouser? » disent les hommes. « Tu es un joli diable; toutes les femmes veulent l’épouser, » répondent celles-ci, et tout le monde continue à cabrioler.
Les Manorucus peuplent la mission de Novo-MonTe CARMEL po CANowA. Ce sont des hommes dont la taille est d'environ cinq pieds six pouces, la poitrine large, les membres musculeux, la teinte de la peau assez claire, les cheveux coupés courts au-dessus du front, les traits du visage communs, fortement accusés, mais débonnaires:; enfin le corps bariolé de lignes étroites commençant au cou et ne se terminant qu’à l'extrémité des orteils. L'humeur de ce peuple est des plus belliqueuse, et la guerre est pour lui une habitude et un plaisir. Les huttes sont entourées de pieux garnis de têtes d’ennemis, lesquelles, ainsi qu'une multitude de squelettes de jaguars, de coatis, de pecaris, etc. , donnent à leurs villages l’aspect de véritables charniers. Vainqueur, le Mandrucu n’épargne aucun de ses antagonistes ; il le renverse, le saisit par les cheveux et détache la tête du tronc avec une dextérité merveilleuse à l’aide d’un couteau couri, fait d’un morceau de roseau. Ce talent de décollation a valu au Mandrucu le surnom de coupe-tête (païquicè). Lorsqu’elles ont été préparées, ces têles ne quittent plus l’individu qui s'en est fait un trophée; il le porte à la chasse comme à la guerre; il le place auprès de son hamac quand il se retire pour prendre du repos. On évalue les forces de ces peuplades à 40,000 naturels ; et ils poursuivent les tribus ennemies avec un tel acharnement que plusieurs d’entre elles ont été anéanties peu à peu.
Les APongGi-Crus et les MAcamA-Crus ont une source commune. On les nomme encore Caraonus. Is sont établis dans les environs de Maranhäo. Ce sont de fort beaux hommes, à la taille élevée, aux membres vigoureux, au port hardi, à la démarche sûre, aux traits ouverts et agréables. Leur peau est cuivrée et luisante comme chez la plupart des Indiens. Les gens âgés sont défigurés par des trous dans la lèvre inférieure, et par le prolongement des lobes des oreilles qui ont jusqu’à trois pouces; les trous de la lèvre sont remplis par des cylindres de résine d'un jaune brillant ou d’un blanc d’albâtre, longs de deux à trois pouces et faciles à enlever. Ils ne se tatouent point; mais lorsque le soir, à la lueur des torches, ils se livrent à la danse, ils étendent sur leur visage une couche épaisse de rouge et de noir. Dans ces occasions, leur physionomie a une apparence de frénésie et de férocité. Pour inviter ses compagnons à la danse, l’un d'eux souffle dans un boré, grande trompette faite d’un roseau et qui rend un son bruyant, auquel un autre Indien répond par un hurlement monotone, bientôt répélé par Lous les assistants. Ces individus vont nus; mais les femmes, lorsqu'elles se montrent dans les postes espagnols, sont vêlues décemment.
Les TuernNampas ou TopiNampous s’étendaient autrefois depuis le Rio Muni jusqu’au Rio Para; aujourd'hui, ils sont restreints à quelques hordes éparses dans l'ile de Maranhäo, et dans quelques autres localités ; on évalue leur nombre à 9,000 individus.
Les GAMELLAS ou AcoBas sont délestés de tous leurs voisins.
De même que ces derniers, les TENEMBAS, ainsi que les Cayacas, sont une fraction de la tribu des Bus.
