PRINCIPAUTÉ DE SERVIE. — NOTIONS GÉOGRAPHIQUES
PRINCIPAUTÉ DE SERVIE (Sxrmr).
Confins. En comptant les six districts qui en ont été détachés au commencement du siècle, et qui ne lui ont pas encore été rendus, cet état confine, au nord, avec les confins militaires autrichiens; à l’est, avec la principauté de Valachie et avec la Bulgarie; au sud, avec la Romélie, la Macédoine et l’Albanie ; à l’ouest, avec la Bosnie.
Pays: Presque toute la Servie, dans les confins qu’elle avait avant l'insurrection de 1801.
Fleuves. Le DanuBE, qui reçoit la Save grossie par le Drin, etc.; la Morava; le Timok.
Villes. SemenpriA (Smedreno, ou Sent-Andriya ou Saint-André des Serviens, et Semendra des Turcs), située au confluent de la Jessova ou de la branche occidentale de la Morava avec le Danube, ville de médiocre étendue et fortifiée. Elle est regardée depuis assez longtemps comme la capitale de la principauté, étant la résidence du prince, du sénat servien et d’un archevêque qui a le titre de primat de Servie. Elle a été prise et reprise à diverses époques. On estime à 10 ou 12,000 âmes sa population ; ses environs produisent d'excellents vins.
Dans un rayon de 22 milles on trouve :
BELGRADE, ville la plus grande et la mieux bâtie de toute la Servie, siége d’un évêché grec, une des fortes places de l'Europe et depuis longtemps renommée dans les annales militaires de la Turquie. Ses vastes et belles fortifications sont gardées par une garnison turque qu'on estime au moins à 6,000 hommes. Quelques-unes de ses mosquées , le palais du pacha, l’arsenal et le puits très-profond de la citadelle, sont ce qu’elle offre de plus remarquable. Belgrade est l’entrepôt principal entre Constantinople et Salonique d'un côté, et Vienne et Pesth de l’autre; elle se distingue aussi avantageusement par son industrie, surtout par ses fabriques d'armes, de tapis, d’étoffes de soie et de coton, ainsi que par ses tanneries et sa fonderie de cloches. Belgrade est la patrie de l'empereur Jovien. On estime sa population à près de 30,000 âmes.
Les autres villes les plus remarquables de la principauté sont : KRAGOJEvAcz (Karagiofdschaf), petite ville, située aux pieds des monts Rudnicks, où, en 1830, les représentants de la nation servienne se sont assemblés au nombre de mille, pour élire Milosch, prince héréditaire, élection confirmée par le Grand Seigneur.— Usrcza, centre du commerce de la Servie occidentale et point important pour les routes qui y aboutissent; on lui accorde 6,000 habitants.
Dans les districts qui doivent être rendus à la Servie on trouve : KRUSCHEvACZz (Aladja-Hissar des Turcs), presque au milieu de la principauté. Elle possède un évêché
grec, avec un château où plusieurs souverains de la Servie ont résidé. — Novi-Bazar (leini-Baxar des Tures) sur l’Jbar, assez grande ville, fortifiée, chef-lieu d’un pays connu sous le nom de Rascie; on lui accorde de 7 à 8,000 habitants. — Nissa, place
forte, restaurée dernièrement, siége d’un évêché grec. On estime sa population à 4,000 âmes.
Gouvernement. Depuis le traité stipulé entre la Porte et les Serviens, garanti par la Russie et confirmé par celui d’Andrinople, on doit regarder la Servie comme un État seulement tributaire et non sujet de l'empire ottoman. Un firman envoyé par la Porte au pacha de Belgrade, accorda aux Serviens entre autres priviléges les suivants : la liberté complète du culte; la faculté de choisir librement les chefs de l’administralion; l'indépendance de l'administration intérieure; l'intégrité de l’ancien terri-
toire de la Servie; la fixation invariable de la somme que la Servie doit payer comme tribut à la Porte; l'administration par les Serviens de toutes les propriétés turques qui sont en Servie; la liberté de faire le commerce dans tout l'empire ottoman avec des passe-ports serviens; la faculté d'établir des hôpitaux, des écoles et des imprimeries; l'interdiction à tous les Turcs de résider en Servie à l'exception de ceux qui font partie des garnisons qui doivent occuper certaines places fortes. Le gouvernenement pourrait être regardé actuellement comme monarchique héréditaire constitutionnel, puisque le Grand Seigneur a confirmé l'élection faite par l’assemblée nationale réunie à Kragojevaez, le 4 février 1830, d’un prince héréditaire dans la personne et dans les descendants de Milosch Obronowitsch, qui déjà depuis 14 ans dirigeait l’administration de ce pays. Une commission s’occupa depuis, par ses ordres, de la rédaction d’un code de lois, en prenant pour base celui de Napoléon; d’autres mesures furent prises pour établir des écoles, des imprimeries et des hôpitaux. Le prince Milosch, renversé du trône en 1839, a été remplacé par son second fils Michel. Le sénat administre la justice, la police et le culte d’après les lois nationales renouvelées. Le pays paye un tribut fixé, et fournit en cas ds guerre un corps particulier de 12,000 hommes.
Religion. La plupart des Serbes sont du rit grec non-uni. Fille de l’Église orientale et grecque, celle de Servie s’est pourtant donnée un chef particulier qui, selon les uns, est un patriarche résidant à Pechia, ou Ipeck, dans la haute Albanie, mais selon les meilleures autorités, est l'archevêque de Semendria.
Langue. Les Serbes, race vigouseuse et même belle, parlent un des dialectes slaves les plus doux et les plus purs; leurs chants nationaux, remplis de grâce, de naïveté, et souvent de la plus belle poésie, célèbrent leurs anciennes guerres contre les musulmans. Cette langue expressive se parle en Servie, en Esclavonie, dans une partie de la Dalmatie et de la Croatie, et dans quelque districts de la Hongrie. Il existe de fort beaux chants Serbes (épiques et lyriques) : Vouk-Stéfanovitch les a recueillis et mis en allemand. Ils ont été traduits en polonais et en français. Simples plutôt que barbares, les Serviens recherchent déjà l'instruction; ils écrivent dans leur belle langue, et comme elle est presque idendique avec celle de la Russie, ils envoient leurs enfants étudier dans les universités russes. Les femmes, douées de beaucoup de charmes, de sensibilité et d'exaltation, commencent à apprendre les arts agréables de l’Europe.
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