‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 3)Chapitre 77 sur 146 · TYROL · texte numérisé non relu

TYROL

Le comté de Tyrol est borné au nord par la Bavière, à l’ouest par la Suisse, au sud et à l'est par le royaume lombardo-vénitien, l’fllyrie et la haute Autriche. II a en superficie environ 1456 lieues carrées, mesure de France,

Les états tyroliens se composent non-seulement de la noblesse, du clergé et des députés des villes, mais encore des paysans, quiont droit d’en faire partie. « Le Tyrolien, dit M. Frédéric Mercey, est naturellement gai, sans cependant être

léger. Dans les campagnes, au fond des bois, le long des routes, sur les places des villages et des petites bourgades, on entend pendant tout le jour les éclats de rire des hommes mêlés au chant des femmes, surtout parmi le peuple, le paysan. La classe moyenne est plus allemande; et parmi elle vous rencontrez souvent de ces physionomies longues et calmes, famant avec une sorte de gravité froide et fort comique l'énorme pipe d'écume de mer. Peut-être aussi le chapeau pointu (remplaçant la casquette plate du bourgeois tyrolien), la veste courte et les culottes, contribuent-ils à donner au campagnard un air moins grave, moins rassis et plus éveillé.

» Les femmes sont fortes , souvent jolies, quelquefois fort belles : le calcul sur la beauté m'a presque toujours donné trois sur douze. Leur costume assez éclatant varie peu. C’est une espèce d’unifornie qui ne diffère que par le bonnet et les parements. Les jeunes femmes qui ont un peu d’aisance portent volontiers quelque chaine ou quelques bijoux d’or ou d'argent. Leur gros bonnet d'ours ou de laine, leur jupon bleu ou noir, leur corsage rouge et blanc leur donnent dans la campagne , lorsqu'une procession défile, l'aspect d’un bataillon de grenadiers.

» Cependant, à Inspruck, le cône de ete qui recouvre la tête des femmes, el même celle des hommes, est tronqué. Peu d'habitants, au reste, font usage de cette plaisante coiffure, et beaucoup de femmes n’en portent pas d'autre que celle que la nalure leur a donnée. Elles mêlent toutefois aux tresses de leur chevelure de longues chaînes d'argent, et toutes sortes d'ornements de métal qui pendent quelquefois jusqu'à terre. Quant à l’ensemble du costume, il se compose communément d’un corsage qui présente d’une épaule à l’autre une ligne droite bridée, fort laide. Leur robe forme un nombre de plis incalculable, et leur donnerait assez l'apparence d’un gros sac bien rembourré, n’élait leur magnifique tournure, dont les formes rebondies et les prodigieuses dimensions défient la nature la moins avare : d'ordinaire leurs jupons arrivent au-dessous du genou. Trois couleurs dominent dans leurs vêtements, le rouge, le bleu léger et Le noir. Cependant, leur corsage et les bretelles quiles retiennent sont ornés de nuances aussi variées que pourrait le désirer Le coloriste le plus difficile. »

On compte dans le comté de Tyrol vingt et une villes, trente-deux villages et 1558 hameaux. Ces derniers sont quelquefois aussi peuplés que les villages, qui, pour la plupart, sont peu considérables.

Ixspruck ou Jnnsbruck est la ville capitale du Tyrol. Elle renferme 12 008 habitants.

M. Frédéric Mercey parle ainsi des habitants de BoTzen : fs |

.« Les costumes des Botzenoiïis et des habitants des campagnes voisines sont moins

variés que ceux des Tyroliens septentrionaux. Les gens du peuple et même les gens aisés ont gardéle long justaucorps de leurs ancêtres et le gilet de couleur sombre; ils laissent aussi tomber leurs cheveux en longues tresses sur leurs épaules, ce qui donne à leur tournure quelque chose de patriarcal.

» Le costume des femmes est surtout remarquable par une étrange abondance de jupons, tous de longueur différente. Elles en portent quelquefois jusqu’à trois ou quatre l’un sur l’autre, étagés comme les cols d’un carrick. Elles se coiffent avec un chapeau rond et noir, projelant horizontalement et dans toutes les directions de longues cornes où oreilles qui encadrent leur visage de la manière la plus ridicule et la plus désagréable.

» Aux habitudes physiques cette ville réunit quelques habitudes morales, italiennes aussi. Le sigisbéisme commence à se montrer assez fréquemment et avec peu de ménagements : mais ici, dans ces sortes de liaisons, la constance est encore plus obligatoire que dans les villes d'Italie. Changer de sigisbée ou de maîtresse, c’est faire un éclat, s'afficher, et la réputation des partenaires en serait fortement compromise.

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