ILES BALÉARES
Ces îles sont situées entre 39° 6’ et 40° 5’ de latitude nord, et entre 0 2’ et 40 50’ de longitude est. Les Grecs les appelaient Gymnesiæ, parce que leurs habitants allaient nus ; ils les nommèrent aussi Baléares, du mot grec 8210, qui signifie lancer, à cause de l’habileté des habitants à manier la fronde. Ces îles sont au nombre de cinq: Majorque, Minorque, lviça, Formentera, Cabrera. Elles formèrent une subdivision de la couronne d'Aragon; elles composent maintenant la province de Palma. Les villes les plus considérables sont : Palma, Mahon et Iviça. Le climat est tempéré et sain. Les terres sont fertiles, et produisent principalement du blé, du vin, de l'huile, des oranges, des
citrons; des figues, ainsi que du lin, du chanvre, du safran, etc. Dans quelques-unes il y a des forêts. On y élève du bétail et des vers à soie. IL y a des carrières de marbre, des salines et quelques filatures de soie. La navigation et la pêche sont très-actives.
Iviça renferme quelques groupes d'habitations auxquels on donne le nom de villages. Les mœurs de ses habitants ont la rudesse de celles des peuples abrutis par la misère et l'ignorance. Ils n’ont qu'un seul genre de modulation pour chanter leurs amours, et que le son monotone du flageolet et du tambourin accompagnés de la castagnette, pour animer leurs danses bizarres et sans grâces. Le costume des paysans consiste en une veste courte et un pantalon étroit, qui descend à mi-jambes; leur coiffure est un bonnet de laine rouge, et leur chaussure consiste en spardilles, ou semelles de jonc terminées en pointes recourbées comme des sabots, et attachées avec des cordes du même végétal. Celui des paysannes est plus élégant : un vaste chapeau rond un peu penché sur l'oreille recouvre une guimpe qui leur enveloppe le menton et descend jusqu’à la ceinture. Cette guimpe, ouverte par derrière, laisse flotter une longue tresse de cheveux noirs; trois colliers de différentes grandeurs, dont deux supportent une croix, s’étagent sur leur poitrine; un tablier étroit, richement brodé, tranche sur la couleur noire de leur jupon, et la spardille recourbée est, comme chez les hommes, leur principale chaussure.
MAJORQUE comprend seize villes de 3,000 à 6,000 habitants; mais la capitale , Palma, en a plus de 34,000.
Les habitants des campagnes de Majorque ont recu le nom de Pacs. Leur costume n’est pas le même que celui des Iviçains. Si leur visage n’était point ombragé par un large chapeau, ils ressembleraient beaucoup à des paysans Grecs par leurs sandales, leurs jambes nues, leurs larges culottes plissées qui descendent jusqu'aux genoux et leur veste ronde et sans collet. Les femmes sont chaussées comme les hommes. Ce qui les distingue de ceux-ci, c’est une guimpe qui diffère de celles des paysannes d'Iviça en ce qu’elle est ouverte par devant, flotte sur les épaules, et, couvrant le haut de la tête, laisse voir sur le front deux mèches de cheveux partagés en bandeau. Les mœurs et les vêtements des riches sont les mêmes qu’en Espagne. Le peuplé paraît être plus superstitieux que les Espagnols, mais il est plus hospitalier que ces derniers.
L'ile de MINoRQuE renferme cinq villes; Mahon en est la capitale. On retrouve ici les mœurs de l’île dont nous venons de parler, avec cette différence que les Minorquains passent pour être moins adonnés à la superstition que les Espagnols.