ILES ANGLO-NORMANDES
Ces iles, situées dans la partie méridionale de la Manche, près de la côte occidentale de l’ancienne Normandie, dépendent du comté de Southampton en Angleterre. Les principales sont :
GUERNESEY, l'antique Sarnia ou Sarmia. Depuis la conquête, cette île est annexée à la couronne d'Angleterre; mais le roi n’y exerce son aulorilé que comme ancien duc de Normandie : en conséquence, le pouvoir législatif réside dans le roi et le conseil, et non dans le parlement. Les autorités judiciaires et exécutives réunies sont désignées sous le nom d’assemblée des états : elles consistent en un bailli, douze jurats, un procureur général de la cour royale, huit recteurs des paroisses, deux constables et cent trente-deux douzainiers. Le vote des impôts appartient à ce qu’on appelle les états de délibération; cependant, pour opérer les levées ordonnées par ce corps, il faut en appeler au roi, excepté dans les cas urgents. Le code qui y est en vigueur est très-imparfait, et paraît être une compilation mal entendue des anciennes lois normandes ou lois de l’ancienne aristocratie féodale. La couronne nomme le gouverneur militaire.
Les habitants de Guernesey ont plus de ressemblance avec les Français qu'avec les Anglais : leur costume, leur manière de vivre, leurs meubles et leurs instruments d'agriculture sont à la française; toutefois, dans la haute classe, tous ces objets subissent des changements par le commerce fréquent avec les Anglais. Tout le monde parle le vieux français-normand un peu corrompu; à peine quelques personnes de distinction parlent-elles l'anglais. Une médiocrité qui approche de la pauvreté est le partage de l’île entière. Toutes les classes sont passionnées pour la danse; Les habitants de la campagne aiment beaucoup l'exercice du cheval.
JERSEY ou Gersey *, peu florissante autrefois, a, dans ces dernières temps, acquis une certaine importance commerciales. On évalue sa population à plus de 30,000 habitants.
Cette île est divisée en douze paroisses, et a pour chef-lieu Saint-Hélier.
: L'île Cœsarea de l’itinéraire d’Antonin.
Les rois de France ont tenté souvent, mais inutilement, de l'enlever aux Anglais, notamment en 1781. |
Une cour de justice et un corps ecclésiastique, indépendants l’un de l’autre, forment avec douze baillis, l’assemblée des états, sans la sanction de laquelle aucune loi, faite en Angleterre, n’est obligatoire : cette assemblée est convoquée par le gouverneur, qui, nommé par la couronne, la représente à Jersey.
Les autres iles sont Sarth ou Gers, et Alderney ou Aurigny que les Romains nommaient Arica.
La plupart des fermiers sont propriétaires et chacun y est généralement dans l'aisance; la mendicité est très-rare parmi les personnes du pays. Les habitants sont exempts de service dans l’armée et dans la marine, et jouissent du droit de port franc. Cinq régiments de milice, composés des insulaires mêmes, gardent l’île, à la défense de laquelle concourent aussi plusieurs forts construits dans les dernières guerres; tout homme fait y est inscrit. L'agriculture et le commerce sont les principales occupations des habitants. La langue française est généralement en usage parmi eux.