ILES IONIENNES
Ces îles sont au nombre de sept principales : Corfou, Paxo, Sainte-Maure, Thiaki, et Céphalonie à l’ouest du golfe de Lépante; Zante, près de la côte occidentale de la Morée, et Cérigo, au sud-est de cette même contrée. Les autres îles moins remarquables de ce petit État sont Merlera, Fano, Samotraki, au nord-ouest de Corfou; Anti- Paxo, près et au sud-est de Paxo; Kalamo, Meganisi, à l’est de Sainte-Maure; enfin Cérigotto, au sud-est de Cérigo.
Toutes ces îles forment un État aristocratique indépendant, sous la dénomination d'États-Unis des îles loniennes, et placé sous la protection immédiate de la Grande- Bretagne, qui y entretient un lord haut commissaire, et a droit d'occuper les forteresses et d'y tenir garnison. Ce gouverneur convoque l'assemblée législative, et entretient un subdélégué sur chacune des sept îles; il est en même temps le chef de la force armée. L'assemblée législative, composée de quarante députés des îles, tient ses séances à Corfou, qui est le siége du gouvernement. L'administration est confiée au sénat, qui est composé d’un président, de cinq sénateurs et d’un secrétaire : le président est choisi par le lord haut commissaire, et nommé pour cinq ans; les autres cinq membres Le sont par l'assemblée législative.
Il y a une cour de justice supérieure à Corfou, qui est en même temps la cour d’appel des sept iles, tant au civil qu’au criminel; il y a aussi des juges de paix, et les lois romaines sont seules en usage. Les revenus de ces îles s'élèvent à environ 3,000,000 de francs, et les dépenses à 2,600,000 francs, dans lesquelles ne se trouvent pas comprises les dépenses du gouvernement anglais, qui se montent à 1,250,000 francs. Une partie de ces dépenses est affectée à l'entretien d’une force militaire de 2,400 hommes et quelques frégates; il y a en outre quelques régiments composés d’indigènes formés récemment. Corfou est la station ordinaire de la marine britannique dans ces parages.
La plupart des habitants des îles Ioniennes sont d’origine grecque : un recensement de 1814 en porte le nombre à 218,000 ; on l’évalue maintenant à 230,000, parmi lesquels on ne compte guère que 8,000 Italiens et 7,000 juifs. On y voit aussi maintenant des Anglais. Les Ioniens sont, en général, superstitieux; les femmes ont des mœurs trèsrelâchées, ce qu’on attribue à leur mauvaise éducation, et à la vie retirée à laquelle les jeunes filles sont condamnées : la tendance de certaines idées religieuses et la facilité des prêtres peuvent aussi y contribuer. IL existe peu de rapports sociaux entre les Anglais et les Ioniens, malgré les efforts des lords hauts commissaires. La langue des iles Ioniennes a été jusqu’à ces derniers temps un italien corrompu, mais maintenant le grec moderne prédomine. On y compte vingt-neuf écoles d'enseignement mutuel,
un collége, une université fondée en 18253, et quelques autres établissements d'instruction.
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