Les Curinxaros sont disséminés dans les solitudes sur la rive droite du Tocantin. Les Chebs (tribus septentrionales) sont chasseurs, pêcheurs, et quelque peu agriculteurs. Ils font preuve d’une adresse remarquable lorsqu'ils enlèvent des arbres les nids des abeilles sauvages, el séparent le miel de la cire; la récolte faite, ils viennent la vendre aux colons du voisinage. Chez eux, ils ne portent aucuns vêtements; mais pour la danse el la guerre, ils se parent Le corps et ornent leurs armes de plumes omnicolores, de cor-
dons, de dents d'animaux et des graines luisantes du seleria. Ils se font assez souvent la guerre entre eux. Pendant ces luttes, le plus habile a le commandement ; la paix faite, ce chef improvisé dépose son pouvoir, en même temps que sa hache de pierre à manche court, seule marque distinctive de sa qualité durant ses fonctions. Leur arme principale est une massue de bois très-pesante; toutefois l'usage des flèches empoisonnées ne leur est pas étranger. Dans leurs attaques, ils témoignent une certaine entente de ja stratégie : ils calculent, préviennent, et mellent en pratique Îles fausses alertes et les diversions. Quoiqu'ils épargnent rarement leurs prisonniers, ils punissent sévèrement le meurtre ainsi que le vol; celui qui a dérobé est obligé à une réparation proportionnée à la valeur de l’objet du larcin ; le meurtrier est mis à mort par les parents de la victime : c’est la loi du talion pure et simple. Pleins d’effroi vis-à-vis des sorciers, ils paraissent médiocrement occupés de l’idée d’une puissance suprême. Ils calculent le temps par les phases de la lune; lorsque, dans la saison des pluies, elle se couvre de nuages, leur période se prolonge indéfiniment, sans qu’ils cherchent à obvier à cet inconvénient. La succession des nuits et des jours, des saisons sèches et humides, les éclairs, le tonnerre sont, à leurs yeux, des effets mécaniques dont les causes ne les inquiètent pas. Le temps de la récolte, la circonstance du mariage sont le signal de leurs divertissements, qui commencent au coucher du soleil, se continuent à la lueur des étoiles, et durent quelquefois jusqu’au jour. Ces Indiens, très-jaloux de la chasteté de leurs filles, sont d’une indifférence complète à l'égard de leurs femmes.
Les XereNTES ont pour résidence habituelle le territoire entre l’Araguaya et le Tocantin. On les dit anthropophages, et l’on ajoute qu’ils tuent et mangent ceux de leurs parents trop vieux pour subvenir par eux-mêmes à leur subsistance. |
Les Capopos vivent sur les bords du Tocantin et de l’Araguaya. Ce sont des Indiens de haute taille et de couleur très-claire. Courageux, robustes, ils n’attaquent leurs ennemis que de jour. Ils ont pour armes l'arc, des flèches longues de six pieds, et une massue de quatre pieds, dont la partie supérieure est aplatie en forme de rame. Afin de s'exercer au maniement de celte arme, ils ont des luttes de divers genres ; on en cite, entre autres, une qui consiste à porter un bloc de bois de deux à trois quintaux, masse qu’ils agitent et lancent en courant. Le jeune homme qui ne peut y parvenir n’a pas le droit de se marier. Ces naturels veillent soigneusement à la chasteté des jeunes gens, et assurent ainsi celle des jeunes filles. Cependant ils permettent aux guerriers les plus hardis de s'approcher de leurs fiancées. L'infidélité des femmes encourt la peine de mort. |
Voisins de ceux-ci et leurs ennemis mortels, les CHAYANTES, moins fiers et moinsinsolents, deviendraient d'excellents ouvriers. Adroits dans les exercices du corps, nageurs intrépides, leurs manières sont empreintes d’un cachet de franchise et de dignité qui contraste avec la timidité incertaine des autres sauvages. La physionomie des femmes a surtout quelque chose d’ouvert et de gracieux.
Dans les forêts qui avoisinent Porto-dos-Angicos habitent les Borocunos:, la plus considérable des tribus qui descendent des Tapuyas. On dit qu’à une époque reculée ils furent contraints de se séparer des hommes de leur race, et s’enfoncèrent dans les montagnes, où ils prirent des mœurs plus féroces qu'aucune des autres peuplades indiennes. Les Botocudos vont complétement nus; ils ont les jambes et les cuisses menues quoique musculeuses; les pieds petits, la poitrine et les épaules larges, le cou
* Ce nom de Botocudos leur vient de ce que le singulier ornement dont ils chargent leurs oreïlles et leurs lèvres offre une grande ressemblance avec le tampon d’une barrique qui en portugais se nomme botoque. On les appelle encore Aimures ou Ambores.
court, le nez épaté, l'os des joues élevé et saillant. Ils coupent leurs cheveux au-dessus des tempes de manière à ne laisser qu’une touffe ronde au sommet de la tête, exactement comme les capucins. Ils ont la physionomie assez ouverte, et le rire fait naître chez eux des rides extrêmement prononcées. On ne peut leur faire une injure plus grave que celle de leur dire qu’ils ont les jambes grosses et les yeux grands; et ils attachent à des jambes menuesune telle idée de beauté qu'ils serrent avec des liens celles de leurs enfants.
