‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 126 sur 146 · JEUNE FILLE A PORTO · texte numérisé non relu

JEUNE FILLE A PORTO

est ordinairement bien prise, et rien n’est plus rare parmi eux que des individus estropiés ou contrefaits. La province de Minho, le Tras-os-Montes et les montagnes d’Estrella renferment les hommes les plus beaux et les plus robustes du royaume : leur peau est assez blanche, et leurs cheveux sont blonds ou châtains. Dans les autres provinces, le noir est la couleur dominante de la chevelure. La belle carnation des Portugaises, leurs grands yeux noirs, leurs dents blanches et bien rangées, leurs longs cheveux d’ébène, leur aimable vivacité, les mettraient au rang des Européennes les plus séduisantes, si à la grâce des Françaises elles joignaient la petitesse du pied espagnol.

Le Portugais est essentiellement bon, tranquille et sobre; la politesse est extrême dans toutes les classes, sans en excepter le bas peuple, qui est très-officieux envers tout le monde, mais qui, en revanche, exige beaucoup d’égards. Il est rare d'entendre un Portugais, de quelque condition que ce soit, jurer ou prononcer des paroles obscènes. Si le peuple est généralement dévot, il faut néanmoins convenir qu’il n’a jamais été fanatique. À

Les hommes de cette nation ont beaucoup d'aptitude pour les sciences et les arts : Ja poésie fait leurs délices, et l’on trouve en Portugal, comme en Italie, d'excellents improvisateurs, les autres arts y sont plus négligés, et l’on s’y borne pour l'ordinaire à l’imitation des chefs-d’œuvre étrangers. Les Portugais, en général, sont bons matelots et bons soldats. On peut dire qu’ils se distinguent, par une civilisation plus avancée, du reste de la Péninsule; on retrouve partout, chez eux, les traces des progrès que les arts et Les sciences ont faits en Europe; les ouvrages français et anglais se rencontrent fréquemment dans les bibliothèques particulières ; les mémoires de l’Académie royale de Lisbonne et les Éphémérides de Coïmbre sont connus dans le monde savant. Si l’influence qu’a exercée sur le Portugal, depuis plus d’un siècle, le gouvernement britannique , y a altéré l'indépendance nationale, il faut reconnaitre, d’un autre côté, qu’elle a eu d’heureux résultats pour les progrès des arts, de l’industrie et de l'instruction.

Mais si, de la littérature et des beaux-arts, nous passons à l’éducation des mases, nous dirons qu’il est inutile d’accumuler les raisonnements pour prouver un fait que l’on n’est que trop porté à croire d’après une foule d'indices; c’est que l'instruction publique élémentaire est très-négligée en Portugal, et, qu’à l'exception de l'Espagne, qui lui est fort inférieure sous ce rapport, il est peu de pays où le nombre relatif d’écoliers soit moins considérable. Cependant les établissements d'instruction destinés aux enfants des classes riches ou privilégiées peuvent soutenir la comparaison avec ceux des autres États de l'Europe; l’enseignement des sciences est confié à des professeurs habiles, et de bons ouvrages nationaux en facilitent l'étude.

S'il fallait s’en rapporter à l'opinion de certains voyageurs , les mœurs du clergé ne seraient point irréprochables; elles présenteraient même l’image de la plus honteuse corruption. Gependant il paraît que depuis une vingtaine d'années les mœurs nationales se sont améliorées, et que le Portugais a même perdu quelque chose de son caractère original par ses fréquents rapports avec les étrangers. Ce n’est plus ce peuple superstitieux, outrageant sans crainte les saintes lois de la morale, et portant au pied des autels un cœur fermé au repentir. Ses soldats ne ressemblent plus à ceux qui, pendant la guerre de la succession, ne consentirent à marcher que lorsque le roi don Pedro leur eût donné pour général, saint Antoine, patron de Lisbonne; et, nous le répétons, si le Portugais est encore dévot et un peu superstitieux, il ne fut jamais fanatique.

