ROYAUME DE HANOVRE
Le royaume de Hanovre se compose des pays suivants : dans le cercle de la Basse- Saxe, la plus grande partie de l'électorat de Hanovre, moins une partie à la droite de l'Elbe; l'évêché d'Hildesheim, la ville impériale de Goslar et le bas Eichsfeld, le bailliage de Neuengleichen et la seigneurie de Pless autrefois appartenant à la Hesse électo-
rale, etc., ete. Dans le cercle de Westphalie le reste de l'électorat de Hanovre, l'évêché d'Osnabrück, le principauté d'Ostfrise et la partie basse du comté de Lingen, autrefois à la Prusse; les bailliages ci-devant hessois de Freudenberg, Uchte et Aubourg; les pays médiats de Benthein, d'Aremberg et de Rheina-Woïlbeck
Ce royaume est, depuis 4895, divisé en six gouvernements ou préfectures, subdivisés en districts (il comprend aussi le capitanat montueux de Clausthal). Ces gouvernements sont ceux de Hanovre, Hildesheim, Lunebourg, Stade, Osnabrück, Aurick.
La couronne de Hanovre est héréditaire; ce pays est, depuis plus d’un siècle, gouverné par les souverains d'Angleterre, et régi par un vice-roi qui, dans les affaires importantes, prend les ordres du roi à Londres. D’après la constitution, ce royaume est transmissible de mâle en mâle par ordre de primogéniture ; et lorsque le sceptre d’Angleterre passe dans les mains d’une femme, celui de Hanovre est confié au plus proche parent du souverain d'Angleterre; et, en cas d’extinclion de la maison régnante, il doit passer à la maison de Brunswick. IL est tellement distinct du sceptre de la Grande- Bretagne, que l’on a vu plus d’une fois les rois d'Angleterre faire la paix avec une puissance comme rois de Hanovre, et continuer la guerre comme rois d'Angleterre.
Le gouvernement tient à la fois du régime féodal et du régime représentatif. Les élats hanovriens, composés de la noblesse, du clergé et des députés des villes, se divisent en deux chambres, qui s’assemblent annuellement dans la capitale, et y discutent les projets de lois. D’après un décret rendu en 1814, plusieurs coutumes relatives aux droits féodaux, qui avaient été abolies sous Le gouvernement français, ont été rétablies. On à de même remis en vigueur les anciennes lois et coutumes du pays jusqu'à ce qu'un nouveau code ait été rédigé. En attendant cette réforme salutaire, les juges appuient leurs décisions sur le droit romain, les constitutions de l'empire, les décrets des empereurs d'Allemagne, où les coutumes particulières des anciennes provinces. La justice est rendue par les baïlliages et les justices, par des chancelleries, des cours de première instance, et la cour suprême établie à Celle. |
Une constitution fut proclamée en 1835, et quoique le roi ne l’ait point reconnue, on peut regarder le gouvernement comme représentatif.
La propriété foncière est repartie ainsi : un sixième pour le souverain; autant pour les corporations religieuses et celles des villes; trois sixièmes pour les nobles ; et le sixième restant pour les personnes qui n’appartiennent pas à la noblesse. Quoique l’on compte plus de 600 propriétés nobiliaires, peu d’entre elles offrent des habitations seigneuriales; car, dans le hanovre vivre à la campagne quand on n'est point magistrat ou délégué du gouvernement, est regardé comme dégradant pour l’aristocratie. | |
Les villes et les villages possèdent généralement de vastes biens communaux, et les habitants jouissent de certains droits de pâturage : c’est de cet état de choses que parait résulter la grande quantité de terres en friche que l’on remarque dans ce pays. Les grands fermiers ont aussi des droits semblables, mais plus étendus. Les fermes n’ont qu'une médiocre étendue; leur contenance varie de dix à quatre-vingts acres (huit à trente hectares, environ).
Comparés aux autres fermiers de l'Allemagne, ceux du Hanovre, dit Hodgson, vivent dans l'abondance et la splendeur. « [ls mangent de la viande trois ou quatre fois par jour, et au lieu d’être vêtus de grosse laine filée par leurs femmes, ils portent de beaux habits anglais et ont l'air de gentlemen. Leurs fils partent comme officiers, el l'on dit que leurs filles lisent le journal des modes. Les propriétaires se rendent à la ville à cheval pour prendre leur café, jouer au billard, savoir les nouvelles et parler politique; chez eux ils boivent leur vin dans des verres taillés et prennent leur thé dans des tasses de
porcelaine. Leurs maisons sont toutes entourées de grands arbres et de jardins élégants ; les planchers sont couverts de tapis, et les fenêtres sont garnies de larges carreaux. Les maisons d'habitations, les granges, les étables pour le bétail, sont toutes couvertes d'un toit immense, et chaque ferme a l’air d’un palais entouré d’un parc. Les propriétaires dirigent les opérations agricoles sans travailler beaucoup eux-mêmes, et par leurs manières cordiales ils ressemblent beaucoup aux fermiers anglais. »
Le Hanovre a peu de fabriques; l'habitant se montre plutôt disposé à aller exercer une industrie quelconque en pays étranger qu’à cultiver les terres, ou à choisir un métier dans son pays. Stein évalue à 16,000 Le nombre d'individus qui s’expatrient tous les ans pour la Hollande. Le Hanovrien réussit cependant assez bien dans la fabrication du tabac, du savon, de quelques étoiles de laine, et surtout dans la manutention du fer et du cuivre. La filature et le tissage du lin occupent un grand nombre de bras. Les deux sexes s’en occupent, et l’on cite dans le district de Gelle des villageoises qui, dans l’espace de dix-neuf heures, peuvent fournir plus de 78 écheveaux de fil; mais les toiles que l’on y fabrique ne sont point à comparer à celles de la Prusse et de la Frise. Les tanneries du Hanovre ne livrent à la consommation que des cuirs d’une médiocre qualité; cependant la sellerie y est bien exécutée. Il convient encore d’ajouter que pour certains : objets de luxe, la joaillerie et la bijouterie sont plus avancées au Hanovre que dans plusieurs autres contrées européennes. 1
Hanovre, la capitale, renferme 28,000 habitants, et ressemble de loin à un jardin parsemé d’édifices et de clochers garnis de lames de cuivre. L'école normale de cette ville est un modèle en ce genre; on y procure aux deux sexes des connaissances utiles jointes à la littérature et à la morale. Ainsi des jeunes filles, dont on cultive le cœur et l'esprit, y apprennent non-seulement les arts d'agrément, mais encore à coudre, à filer, à broder, et plusieurs autres occupations utiles à des femmes destinées à diriger un jour un ménage. Les garçons, loin de n’y prendre qu’une instruction que le monde et ses distractions leur feront trop tôt oublier, y apprennent- à greffer, à lever des plans et d’autres pratiques qui, dans l’occasion, peuvent être d’un grand avantage. Dans les autres écoles on ne fait point, comme en France, pâlir les élèves pendant huit ans sur le grec et le latin; le français, l'anglais, la géométrie et la technologie font partie essentielle de l'éducation; et, dans les écoles de troisième degré, l'étude de la langue hébraïque et de l'archéologie y est considérée comme indispensable. L'institut destiné, sous le nom de Georgianum, à la jeunesse noble, est organisé militairement : quarante fils de nobles y sont admis; mais l'instruction y est donnée de manière à préparer les jeunes gens à occuper un jour avec succès les emplois civils aussi bien que les dignités militaires. Enfin la jeunesse studieuse et toutes les personnes qui s'occupent des sciences et des lettres trouvent ici de quoi se satisfaire.