Is ont la hideuse coutume, après s'être percé la lèvre inférieure et les lobes des oreilles, d’y introduire d'énormes rouelles ou disques en bois qu'ils agrandissent en avançant en âge. Ainsi agrandie peu à peu, l'oreille peut acquérir jusqu’à trois pouces de diamètre. Tant que celui du disque de bois introduit dans la lèvre ne dépasse pas un pouce, il n’entraîne pas les chairs; mais lorsqu'il est plus fort, il fait pendre toute la lèvre et affecte lui-même une disposition horizontale. Dans cet état, si l'individu peut relever sa lèvre obliquement, il ne lui est pas possible, en revanche, de l’appliquer contre ses dents, et encore ne la redresserait-il pas si le morceau de bois sur lequel elle s'appuie ne servait à la maintenir. Quoiqu'’ils portent ce disque dès l'enfance, ils ne s’y habituent jamais entièrement. Les femmes se défigurent de la même manière; autrement elles seraient jolies et gracieuses.
Les deux sexes se peignent en rouge ou en noir ; la première se fait avec le roucou, l'autre avec le fruit du genipayer. Les femmes et les enfants affectent une sorte de symétrie dans le tatouage; les uns ont des mouches; les autres des plaques irrégulières ; quelques-uns des bandes qui courent en sens divers; enfin certains individus se peignent de roucou toute la partie supérieure du visage jusqu'au milieu des joues. Les Digne sont d’une agilité inconcevable, et vivent presque toujours à l'état nomade, (antôt émigrant par tribus, lantôt marchant par familles. Rien de plus curieux que de les voir portant tout avec eux, se frayant tantôt un chemin à travers les bois, tantôt S engageant dans les gués d’une rivière. La tâche de l’homme se réduit, dans ces émigrations, à Lenir d’une main ses armes, de l’autre le gibier qu’il a abattu, tandis que la femme mon-seulement porte dans un large sac tout le mobilier de la famille, mais traîne encore avec elle, soit sur les épaules, soit par la main, tous les enfants en bas âge.
Ils sont excellents chasseurs, découvrent la piste de l'animal ou l’attirent en imitant son cri, et le manquent rarement quand il est arrivé à portée. La pêchese fait à CoHps de flèches, après que le poisson a été endormi à l’aide de racines vénéneuses.
Ces sauvages sont très-voraces ; ils ont un appétit insatiable. Dès que le gibier tué à là chasse a été apporté au camp, on se contente de le flamber pour le dévorer ensuite à demi cru.
Dans leurs pèlerinages à travers les terres, les Botocudos cherchent à trouver un endroit où la nature leur offre des ressources abondantes. Nulle autorité régulière ne semble régner chez eux. Leur nation est divisée en tribus de cinquante à cent guerriers, non compris les femmes et les enfants. Ces tribus, indépendantes l’une de Pautre, ont chacune leur chef, dont la dignité est élective. Ces chefs ont un pouvoir presque absolu. Leur rôle est de diriger les marches, de conduire les hommes à la guerre, d’apaiser les différends survenant presque toujours à l’occasion des femmes. En campagne, les chefs se distinguent par une manière particulière de se peindre le corps. En toute autre occasion, nul signe ne les fait reconnaître. Chacun de ces chefs a une certaine étendue de forêts où il peut, à l'exclusion de tout autre, chasser et cueillir des fruits. La violation de ce territoire de la part d’une tribu voisine équivaut à une déclaration de guerre. C’est le chef qui fait la part du gibier quand ils ont chassé.