Tous les Portugais se plaisent à vanter leur nation, mais c'esi une conséquence du rôle important qu’ils ont joué sur le théâtre du monde, et du peu de lumières qu’on a laissé pénétrer dans leur pays. On leur reproche de l’indolence et de la présomption, et cela peut être vrai pour les paysans de certaines provinces ; mais, en se montrant

sévère sur leurs défauts, il faut tenir compte de leurs qualités : ils sont, en général, fort attachés à leur patrie, amis généreux et fidèles à remplir leurs promesses. M. Balbi, qui a observé ce peuple d’un œil impartial, dit que l'habitant de la province de Minho est plein de feu, d'esprit et d'industrie; que celui de Tras-os-Montes rachète des dehors grossiers par des mœurs pures et simples, par sa bravoure et son activité; que celui de la province de Beira est le plus laborieux ; que celui de l'Estramadure est le plus policé, et que l’Algarvien surpasse tous les autres par sa vivacité.

La langue portugaise n’a point les sons gutturaux de l’espagnolé; cependant la fréquence des hiatus et des terminaisons nasales, la propension au néologisme qu’on remarque en elle, la facilité avec laquelle elle s'empare des expressions des autres langues, nuisent à son harmonie et feraient croire à sa pauvreté, si des écrivains modernes n’avaient prouvé tout le parti que l’on peut tirer du langage portugais.

Nous avons dit que le Portugais était plein de vivacité, que son imagination était brillante; il en résulte qu'il parait, en quelque sorte, affamé de dissipations; la musique, la danse, le spectacle, les processions et les combats de taureaux, en un mot tout ce qui peut retracer les plaisirs des sens, a sur lui un empire irrésistibles. L'étranger n'entend pas sans quelque satisfaction la musique vive et légère de ce peuple, et les chants populaires, qu'accompagne la guitare , ne seraient dépourvus ni de grâce ni d'agrément, si les paroles n'étaient parfois empreintes d’une trop grande licence. La danse nationale, appelée la Foffa, est tellement lascive, qu’on ne peut s'empêcher de déplorer la corruption du peuple en la voyant exécuter, non-seulement dans la campagne, mais au sein des villes et même sur les théâtres.

Les montagnes d’Estrella sont, au dire de M. Breton, la partie du Portugal où l’ancien costume s’est le plus fidèlement conservé. Les filles, reléguées dans un espèce de cloître, y vivent entièrement séparées des hommes. Ces habitations séparées se trouvent même chez les paysans. Jamais les filles ne mangent avec leurs parents, et, chez les gens qui ont quelque aisance, elles n’ont à leur service que des femmes. Il est cependant des fêtes et des repas d’où elles ne sont pas exclues, bien que les étrangers y soient admis; mais elles doivent y demeurer dans un profond silence. Les femmes mariées seules ont la faculté de se mêler à la conversation, et chantent vers la fin du repas des chansons amoureuses, sortes de compositions pastorales qui ont le ton de l’élégie.

L'ancien costume national consiste en une cape et un manteau, dont le Portugais s’enveloppe tout le corps.

Les dames suivent les modes françaises et anglaises, et lorsque, par hasard, elles sortent à pied elles sont accompagnées de laquais.

Les hommes de condition inférieure, les jeunes gens principalement, aiment à affecter un air martial. Le manteau, qu’ils portent indifféremment dans toutes les saisons, est différent de celui des Espagnols; il est à manches et on le jette en travers de l'épaule ainsi qu'une couverture. Ce manteau cache souvent des vêtements fort sales, sur lesquels se promène la vermine.

Ce que nous venons de dire peut être vrai; mais c’est l'exception. En général, on doit comprendre que les mœurs, ainsi que le costume, ont dû subir de grandes modifications par le contact avec l'Angleterre et la France.

La capitale du Portugal est Lissonne, bâtie en amphithéâtre sur plusieurs collines, le long de la rive droite du Tage, résidence d’un patriarche, avec un des plus beaux mouillages de l'Europe et environ 260,000 habitants. La ville ancienne, échappée à la terrible catastrophe de 1755, est mal bâtie et très-malpropre; la nouvelle, au contraire, se distingue presque partout par la beauté de ses maisons, par l'alignement de ses rues et par sa grande propreté.

