‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 13 sur 146 · HABITANT DES ENVIRONS DE MOSCOU · texte numérisé non relu

HABITANT DES ENVIRONS DE MOSCOU

pétue le souvenir de la famine affreuse qui eut lieu en 1600; tout près on voit, enfoncée dans la terre, la plus grande cloche peut-être qui ait jamais été fondue; elle pèse 10,000 pouds, selon le docteur Lyall. On a tout à fait abandonné l'exécution d’une église consacrée à Jésus-Christ le Sauveur, qui devait rivaliser par sa magnificence et par ses dimensions colossales avec la superbe basilique de Saint-Pierre de Rome.

On ne saurait passer sous silence les deux hôpitaux fondés par le comte Cheremetiév et par le prince Galitzin, qui contiennent chacun 500 lits et sont entretenus aux frais des fondateurs.

L'ancienne capitale de la Russie possède un grand nombre d'établissements publics dont nous signalerons les plus importants : l'université, qui est maintenant la première de l'empire pour le nombre des professeurs et pour celui des étudiants qui la fréquentent; l’Académie ecclésiastique, qui est une dessquatre de l'empire; la pension des nobles, attachée à l’université, regardée comme un des principaux colléges de la Russie; l’Académie chirurgico-médicale, qui, quoique inférieure à l'établissement de même genre à Saint-Pétersbourg, dont autrefois elle dépendait, n’en est pas moins propre à former d’excellents médecins et chirurgiens ; l’école militaire, connue sous le nom de corps de cadets; l’école arménienne, fondée par Catherine IT; l'école de commerce, l’Académie pratique du commerce, où 60 élèves sont instruits dans tout ce qui est nécessaire pour former des négociants habiles ; l'école des beaux-arts; l’école vétérinaire; le gymnase; l'institut de Sainte-Catherine, où 250 filles sont formées à toutes sortes de talents ; l'institut d'Alexandre, destiné à l'éducation de 120 demoiselles choisies parmi les classes moyennes de la société; l'institut de Lazarev, ainsi nommé à cause de son fondateur ; il renferme 80 élèves, parmi lesquels se trouvent plusieurs princes arméniens; il possède une belle bibliothèque, la plus riche peut-être qui existe pour la littérature arménienne, après celle du collége de Saint-Lazare à Venise. Viennent ensuite : la Société impériale des naturalistes ; la Société des sciences physiques et médicales ; la Société des amateurs de l’histoire et des antiquités de la Russie; la Société des amateurs de la littérature russe; la Société d'économie rurale, à laquelle est jointe une école d'agriculture; la bibliothèque de l'université, qui égale déjà pour le nombre des volumes celle qui a été consumée dans l'incendie de 1812 ; le jardin botanique, l'observatoire et le cabinet. de physique ; celui d'histoire naturelle, renfermant des morceaux très-curieux , et surtout le musée anatomique formé par M. Loder, qui est un des plus riches que l’on connaisse, étant composé, selon M. Schnitzler, d’environ 50,000 préparations.

Moscou est la résidence des familles les plus anciennes et les plus riches de la no blesse de l'empire, d’une section du sénat et du saint-synode, d’un gouverneur général militaire et d’un métropolitain; elle fait un commerce intérieur immense, et les spéculations de ses plus riches négociants s'étendent depuis la côte nord-ouest d'Amérique et les capitales de la Chine, de la Perse et de la Boukharie, jusqu'à Leipzig, Vienne, Hambourg, Londres, Paris, Marseille et Bordeaux.

TouLA, au confluent de la Toulitza avec l’Oupa, chef-lieu du gouvernement de son nom, ville épiscopale et commerçante, dont les nombreux dômes rendent la vue extérieure une des plus agréables de la Russie. Elle a été presque entièrement détruite en 1854, par un incendie. Ses rues étaient mal pavées et formées par des maisons en bois, qui diminuaient l'impression que l’on avait d’abord reçue. Toula possède un séminaire ecclésiastique avec neuf professeurs, un collége pour la noblesse peu fortunée nommé Alexandrinum, du nom de l’empereur qui l’a fondé, un gymnase et quelques autres établissements lilléraires. Avant cet incendie on pouvait ranger Toula parmi les villes les plus industrieuses de l'empire ; mais c’est surtout sa grande manufacture d'armes,

