‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 6 sur 146 · PRINCIPAUTÉ DE VALACHIE. — NOTIONS GÉOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

PRINCIPAUTÉ DE VALACHIE. — NOTIONS GÉOGRAPHIQUES

grecques se perdent parmi des jardins fleuris, des bosquets odorants, des promenades délicieuses. Ses rues sont droites, assez larges et presque toutes garnies, au lieu de pavé, d’un plancher en madriers, sous lequel on a creusé de larges canaux pour recevoir les immondices. Les maisons sont construites en briques, enduites de plâtre et blanchies en dehors et en dedans. Le palais, où résidait l'hospodar, vaste édifice, a été brülé en 1813 par accident; nous ignorons s’il a été rebâti depuis. Les hôtels des consuls autrichien et russe, le palais archiépiscopal, l'église métropolitaine et la tour du Kolza où Hôpital sont les bâtiments Les plus remarquables. Bukarest pourrait être regardée comme le point de partage entre la civilisation européenne et la civilisation asiatique; les mœurs et les usages de ces deux parties du monde viennent pour ainsi dire s’y confondre. Le lycée, qui comptait il y.a quelques années douze professeurs et près de trois cents étudiants; la bibliothèque publique et la société littéraire sont des établissements qui doivent être mentionnés, ainsi que la gazette en valaque qu'on y publie depuis quelque temps. L'industrie de cette ville est peu de chose eu égard à son étendue; mais en revanche le commerce y était très-considérable avant la dernière guerre, époque où l’on portait jusqu’à 80,000

le nombre de ses habitants.

Dans un rayon de quarante cinq milles on trouve : PLOyEsTI, gros bourg, remarquable par la grande foire de laine qu'on y tient; — Wazentr et KimpiNA, sur la Prachowa , par leurs douanes, leur commerce et surtout par les riches mines de sel gemme qu’on exploile à Slanikul , près du premier, et à Okna-Teleaga, près du second ; près de ce dernier, on recueille aussi du bitume qui sourd en abondance. — TerGovisr (Tergowischti) , sur la Jalowitza, dont les grandes maisons, les palais et les remparts tombent en ruines, depuis qu’elle a cessé d’être la résidence de l’hospodar; sa population, qui autrefois s'élevait à 50,000 âmes, est réduite à 5,000. — Grurcewo, place forte, sur la gauche du Danube, vis-à-vis de Routschouk, importante par son commerce et par ses fortifications qui, d’après le dernier traité, doivent être rasées. On compte 15,000 habitants.

Les autres villes les plus remarquables de la principauté sont : FoxscHANY, sur la frontière de la Moldavie, principauté à laquelle appartient une partie de cette ville, qui n’est importante que par son commerce; on accorde 4,000 habitants à la partie valaque. — Bus£o, ville épiscopale, très-déchue, avec environ 4,000 âmes. — BRAÏLOW, place forte, sur le Danube, dont les fortifications doivent être rasées; des troupes de janissaires et de spahis sortaient autrefois de ses remparts pour piller les champs et enlever les troupeaux des malheureux paysans valaques. Elle a 25,000 habitants.

A l’ouest de Bukarest on trouve : Arpiscx ou ArDsiscx (Kurtea de Ardjisch), petite ville remarquable par son monastère, dont l’église est réputée la plus belle de toute la Valachie ; la grande route qui mène au fameux défilé de la Tour Rouge (Rothe-Thurmpass) dans les Krapacks y passe, et va aboutir au magnifique chemin Carolinien, dont la construction a coûté des sommes énormes au gouvernement autrichien. — CRAJOvA, ville de médiocre étendue sur la Schiyl, mais régulièrement bâtie, et importante par son commerce et par l’industrie de ses habitants, dont on porte le nombre à près de 8,000.— IzLAS, près du confluent de l’Aluta avec le Danube, petite ville, importante par son commerce; — Rimnik, qu’il ne faut pas confondre avec une autre ville de ce nom située dans la Valachie orientale; c’est dans ses environs qu'est située OÂna Mare, gros bourg, très-important par la mine de sel gemme qu’on y exploite, et dont le produit annuel rivalise avec celui des plus riches mines de ce genre que possède l'Europe:

Gouvernement. Le pouvoir exécutif est confié aux ghospodars, et le pouvoir législatif à l’assemblée des boyards, que préside le métropolitain. Les ghospodars sont invesiis de celte dignité à vie, sauf le cas d’abdication volontaire ou de deftitution pour cause

de délits, prévus par le traité d’Andrinople entre la Porte Ottomane et la Russie. La chambre des boyards de la Valachie est composée de quarante-deux membres élus au scrutin secret par un collége de boyards; elle est présidée par le métropolitain de Bukarest. Les ministres ne peuvent point être élus députés. La première dignité de l’État après celle de ghospodar est celle de banno, titre qui appartenait jadis aux souverains de la partie de la Valachie appelée Bannat, dont Kraïova était le chef-lieu, et qui est conféré au gouverneur de ce district. Cette dignité donne à son titulaire l’entrée au conseil, c’est-à-dire au divan, tandis que son lieutenant, qui porte le titre de caimacan, le représente dans son gouvernement.

Quatre vorniks, pris dans la noblesse, sont de droit membres du divan; réunis au banno et au métropolitain, ils y remplissent les fonctions judiciaires. Deux logothètes sont encore membres du conseil; ils notifient les sentences rendues par la cour et

revêtues de la ratification du prince.

Le divan-effendi est le titre par lequel on désigne le secrétaire du conseil. hautes uns des titres que nous venons de nommer, ainsi que les suivants, ont été conservés du Saint-Empire byzantin.

Le Grand spathar commande toute la force armée : il est membre du divan. Le vestiar est le grand trésorier : il a aussi son entrée dans le conseil. Le portelnik remplit auprès du prince les fonctions de secrétaire des commandements.

Telles sont les principales charges de l'État; celles de second ordre sont les suivantes : le cloziar, qui ne remplit qu'un RAT honorifique; l’aga, qui est chargé de la police générale et municipale de Bukarest ; le comniyo ou écuyer du prince; le paharnik ou échanson ; le stolnik ou maître d’hôtel ; enfin l’harmache , qui fait exécuter les sentences criminelles. Quatre ministres, chargés de l’intérieur, de la justice, des cultes et des finances, dirigent les affaires de la principauté; un secrétaire d'État, un contrôleur général, un comité des quarantaines, et une commission des prisons CORPS l’administration.

Un code de lois, tirées de celui de Justinien et fondues avec des lois esclavones, empruntées aux Bulgares qui s’établirent en Moldavie au moyen âge, régit la Valachie et la Moldavie. La justice est administrée par des tribunaux de district qui jugent en première instance toutes les affaires civiles, criminelles et commerciales; par un tribunal rustique ou de paix dans chaque commune; par des divans d’appel dans la capitale de chacune des principautés.

Le total du revenu public est d'environ 14 à 15,000,000 de rhastress ou 5 à 5 1/2 millions de francs. Les agriculteurs payent à l'État une capitation de 50 piastres; les tsiganes appartenant à l'État en payent une de la même somme; les maziles ou petits nobles, sont soumis à une capitation moindre. Les négociants payent suivant la classe à laquelle ils appartiennent : une patente de 240 piastres dans la première classe, de 120 dans la seconde, et de 60 dans la troisième. Enfin les fabricants, les maîtres ouvriers et les apprentis sont soumis également à une taxe. |

Religion. Les habitants sont chrétiens-grecs.

- Langue. Leur langue est le valaque ou roumouni, formé du latin et du slave.

Population. D'après le recensement fait en 1839, la population de la Valachie s'élevait à environ 2,500,000 âmes.

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