Parmi les établissements scientifiques de Lisbonne, il faut citer l'observatoire de la marine, dont plusieurs travaux ont servi à l'avancement de la physique céleste ; l’Académie royale de la marine, qui a fourni plusieurs marins distingués; l’école royale de construction et d'architecture navales; l’Académie royale de fortification , d’artillerie et de dessin; l’école royale de chirurgie et celle de sculpture. Nous citerons encore l'école de commerce, le collége royal militaire, celui des nobles, Les écoles royales du monastère de Suint- Vincent de Fora, où l’on enseigne les langues anciennes et le français, Ja physique, la géométrie et la philosophie; l'école royale de dessin et d'architecture civile, dont les cours durent cinq années; l'institut de musique (seminario musical), où l'on enseigne le chant, la musique instrumentale et la composition ; le collége royal de Saint-Patrice, créé en 1590 pour l'instruction des prêtres missionnaires irlandais; le collége royal des catéchumènes , fondé en 1579 pour instruire dans la religion les infidèles convertis; le collége de Saint-Antoine et de Saint-Pierre, destiné aux orphelins et aux enfants vagabonds ; les écoles royales de la congrégation de l'Oratoire, où l’on enseigne principalement le latin; enfin les écoles de grammaire, de rhétorique et de philosophie, établies à l’hospice royal de Notre-Dame de Necessidades. Le premier corps savant du royaume est l'Académie royale de Lisbonne.

Le caractère portugais se montre avec moins d'avantages dans la capitale que dans le reste du royaume; le peu d’activité des habitants donne à cette ville une teinte de tristesse : ils sont d’ailleurs superstitieux, portés à se venger, mais sobres, économes et loyaux dans leurs relations commerciales.

Nous terminerons la description du Portugal par quelques extraits empruntés à l’un des meilleurs recueils périodiques actuels.

La misère à laquelle est réduite la maison royale ne saurait être mieux appréciée qu’en signalant ce fait, que le gouvernement trouve convenable de se charger de la dépense et de l'entretien de la maison Ne plutôt que de payer une somme fixe pour l'usage du souverain.

Tous les traitements sont fort arriérés, et les personnages régnants sont dans une telle détresse d'argent, qu'ils sont obligés de s’en procurer, pour un immense escompte, sur leurs propres billets, auprès des juifs et d’autres personnes.

Les dépenses du palais sont réglées. Le roi et la reine dinent presque toujours ensemble, quoique le premier prenne ses déjeuners, et surtout ses déjeuners à la fourchette, séparément. Il n’y a point d’autres tables, point de conviés, point de courtisans qui y soient admis. Ce qui reste de la table royale est immédiatement distribué aux pauvres. Les domestiques et tous les gens de service ont des gages de table. Les réceptions sont très-rares au château, et, lorsqu'il y a audience, à peine la reine ouvre-t-elle les lèvres, à peine même a-t-elle quelques relations avec qui que ce soit. Les prêtres ont une grande influence sur Sa Majesté.

Les finances sont dans un état embarrassé; une banqueroute totale pourra seule les relever, dit-on, et elle arrivera un peu plus tôt, un peu plus tard. Les lois promulguées par le gouvernement, sous les différentes dénominations de decretos, alvaras, posturas et avisos, ne s'élevent pas à moins de 14,000, généralement copiées sur les lois françaises, et elles sont non-seulement en opposition aux mœurs et aux usages des Portugais dans la plupart des circonstances, mais encore la rédaction en est si obscure et si confuse qu’elles se contredisent souvent l’une l’autre. Aussi la confusion s’est-elle répandue partout, et ce n’est qu’à Lisbonne, Oporto et dans les grandes villes, que règne la tranquillité; tandis que dans les provinces, à trente mille de Lisbonne même, le pays est livré à une anarchique barbarie.

