‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 125 sur 146 · CORSE · texte numérisé non relu

CORSE

L'industrie n’est pas aussi arriérée que le prétendent la plupart des géographes et des voyageurs.

Les draps et autres étoffes de laine fabriqués dans cette contrée ne sont, en général, que de médiocre qualité; cependant, on estime les draps de Portalegre, de Covilhao et de Fundao. La filature de coton de Thomar est la plus importante. On fabrique particulièrement des soieries à Lisbonne, à Oporto et à Bragance; dans les provinces du Minho, de Tras-os-Montes et de Beira, on fait une grande quantité de toile de lin d’une très-bonne qualité. Il existe à Lisbonne et aux environs quelques fabriques assez importantes de toiles peintes et imprimées. Parmi les tanneries, assez nombreuses dans l’Estramadure et le Minho, quelques-unes livrent de très-beaux maroquins de différentes couleurs. On fait beaucoup de nattes et autres objets en sparte et en paille. La chapel-+ lerie est assez bien entendue à Lisbonne, Oporto, Elvas, Coïmbre, Evora et Thomar. On fabrique des armes à Lisbonne et à Oporto; la bijouterie, l’orfévrerie, les ouvrages en fer-blanc, sont bien travaillés dans les mêmes villes. On trouve une papeterie importante à Alemquer. Lisbonne a une manufacture royale de porcelaine : cette capitale et Oporto possèdent des raffineries de sucre; des manufactures de tabac et de savon, au compte de la ferme. Ces deux villes fournissent aussi des eaux-de-vie et des liqueurs passables, du chocolat et des confitures estimés. La vanerie est un article intéressant de l’industrie. Les Portugais excellent dans l’art de la broderie, et font de belles dentelles et quelques fleurs artificielles de bon goût. Les opticiens et les facteurs d'instruments de physique et de chirurgie sont en petit nombre. Il y a peu d’imprimeries et les caractères sont généralement médiocres.

Le mauvais état des routes, le manque de canaux, le petit nombre des cours d’eau navigables, la rareté du gros bétail et d’autres moyens propres à faciliter la circula- Lion des produits du sol et de l’industrie, rendent presque nul le commerce intérieur du Portugal. Le commerce extérieur est considérable : le Portugal exporte en Asie et sur la côte orientale de l'Afrique, des vins, du papier, du rhum, de la verroterie d'Italie, des jambons et autres viandes salées; il en importe une immense quantité de toileries, du poivre, du thé, de la canelle, des épiceries, des drogues, du salpêtre, des nankins, de l’ivoire, de la poudre d’or, des perles, de la porcelaine, du coton, de la soie et des soieries, des rotins, de l’écaille : le pays ne consomme que la moindre partie de tous ces articles. Les exportations pour les îles du Cap-Vert et les établissements sur la côte occidentale de l'Afrique continentale, consistent en métaux, eauxde-vie, vin, huile, corail, verroterie, étoffes de laine, thé, toiles étrangères, habillements et meubles d’ornements, beaucoup de sabres et d'armes; les importations tirées de ces mêmes parties sont la cire, l’ivoire, les cuirs, la gomme, l'or, l'orseille, le maïs, le sel, les ânes, les bœufs, le rhum, les toiles de coton. Le Portugal envoie aux Acores beaucoup de cire, d'huile et de sel, de l’eau-de-vie, des planches, du chocolat, une grande quantité de produits de ses manufactures, des étoffes étrangères de laine et de soie, de la toile, du papier, des métaux, des médicaments, des couleurs, etc, ; il en recoit du froment , du maïs, de l’eau-de-vie, des fèves, de l'orge, des haricots, des pommes de terres, des lupins. Il exporte pour Madère de l'huile, des soieries, des ustensiles de fer et d’autres articles de métaux travaillés ; de la faïence, de la poterie, du sucre, du chocolat, du café, des fruits, du beurre et du fromage, des tuiles, des briques, de la chaux, etc.; cette île lui fournit du vin, de l’eau-de-vie, des douves et du cédrat confit. L’Angleterre est le pays d'Europe avec lequel le Portugal fait le commerce le plus considérable.

Les Portugais ne sont point basanés, et n’ont pas, comme on l’a dit, les lèvres épaisses et Le nez retroussé;; leur teint est celui des peuples méridionaux ; leur taille, peu élevée,

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