TERRES ARCTIQUES ET PAYS DE LA BAIE D’HUDSON
Les trois premières contrées, c'est-à-dire le pays sur le fleuve Mackenzie, les terres arctiques et le pays de la baie d'Hudson, sont habitées par trois nations indigènes.
Les Esquimaux : habitent depuis le golfe Welcome jusqu’au fleuve Mackenzie, et probablement jusqu'au détroit de Behring; ils s'étendent, au sud, jusqu'au lac de l'Esclave; au nord, ils s'arrêtent sur les bords de la mer Polaire ou prolongent leurs courses dans un désert glacé. Petits, trapus et faibles, mais bien proportionnés, ces hommes polaires ont le teint moins cuivré que d'un jaune rougeûtre et sale. Ils ont les épaules larges, les mains et les pieds d’une petitesse remarquable, le visage plus long et en même temps plus large que celui des Européens; leur nez est petit; leurs yeux, noirs et petits, sont enfoncés et cachés en partie par des paupières épaisses; leur bouche est grande, leurs lèvres sont épaisses, leurs oreilles larges et mobiles, leurs cheveux noirs, longs et rudes. Ces hommes ont naturellement peu de barbe, et encore ont-ils le soin de l’épiler. Leurs huttes, de forme circulaire, sont couvertes de peaux de daim dans l’intérieur des terres, et de phoque sur les bords de la mer ; on n’y entre qu’en rampant sur le ventre. Les canots, formés de peaux de veau marin cousues sur une carcasse en bois ou en os de baleine, naviguent avec vitesse. IL ÿ en a de deux sortes : ceux qu’ils nomment kadjacs ont quinze à dix-sept pieds de longueur sur deux de largeur. Leur forme est celle d’une navette de tisserand; au milieu de la peau qui les couvre se trouve un trou dans lequel se place l’Esquimau qui le dirige avec une rame longue de cinq à six pieds, étroite au milieu, large et plate aux deux extrémités. S'il
4 La famille des Esquimaux comprend cinq nations principales, dont une vit en Asie ; on en remarque, en Amérique, trois branches principales, savoir : les Kalalits ou Karalits, qui sont les Groenlandais; les Esquimaux proprement dits, qui vivent sur la côte nord-est du Labrador, et sont les plus méridionaux et les moins civilisés; les Esquimaux occidentaux, qui errent près des embouchures du Mackenzie et de la rivière aux Mines-de-Cuivre (Copper-Mine), dans les environs du cap Dobb, de la baie Repulse, sur la presqu'île Melville, sur les côtes des îles Winter, Igloulik, Southampton, et autres qui forment l'archipel de Baflin-Parry.
rencontre un champ de glace, il met son kadjac sur ses épaules, traverse l'obstacle et se remet à naviguer. Les autres canots, appelés cumiacs, Sont construits de la même manière, mais plus grands et de la même forme que nos batelets : ils peuvent contenir jusqu’à vingt personnes. Ces sauvages travaillent patiemment une pierre grise et poreuse dont ils forment des espèces de cruches et de chaudières; les bords de ces vases reçoivent des ornements élégants. Les Esquimaux conservent leurs provisions de viande dans des outres remplies d'huile de baleine. Ceux qui demeurent vers l’embouchure du fleuve Mackenzie se rasent la Lête, coutume particulière, mais qui ne suffit pas pour démontrer une origine asialique.
Les Esquimaux portent des vêtements de peaux d'animaux et principalement de phoques dont le poil est en dehors : ils consistent, pour les hommes, en une tunique ronde que les femmes portent aussi, mais fendue sur le côté, en un pantalon et en bottines communes aux deux sexes : les bottines des femmes montent jusqu’à la hanche; elles sont soutenues par des baleines, et elles leur sérvent à placer leurs enfants lorsqu'elles sont fatiguées de les porter dans leurs bras. Elles tressent leurs cheveux en nattes auxqueiles , elles suspendent des dents et des griffes d'ours blanc, ornement qui constitue leur principale parure. Elles ornent leur figure d’une sorte de tatouage, de même que le reste du corps.
Pour éviter l’action de la trop grande lumière sur la glace et la neige, les Esquimaux portent une espèce de garde-vue composée d'une petite planche très-mince, percée de deux fentes étroites, à travers lesquelles ils peuvent distinguer les objets.
Ils se nourrissent de chair de phoque, de baleine, de poissons et de différents gibiers qu'ils fument ou font cuire à demi. Ils mangent volontiers de la chair crue, et sont très-friands de suif et de savon; ils boivent avec délices de l'huile de poisson.
La cérémonie du mariage est chez eux très-simple : l'homme choisit une femme, quelquefois même il jette ses vues sur une jeune fille à la mamelle, et déclare qu'il la prend pour épouse. Lorsque celle-ci est en âge d’être mariée, ses parents la conduisent chez le mari, qui a eu soin de préparer un repas, après lequel les deux époux exécutent une danse de cérémonie; lorsque celle-ci est terminée, chacun des convives se relire en adressant à la mariée une exhortation pour lui rappeler ses devoirs d’épouse et de mère, et le mariage est conclu. Fe : à
Le seul animal domestique qu’on trouve chez les Esquimaux est le chien, que l'on attelle, comme en Sibérie, à un petit traîneau qui peut contenir une ou deux personnes. 1! ressemble à nos chiens de bergers : quelquefois son poil est tacheté, d’autres fois noir et plus souvent blanc. IL a les oreilles droites et courtes comme celles du renard. It n'aboie point; son cri est une sorte de grognement. Son ennemi naturel est le loup, animal très-féroce et très-hardi dans les régions hyperboréennes.
Les Caippeways ont élé observés entre le lac de l'Esclave et le lac Atapeskow; ils paraissent s'étendre jusqu'aux montagnes Rocheuses à l’ouest, et jusqu'aux sources du Missouri au sud-ouest. Le major Pike porte leur nombre à 41,000. Ceux qui habitent les environs du fort Chippeway se donnent le nom de Aa-issa-Rinnis (hommes du soleil levant). Les Indiens serpents, les Caltanachowes. et d’autres tribus en semblent des . démembrements. Une branche des Chippeways est répandue dans le territoire des Élats-Unis. Quoiqu’un peu moins cuivrés et un peu moins barbus que les peuples voisins, les Chippeways n’ont pas le teint des Mongols. Leurs cheveux, lisses comme ceux des autres Américains, ne sont pas toujours de couleur noire. Ils se font, en peau de daim, un vêtement très-chaud et très-solide. : ai ET aS
Ces Indiens, quoique très-pacifiques entre eux, sont continuellement en guerre avec les Esquimaux, sur lesquels la supériorité du nombre leur donne un avantage considé-
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