« Quelques Portugais, dit le marquis de Londonderry, à qui nous empruntons ces dé-

tails, m’assurèrent avec beaucoup de gravité « que la plus grande propreté s’observait maintenant dans la ville ; qu’à la vérité, il était autrefois permis de vider toute espèce de choses par les fenêtres, à toute heure du jour et de la nuit, mais que cette faculté se restreignait strictement aujourd’hui entre dix heures du soir et cinq heures du maiin. » À ceux qui ont pu voir les abominables saletés des rues étroites de Lisbonne, il n’est pas nécessaire de les décrire ici; quant à ceux qui n’ont point voyagé, ils peuvent avoir recours aux descriptions de lord Byron.

« Quels que soient les changements que don Pedro ait faits, ces changements, s’il faut en juger sur les apparences, n’ont abouti à rien moins qu’à l'avantage général. L’abolition de coutumes et de lois depuis si longtemps en usage, la fermeture des couvents, la spoliation de l'aristocratie, ce sont là des mesures qui ont dû inévitablement donner au Portugal apparence d’un État déchu, et, vraiment, les seuls charmes qui lui restent ce sont son climat, ses bosquets d’orangers et ses vignobles, que la législation même la plus erronée ne peut lui ôter.

» Le 24, la voiture du duc de Terceire vint nous prendre, à onze heures, pour nous conduire à l’église de San-Vicente, où devait avoir lieu une cérémonie funèbre et une messe solennelle. La cour entière y assistait, ainsi que tous les hauts fonctionnaires de l'État et les officiers de l’armée. Nous étions placés derrière l’autel, directement en face du roi et de la reine, que nous vimes parfaitement. Le grand concours des assistants se trouvait dans la nef de l’église. Leurs Majestés étaient assises ensemble dans une loge ou banc au centre de l’un des côtés de la cathédrale. C’est une grande et vieille église : mais quel tableau de grandeurs et de splendeurs déchues! De vieilles tapisseries, de vieilles tentures de drap, des dorures plusieurs fois séculaires, des ciselures vermoulues, du stuc tombant de vétusté et se détachant par pièces, telle était la décoration du spectacle bien propre à rappeler la fin de toutes choses en ce bas mondé; rien de royal, rien qui füt digne de la solennité! Quoi qu’il en soit, la musique était certainement belle, et Le service dura deux heures; mais je le trouvai très-inférieur aux cérémonies de l’Église grecque dans le nord de l’Europe.

» Des valets mal vêtus suivaient le cortége royal, et les voitures étaient dans un état de délabrement et de misère indicible. Je me rappelle qu’autrefois les équipages des nobles en Portugal, bien que d'une forme incommode, étaient dorés, propres, bien tenus, et généralement trainés par des mules qui ne valaient pas moins de 300 moidores la pièce. Maintenant la race de ces animaux paraît éteinte, et la pauvreté, l’étrangeté des voitures ne peuvent se comparer qu'à la misérable apparence des chevaux. On m'apprit que le duc de Terceire, qui est grand écuyer, se donnait beaucoup de peine pour augmenter les écuries du roi; elles ont, en effet, besoin d'améliorations, et, en songeant à son énergie et à son intelligence, je ne doute pas qu'avec le temps cette amélioration n'ait lieu. »

ARCHIPEL DES ACÇORES.

Ces îles sont situées dans l’océan Atlantique, entre 36° 54° et 39° 46’ de latitude nord , et entre 27° 59' et 40° 42! de longitude ouest.

L'archipel des Açores se divise en trois groupes : le premier, situé au stidioët. comprend : Sainte-Marie, Saint-Michel et les Formigues; le deuxième, celui du centre, Terceira, Graciosa, Saint-George, Pico et Fayal ; et Le troisième, au nord-ouest, Corvo

et Flores. Toutes ces îles sont de formation volcanique; leur aspect général est des plus pittoresques.

Les Açores sont exposées à des fléaux redoutables, tels que des coups de vent et des déluges de pluie. Toutefois, le climat, quoique humide, est d’une grande douceur. Le sol, arrosé par beaucoup de ruisseaux, est extrêmement fertile; quoiqu'il soit mal cultivé, il donne deux récoltes par an : mieux soigné, il produirait successivement toute l’année. Tel qu’il est, il fournit en abondance à la population tout ce qui est nécessaire aux besoins de la vie.