créée par Pierre er, agrandie et perfectionnée par Alexandre, qui l’a rendue célèbre. Plus de 7,000 ouvriers y travaillent continuellement pour fournir les armées russes d'armes blanches et d'armes à feu; ils font aussi divers instruments de physique et de mathématiques, dont on loue l'exécution. Un vaste arsenal pour armer plus de 100,000 hommes est attaché à ce superbe établissement, digne de figurer à côté de tout ce que l'Europe a de plus grand en ce genre. Ces deux édifices ont été épargnés par les flammes.

Tver, chef-lieu du gouvernement civil et du gouvernement général militaire de ce nom, ville archiépiscopale et industrieuse, située sur la rive droite du Volga. Tver a été presque entièrement rebâtie par Catherine IT, et est une des villes de la Russie les plus avantageusement situées pour le commerce, favorisée surtout par le canal de Vichni- Volotchok qui la rend le centre des affaires commerciales entre Saint-Pétersbourg et Moscou. Le magnifique palais impérial, la cathédrale, d’une belle architecture gothique, l'hôtel du gouvernement, les tribunaux, l'hôtel de ville, le monument de Catherine IF, plusieurs belles places, de belles rues tirées au cordeau et les superbes quais sur le Volga, l'ont fait justement ranger parmi les plus belles villes de l'empire, surtout depuis les nombreux embellissements qu'elle doit à la grande-duchésse Catherine, qui y aséjourné longtemps avec son époux, le prince d'Oldenbourg. Le séminaire ecclésiastique avec onze professeurs, le gymnase et le collège des nobles sont ses établissements littéraires les plus remarquables.

TArosLAy, chef-lieu du gouvernement de ce nom, ville archiépiscopale, bien bâtie, sur un plateau élevé, dans une situation riante, avec une forteresse située au confluent du Kotorotsk avec le Volga. On doit regarder cette ville comme un des plus grands ateliers de l'empire, surtout par la fabrication des toiles pour le service de table, la papeterie et les soieries. Taroslav se distingue aussi particulièrement par ses établissements publics, à la tête desquels il faut placer l’école des hautes sciences, fondée par Paul Grigoriévitch Démidov, à laquelle cet opulent philanthrope a joint en 1811 une pension noble ; elle possède une riche bibliothèque et jouit de l'égalité de rang avec les universités russes. Viennent ensuite le séminaire ecclésiastique, un des plus considérables de l'empire; il compte douze professeurs et plus de 1,200 étudiants ; le gymnase et la Société des amateurs de la langue russe. On doit rappeler comme une curiosité que cette ville, avant l'incendie de 1768, ne comptait pas moins de 84 églises avec une population qu’on estimait à 21,000 âmes.

ARKHANGEL , ville archiépiscopale, chef-lieu du gouvernement de ce nom , fut découverte en 4554 par un navigateur anglais; elle est située sur la Dvina, avec un beau port, mais, à cause de sa haute latitude et de la rigueur du climat, elle n’est libre de glace que depuis juillet jusqu’en septembre. Elle est toute bâtie en bois; le grand marché, bâti en pierre, et les chantiers de la marine militaire, sont ses constructions les plus remarquables. Le séminaire ecclésiastique avec neuf professeurs, l’école de navigation et le pensionnat particulier sont ses établissements publics les plus importants. Arkhangel a été la seule place maritime commerciale de la Russie jusqu’à la fondation de Saint-Pétersbourg, époque où son commerce commenca à déchoir. Malgré cela, cette ville est toujours restée l’entrepôt des marchandises qui passent en Sibérie, et Le centre des affaires commerciales d’une grande partie de la Russie européenne du nord, surtout pour le trafic des cordages, résine, goudron, soies, toile à voile, bois de pin, Manehes el nattes. Nous rappellerons que c’est dans cette ville qu’en 1670 le cours du change fut introduit en Russie , où il était totalement ignoré. Arkhangel est le siége d'un département de la marine russe, d’une compagnie établie dernièrement pour le commerce et la pêche des harengs ; elle possède plusieurs fabriques, et ses négociants,

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