GRAND-DUCHÉ DE TOSCANE
Le
On donne pour limites à ce duché : au nord, les duchés de Lucques et de Modène et la partie septentrionale des États du pape, ou les provinces de Bologne, Ravenne et Forli; à l’est, les États du pape; au sud, la mer Méditerranée ; à l’ouest, cette mer et le duché de Lucques. La partie de la Lunigiane dépendante de la Toscane, ainsi qu’une partie de la Garfagnane, sont-de petites fractions de territoire qui confinent avec les duchés de Parme, de Lucques et de Modène, et avec les possessions du roi de Sardaigne.
Les pays compris dans la Toscane sont : tout le ci-devant grand-duché de Toscane. Ensuite par le traité de Vienne : l’État des Présides et la petite partie de l’île d’Elbe, qui dépendaient autrefois du roi de Naples ; la principauté de Piombino avec ses dépendances, cédée dernièrement moyennant une redevance annuelle par le prince Ludovisi Buoncompagni, qui, par le traité de Vienne, la possédait sous la suzeraineté du grandduc ; les anciens fiefs impériaux de Vernio, Montanto et Mont Santa-Maria, renfermés dans le territoire toscan.
Cet État est divisé en cinq compartimenti (divisions); de Florence, de Pise, de Siene, d’Arezzo et de Grossetto , subdivisés en plusieurs territori communitativi.
La Toscane possède peu de grandes manufactures, et a à peine adopté jusqu’à présent l’usage des machines : aussi les objets manufacturés et la main-d'œuvre y sont-ils chers, tandis que les productions de la terre sont à bas prix. Florence fournit des ouvrages en stuc, en marbre et en albâtre, des mosaïques en pierre dure, des galons fins et faux, du tabac, des soieries renommées, entre autres du taffetas, du satin, du damas et des bas, quelques étoffes de laine, de belles tapisseries, des chapeaux de paille, de la porcelaine; Livourne à des manufactures de coraux et de savon.
Ce grand-duché renferme 1,275,030 habitants, généralement bien faits, et remarquables, entre tous les autres Italiens, par leur douceur, leur civilisation, leur franchise et leur droiture; les femmes y sont très-belles et bien élevées. |
Livourne, Porto-Ferrajo et Piombino sont les principaux ports de la Toscane : le premier fait à lui seul presque tout le commerce maritime de cette contrée.
C'est au duc Léopold que cette contrée doit la prospérité dont elle jouit encore. En 1772, il avait déjà fait cesser bien des abus : les couvents y étaient beaucoup moins nombreux que dans le reste de l’Ilalie : on n’y avait conservé que les ordres les moins inuliles ; l'inquisition n’y existait que de nom; la peine de mort y était presque abolie : elle ne fut infligée qu’une fois sous son règne; les impôts furent dégagés de toutes leurs entraves; enfin l'éducation fut encouragée chez la classe que l’on retient en Italie dans la plus abjecte ignorance. Ces réformes, qui font honneur au plus grand prince qu'ait eu la Toscane, avaient préparé les esprits à adopter sans répugnance les
lois françaises ; mais à la restauration, une partie de la vieille législation a été amalgamée à notre code; d'anciennes communautés religieuses sont rentrées dans leurs biens ; de nouveaux abus se sont introduits, et le peuple toscan, dont la douceur a passé en proverbe, peuple peut-être plus facile à contenter qu’un autre, n’est point sans quelque sujet de plaintes. Toutefois, l'extinction de la dette publique prouve que la Toscane est administrée avec économie.