Colonisées par des Portugais, des Espagnols et des Flamands, les Açores renferment aussi des individus qui ont dans les veines quelque peu de sang more. La population actuelle est évaluée à 250,000 habitants, et ce n’est pas le quinzième de ce que ces îles, bien cultivées, pourraient nourrir.

En général, les Acoriens sont pâles, bien faits, et ont les cheveux touffus et noirs; ils sont d’une humeur sombre : les gens du peuple sont actifs et colères, mais hospitaliers et humains. Il est difficile à un étranger de trouver une auberge. Les personnes riches et surtout les commerçants se font un plaisir de les recevoir. Il règne beaucoup d'union parmi eux; l’usage du thé, qu'ils ont adopté des Anglais, donne lieu à des assemblées charmantes, où les jeunes personnes font de la musique; le chant et la danse suivent ordinairement. Les personnes plus âgées jouent le whist. Les dames déploient beaucoup d’amabilité et de politesse. La nature ne leur a pas refusé les grâces de leur sexe; leur prononciation est douce, chantante, légèrement empreinte d’une nuance d’afféterie qui n’est pas sans charme.

Les hommes, à l'exception d’un petit nombre, encore fidèles au grand manteau de drap et au chapeau à trois cornes, ont adopté complétement l’habit anglais. Les femmes , de leur côté, ont copié les modes anglaises, mais elles saisissent avec empressement toutes les occasions de les modifier à la française. Quant au costume national, ce n'est plus que chez les femmes du peuple, et surtout dans la campagne, qu’il faut en chercher quelques traces. Parmi les premières, on en rencontre parfois qui, vêtues d’une longue robe d’étamine noire, et cachées sous un voile de même étoffe, qui descend jusqu'à terre, se rendent à l’église d’un pas lent et grave. Quant aux secondes, plusieurs portent encore, comme sous le règne de Sébastien, un cotillon d’une grosse étoffe de laine, et couvrent leur tête d’une large bande de toile ou de mousseline, bordée de filet et'd'une grosse dentelle. Cet ornement, qui est fixé sur la tête au moyen d’un feutre élevé et pointu, tombe de chaque côté sur les épaules et descend jusqu'aux genoux. — On trouve dans ces îles de nombreux monastères d'hommes et de femmes. Les premiers sont presque déserts. Il n’en est pas de même des autres, qui sont remplis de jeunes victimes sacrifiées pour la plupart à la fortune de quelques enfants privilégiés, ou par suite de vœux indiscrets formés par leurs parents, et qu’elles sont appelées à ratifier dès l’âge de seize ans.

Le régime féodal règne encore dans ces îles avec tous ses inconvénients. Les grands domaines seigneuriaux des morgados se transmettent de race en race, et les tenanciers de ces domaines, en butte à la tyrannie, aux extorsions et au caprice des maîtres, sont victimes des abus les plus cruels qui aient jamais signalé ce régime dans les diverses contrées de l’Europe. Ils vivent donc au jour le jour, et, comme on dit, de la main à la bouche, privés des ressources de l’industrie, négligeant l’agriculture, dans laquelle ils sont fort arriérés, et qui ne leur procure aucun avantage direct ou permanent. L’Angleterre reçoit la plus grande partie de leurs exportations , qui se composent principalement d’oranges et de citrons, de vins et d’eaux-de-vie en petite quantité; elle leur envoie, en retour, de la quincaillerie, des étoffes de laine et de coton. Les Açores

entretiennent encore quelques relations de commerce avec la mère patrie : elles exportent de grosses toiles et des vins au Brésil, ainsi qu'aux États-Unis.

Les morgados croupissent dans la paresse, et ne paraissent avoir d'autre bonheur que celui de manger, dormir et amasser de l'argent ; ils sont tous riches, et cachent ordinairement leurs trésors dans les murailles de leurs maisons : ce n’est qu’à leur mort qu'ils indiquent leurs dépôts à leurs héritiers.

Ca

UD LC EU

Va sl W

Page 1