GRAND-DUCHÉ D'OLDENBOURG
Ce duché comprend : dans le cercle de Westphalie le duché d’Oldenbourg , les bailliages de Vechta et de Kloppenbourg (autrefois à l’évêché de Munster), le bailliage cidevant hanovrien de Wildeshausen, les seigneuries de Jever et de Varel; dans le cercle de Basse-Saxe, l'évêché d’Eutin ou la principauté de Lubeck; dans le cercle du Haut- Rhin, la principauté de Birkenfeld, jadis partie du duché de Deux-Ponts
Le petit État qui nous occupe est divisé en trois parties principales et très-inégales : le duché d’Oldenbourg et ses dépendances; la principauté de Lubeck ou plutôt d'Eutin; la principauté de Birkenfeld.
Le chef du gouvernement est le grand-duc, dont le pouvoir n’est pas limité par les états du pays : ceux-ci ne se rassemblent que pour voter l'impôt. Le prince préside le conseil suprême dans lequel on discute les affaires importantes; toutes les branches de l'administration sont soumises à un autre conseil que préside le ministre dirigeant (oberlanddrost). Un conseil de finances est chargé de tout ce qui a rapport aux revenus et aux dépenses du pays. Le nombre des employés et des fonctionnaires est très-limité : la plus sévère économie règne dans toutes les branches du service public. L’administration de la justice se compose de baillis, de magistrats, d’une chancellerie et d’une cour supérieure. Le grand-duché est divisé en districts, en bailliages et en paroisses. Le magistrat de chaque paroisse et les baillis relèvent de la justice cantonale du district; les magistrats du district jugent en première instance; la chancellerie remplace une cour d'appel ; et enfin la cour de justice, tribunal suprême, juge en dernier ressort.
Dans certaines parties seulement de cette contrée, l'Oldenbourgeois peut exercer son industrie sur les produits d'animaux domestiques. L'intérieur du pays est pauvre-en terrains propres à l’agriculture, et renferme en quantité des marais et des landes. La récolte des grains ne suffit pas à la consommation. Les forêts sont peu considérables, et le combustible se tire des tourbières. On cultive le lin, le houblon et le chanvre.
Les bêtes à laine constituent une des richesses territoriales, mais leur toison ne sert point seulement à fabriquer des draps, elle est principalement employée à une fabrication de bas tellement importante que dans les seuls cantons de Kloppenbourg et de Vechte le commerce intérieur et d'exportation de cette branche d'industrie s'élève à une valeur de plus de trois cent mille francs par an. Dans le Humling, plaine la plus élevée de tout le pays, et qui forme une lande sablonneuse assez riche cependant en végétaux pour que de nombreux troupeaux puissent y trouver leur pâture, Les habitants n'ont d’autres richesses que leurs moutons et leurs abeilles ; les premiers fournissent une laine assez grossière; mais les abeilles produisent une grande quantité de miel, gràce aux soins de leurs propriétaires. Au printemps ces paysans quittent cette lande élevée, et transportent leurs ruches au nord dans des plaines basses où l’on cultive de la navette; lorsque la récolte de cette plante est faite, ils se dirigent avec leurs ruches dans les terrains marécageux employés à la culture du blé sarrasin; ils y restent jusqu’à l’époque où les landes qu’ils ont quittées se couvrent de bruyères en fleurs. L'industrie et les mœurs de ce petit peuple nomade rappellent je plusieurs points ces iribus errantes dont nous parle la Bible.
La pêche maritime et celle des rivières est très-productive da l’'Oldenbourg ; elle oceupe et nourrit un grand nombre d'individus.
À l'égard du commerce, il est favorisé par les embouchures du Weser et de l'iadhe.
La capitale de cet État est Oldenbourg qui entretient des relations commerciales assez étendues. La population est de 6,000 individus.