Sitôt qu’une tribu est arrivée dans le lieu où elle veut s’arrêter, les femmes allument du feu à l’aide d’un morceau de bois tendre assez long, et offrant une cavité sur laquelle
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on place perpendiculairement un autre morceau de bois plus dur, qu’on fait ensuite tourner avec rapidité entre les paumes des mains. La construction des cabanes ne coûle pas de grands travaux à ces peuples. Ils se contentent de planter sur le sol, les unes à côlé des autres, de grandes tiges feuillées du cocotier, dont les sommités forment une espèce de voûte à deux pieds au-dessus. S'ils doivent faire un long séjour, ils élèvent des cases d’une durée moins précaire, à l’aide de pieux fichés en terre, autour desquels ils entrelacent des feuillages, et qu’ils couronnent par une toilure de grandes feuilles de paltioba. Dans l'intérieur de ces cabanes, on ne retrouve plus le hamac des autres tribus indiennes: mais un lit d’estopa', sur lequel le chef de famille reste constamment étendu, ne s’occupant de rien, hors la chasse el la pêche, et laissant aux femmes toute la fatigue des soins domestiques. À côté du maître du logis se voient ses armes et divers ustensiles, produits de son industrie, de petits pots grossièrement fabriqués, des calebasses pour conserver l’eau, une sorte de gobelet formé d’une tige de roseau fendue, des lignes à pêcher, faites avec les fibres du bromelia ou de l’embira; une hache en népbrile, qu’on enduit de cire et qu’on fixe entre deux morceaux de bois; des flûtes en roseau, un cornet fabriqué de la cuirasse d’un tatou; enfin un grand filet dans lequel la femme transporte en route le mobilier de la famille, et où s’entassent pêle-mêle, outre quelques bagatelles d'Europe, des pointes de flèches, des paquets d’étoupe, du roucou et du genipapo *, des carapaces de tortue, de grosses boules de cire, objets d'échange avec les Portugais.
Les Botocudos sont fiers, hardis et courageux, et pardonnent rarement les injures. Ils aiment la guerre, et se la font presque constamment de tribu à tribu. Pour augmenter leurs troupes, les chefs s’enlèvent les uns aux autres des enfants et des femmes.
Ces sauvages ont des armes remarquables par leur forme et leur élégance. Les ares, de six ou sept pieds, sont en bois de pao d'arco, bignonia d’une espèce très-haule, à belles fleurs jaunes, et fort commune sur les bord du Rio Belmonte. Les flèches, qui se fabriquent avec des roseaux, sont garnies des plumes du hocco, du jacutinga et du jacupenha. Ces flèches ont ordinairement six pieds; elles sont de deux espèces : les unes employées à la chasse et terminées par un morceau de bambou aigu; les autres, servant à la guerre et Lerminées par un morceau de bois empoisonné,
Couverts de sueur, ils se jettent dans l’eau la plus froide. Leur vie nomade et l'abus des femmes ne les laissent jamais parvenir à un âge avancé. Quand un Botocudo est malade, ses parents et ses amis entourent sa couche et le pleurent quand il a expiré. Les morts s’enterrent les bras pliés sur la-poitrine et les cuisses pliées sur le ventre.
Les jeunes filles se marient avant l’âge de nubilité, mais on ne leur donne pour époux que des enfants impubères. Les fiançailles se font au milieu de danses et de fêtes. En cas de divorce, les enfants restent avec leur mère tant qu’ils sont en bas âge; mais, devenus grands, ils rejoignent leur père. Les Botocudos connaissent et respectent le lien de famille ; mais ils ne sont pas très-scrupuleux sur la fidélité conjugale.
Ils chantent sur un rhythme lent el monotone, quand ils sont violemment émus. Leurs chants sont rauques, sourds, inarticulés; ils ne roulent que sur trois notes. Quand un Botocudo chante, il agite ses bras en sens divers, et les promène sur sa tête.
Dans les grandes occasions, il prononce des harangues guerrières. Les chansons qui ont pu être comprises ne sont qu’une suite de mots sans liaison ou de la plus grande trivialité.
Les Botocudos ne sont pas aussi passionnés pour la danse que les autres Indiens. La
1 Étoupe faite avec l'écorce d’un arbre nommé en portugais pao d’estopa. * Nom espagnol du fruit du genipayer.
seule qu’on leur connaisse consiste en un demi-cercle serré de femmes et d'hommes, dont chacun appuie le bras sur le cou de son voisin. Alors une vieille femme accroupie entonne, d’une voix tremblante, à laquelle la troupe joyeuse répond en dansant et en chantant tout à la fois. Les gambades ont lieu lourdement, presque sans plier les jambes. Les danseurs placés aux deux extrémités du demi-cercle n’ont qu’une jambe par terre; l’autre est passée dans la jambe du voisin, de manière que chacun des deux individus saute sur une jambe.
