ROYAUME DE NAPLES
Le royaume de Naples projette deux presqu’iles remarquables : celle de Calabre au sud , et celle de la terre d’Otrante, au nord.
Quoique seulement de taille moyenne, les Calabraïis sont bien proportionnés ; ils ont le teint basané, les traits prononcés et les yeux très-expressifs. Ils portent, ainsi que les Espagnols, auxquels ils ressemblent sous bien des rapports, de grands manteaux qui leur donnent un aspect sombre et lugubre. Comme ils sont haineux et vindicatifs, aucun d’eux ne marche sans être armé, ils sortent rarement aux approches de la nuit. Ils passent leur vie dans une oisiveté complète et se réunissent rarement. Les femmes ont peu d’attraits : mariées fort jeunes, elles sont bientôt flétries; mais leur fécondité est extraordinaire. La condition des paysans est des plus malheureuses. Les fortunes sont tellement disproportionnées, qu’on ne voit que des riches ou des pauvres; les petits propriétaires sont fort rares. Il en résulteun manque d’émulation et de courage pour fonder des établissements d'industrie et pour améliorer l’agriculture.
A l'exception d’un petit nombre de villes et de quelques bourgs bâtis avec régularité, le reste de la Calabre présente l'aspect le plus misérable et le plus dégoûtant.
On voit en Calabre un assez grand nombre de zingaris. Les hommes coupent leur barbe, mais ils laissent croître leur cheveux sans jamais les peigner; les femmes sont d'une saleté non moins dégoûtante. Les hommes vivent de leur industrie, qui consiste à trafiquer sur les ânes et les chevaux qu'ils achètent ou qu’on les charge de vendre; à façonner la ferraille à divers usages ; à jouer des gohelets et à faire des tours d’adresse
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