Les Macacuzis habitent les environs de Tocayos, sur les bords du Jiquitinhonha et près de l’ile aux Pins. Ils sont chasseurs, et préfèrent ce plaisir aux travaux de l’agriculture. Leurs villages sont très-petits et peu peuplés ; ils se composent de dix ou douze maisonnettes construites sans ordre, et semblables à celles des Macunis. Elles sont peliles, carrées, couvertes de feuilles de palmier ou de morceaux d’écorces d'arbre. Quelques-unes sont bâties en terre, d’autres de feuilles de palmier passées entre des perches qui forment la charpente. Quoique ces peuples soient à demi civilisés, et qu'ils aient beaucoup de communications avec les Portugais, ils n’ont pas, comme les Macunis, l'habitude d'élever des poules et des cochons. Les Machaculis bornent leur culture à la plantation des patates, qu’ils font cuire aussitôt qu’elles sont extraites de la terre, et qui n’exigent pas les mêmes préparations que le manioc et le maïs. Ils ne les arrachent qu’au fur et à mesure de leurs besoins. Les femmes des Machaculis filent le coton en un cordonnet très-fin, dont elles se servent pour fabriquer des hamacs. En général, ces peuples sont faux, voleurs, perfides et intéressés; cependant ils ont quelques qualités qui compensent ces défauts. Les Machaculis parlent du gosier, et n’ont, dans leur prononciation, aucun des éclats de voix qui caractérisent les Botocudos.
Les femmes des Machaculis portent pour lout vêtement une simple jupe; le chef 5e couvre d’un caleçon ; le reste de la tribu est à peu près nu.
La tribu des MaAcunis, qui a beaucoup d’aflinité avec celle des Machaculis; “habite sur l’aldea d’Alto-dos-Boys (hauteur des bœufs). L'aldea se compose de cases séparées les unes des autres et dispersées çà et là. Basses, petites, presque carrées et sans fenêtres, elles sont couvertes de longues feuilles de palmier qui les rendent impénétrables à la pluie; c’est dans ces maisonnettes que logent les Macunis.
Ces Indiens ne diffèrent point, par leurs traits, des autres hommes de leur race. Comme ceux-ci, ils ont les cheveux noirs et bien fournis, rudes et plats, la tête grosse, les pommettes saillantes, le nez épaté, les épaules et la poitrine larges, les jambes et les cuisses menues, les pieds petits. Leur peau est jaune; seulement elle prend une teinte cuivrée quand ils vont nus. Les femmes, mal faites et sans grâce dans la démarche, ont quelques charmes dans la physionomie. La langue de ce peuple est facile, sauf ses composés qui se compliquent quelquefois de manière que l'intelligence én devient pénible.
Quoique unis par couples et mariés par un prêtre, les Macunis ont un faible respect pour la fidélité conjugale. Pour le moindre présent, les maris laissent partager leurs droits sur leurs femmes; et de leur côté, les femmes cèdent à la première avance. Ces peuples se livrent à un libertinage précoce. Des pères vendent souvent leurs filles, dès l’âge de huit ans, à des hommes faits qui leur donnent le titre d'épouses.
On a enseigné aux Macunis à travailler la terre, et ils la cultivent pour leur compte ou se louent chez les colons du voisinage; quelques-uns servent même comme soldats. Les hommes et les femmes sont fort adroits et industrieux, mais inconstants et paresseux. Ils mangent leur maïs avant qu’il soit mür, et consomment souvent en un mois les provisions de l’année. Quand ils élèvent des poules, il leur arrive de les tuer toutes
à la fois; ou bien, s’ils ont des cochons, ils n’attendent pas que la femelle ait mis bas; ils l'éventrent pour manger les petits. : ane
Les Macunis sont d’habiles chasseurs; les enfants s exercent dès le bas âge à tirer sur les rats, et se forment ainsi la main et le coup d'œil. Ils conservent un grand respect pour leurs ancêtres. Les hommes traitent les femmes comme des esclaves, et les punissent à la moindre faute. Ce sont ces dernières qui préparent la nourriture, et vont chercher le bois pour le feu; elles construisent même des huttes quand leurs maris vont dans de grandes chasses. Elles sont aussi chargées de la cullure des patates, mais celle du maïs regarde les hommes. Les femmes portent leurs fardeaux sur la tête, à l’aide d’un cordon qui passe sur l’os frontal. Ce sont encore elles qui fabriquent des sacs tissus de coton et d’une espèce de cecropia, et la poterie dont ils se servent dans leur ménage. Un des grands plaisirs des femmes est de suivre leurs maris quand ils font de longues chasses. Les femmes ne font point leurs couches dans l’aldea même, mais dans les bois, où elles se rendent accompagnées des plus vieilles de la tribu. On laisse les enfants nus jusqu’à l’âge de puberté.
Ces Indiens se coupent les cheveux à la façon européenne, quoique quelques-uns d’entre eux, hommes ou femmes, les conservent longs comme autrefois, et partagés au sommet de la tête. Ils se peignent avec un morceau de bois mince et poli, pointu d’un côté, et terminé de l’autre en spatule. Les femmes se percent les oreilles et y font entrer un petit disque de bois. Ces sauvages ne mangent point indistinctement toute espèce de gibier. Ils méprisent plusieurs sortes de quadrupèdes, ei entre autres le fourmilier. Le manioc, les patates et le produit de la chasse suffisent à leur nourriture. L'une de leurs passions les plus vives est celle de l’eau-de-vie, la danse l’un de leurs plus grands plaisirs. Elle n’est cependant chez eux qu’un sautillement monotone, accompagné de chants grossiers qui n’ont aucun sens. Quand ces Indiens sont malades, ils n’ont d’autres remèdes que l’ipécacuanha. Les parents entourent le lit du malade, sanglotent, mais ne lui apportent aucun secours. | ù
L’ameublement des cabanes de ces Indiens se compose de pots de terre dispersés çà et là, de quelques canapés rustiques, d’arcs, de flèches, de plumes d’aras suspendues au plafond, et enfin d’une férule de bois destinée à corriger les femmes. |
Le costume des Macunis se réduit à bien peu de chose; les hommes ont depuis peu appris à porter un caleçon, quelquefois une chemise; les femmes ont une jupe et une camisole; mais le plus ordinairement elles restent nues jusqu’à la ceinture.
Le territoire occupé par les MaLauIS a pour chef-lieu Passanha. Ce sont des Indiens de petite taille, à la poitrine el aux épaules larges, aux cuisses et aux jambes menues, au cou peu allongé, à la tête grosse et ronde, aux cheveux noirs, plats et touffus, aux yeux grands, aux joues proéminentes, au nez épaté, à la bouche grande, avec les mächoires avancées.
La plupart d’entre eux ont reçu le baptême, et sont mariés par le curé de leur cheflieu. Cependant, s'ils remplissent exactement leurs devoirs religieux, c’est plutôt machinalement que par un mouvement de conviction sincère et raisonnée.
Quoique l'un de ces indigènes soit revêtu du titre de capitaine, il n’est que le trèshumble serviteur des Portugais, chefs véritables de cette peuplade. Dans les environs de l'aldea existe une maison du conseil qui appartient à la communauté et que personne n'habite. Les hommes les plus anciens et les plus considérés s’y rassemblent et y délibèrent sur les questions qui intéressent la tribu. C’est un de leurs anciens usages, le seul qui survive. Bien que les Malalis ne parlent pas d’autre langue que la leur, ils savent pourtant le portugais. k k
Leurs habillements consistent en un caleçon de toile blanche, et en une chemise
qu’ils portent comme une blouse. Les femmes ont une jupe de toile et une simple chemisette sur le sein.
L'agriculture et la chasse forment la principale occupation de ces naturels; ils sont doux, timides et caressants. L’un des mets favoris de ces Indiens est un gros ver blanc : qui se trouve dans l’intérieur des bambous au moment où ils fleurissent. Les Indiens font cuire ces vers, et ils en retirent une espèce de graisse fine et délicate avec laquelle s'apprêtent les aliments. Les bichos dos taquaras, réduits en poudre, forment une espèce de panacée contre les blessures, mais c’est encore un moyen d'obtenir un sommeil extatique qui dure plusieurs jours. M. Auguste Saint-Hilaire raconte que, lorsque l'amour cause des insomnies aux naturels, ils avalent de ces vers que l’on a fait sécher sans en ôter le tube intestinal, et tombent dans un assoupissement profond; à leur réveil, ils racontent des songes merveilleux, parlent des forêts brillantes qu'ils ont vues, des fruits exquis qu’ils ont goüûtés. Toutefois, avant de manger le bicho do taquara, les naturels en enlèvent la tête regardée comme un poison dangereux.
Les Caropos, insulaires qui presque tous vont nus, ont pour pays l’aldea de Morro- Grande. Un petit nombre seulement font usage de ceinture; il en est qui ont au cou des colliers de rassades ou de graines rouges, et parfois des dents de singe. Les enfants sont tatoués de rouge et de bleu ; mais on peut aisément effacer ces peintures qui sont loin d’être indélébiles.
Les femmes ne paraissent pas avoir un attachement bien profond pour leurs époux. Elles suivent de préférence les nègres qui sont pour elles de véritables sigisbées, et ce, tandis que les Indiens n’ont pour les négresses que du mépris, tant ils se croient supérieurs à elles.
Hautes de quinze pieds, larges de trente, les huttes de cette peuplade sont construites sur le sol, au moyen de quatre pieux. Les portes sont en feuilles de palmier. Chaqué hutte a plusieurs foyers dont chacun paraît destiné spécialement à une famille, et dont la fumée s'échappe ou par la porte ou par les claires-voies de la toiture. L'ameublement consiste én quelques pots de terre, paniers en feuilles de palmier et remplis de patates, de racines de manioc; on y voit aussi des cujas (vases à boire), des plats peints avec du genipayer, un tronc d’arbre creusé pour piler le maïs. Comme ornements et comme instruments, on remarque les armes des hommes appendues aux murs ; la maraca (morceau d’écaille qui, rempli de maïs, rend un son pareil à celui des castagneltes), des touffes, des bandeaux de plumes magnifiques de perroquet, puis des tortues et des singes qui, rôdant autour des cases, semblent en être des commensaux habituels. Un ornement particulier décore la cabane du chef : c’est une corne qui lui sert à faire entendre ses ordres dans la forêt, sonner une fête ou annoncer la présence d’un étranger.
Les Puris et les Coroapos, qui paraissent avoir une souche commune avec les Caropos, sont, comme ceux-ci, carrés, trapus, souvent très-charnus. Leur tête est grosse et ronde, leur visage large; les pommettes de leurs joues sont proéminentes; leurs yeux noirs, petits, obliques quelquefois; le nez court et large; les dents fort blanches. Leur peau, plus ou moins cuivrée, selon l’âge, est jaune chez les enfants comme parmi les mulâtres. La maladie donne à leur teint la couleur du safran. Les albinos sont rares chez eux. Un petit nombre de ces sauvages se distinguent par des traits plus prononcés que ceux des autres, par un nez recourbé, et des yeux d’une grande vivacilé, agréables chez quelques-uns, sérieux, sombres et caves chez la plupart.
Tous vont dans un état complet de nudité, à l'exception d’une faible partie qui ont
4 Bicho dos taquara.
pu se procurer quelques lambeaux de toile, ou des culottes courtes dont les Portugais leur ont fait présent. Les uns ont la têle rasée; d’autres les cheveux coupés seulement au-dessus des yeux et de la nuque; un petit nombre ont la barbe et les sourcils ras. Leurs pigments en roucou sont tantôt sur le front. et tantôt sur le corps. Ils ornent leur poitrine de colliers indistinctement composés de graines noires et dures, ou de dents canines de singes, de jaguars, de chats et d’autres animaux carnassiers. Les hommes ont quelquefois un morceau de peau du singe mono noué autour du front. Les jeunes filles font aussi parfois usage de bandeaux, et les femmes portent ordinairement un cordon ou un lien d’écorce serré autour des poignets et des jointures, dans le but de rendre ces parties plus minces et de les orner. |
Flegmatique et mou, le tempérament de ces sauvages les porte à n’estimer que les jouissances purement physiques. Retirés sous leurs couaris (huttes), étendus dans leur hamac, ils passent inoccupés la plus grande partie du jour. Le chef d’une famille daigne à peine sortir de cette apathique somnolence pour intervenir dans les querelles qui peuvent s'élever entre les autres membres. Il n’y a de préséance ni entre l’ainé et
le cadet, ni même entre le père et l'enfant.
Les autres coutumes de ce peuple ne diffèrent guère de celles des autres Indiens,
excepté celles qui ont rapport au culte :.
Leurs danses sont tout au plus une sorte de promenade qu'ils exécutent en marchant l’un devant l’autre, avec leurs enfants qui les tiennent enlacés et qui s’enlacent ensuite entre eux d’une manière divertissante. Ils décrivent ainsi un cercle presque perpétuel autour d’un vaste foyer allumé.
Les Paracnos et les Camacans rappellent par leurs traits, leurs usages ou leur accoutrement les diverses tribus que nous avons déjà décrites.
1 Voyez notre Histoire et Cérémonies religieuses.
Dane à