ILE ET ROY. DE SARDAIGNE
CAGLIARE « « + + + + .| CaGLiani, Quarto, Zglesias, Villacidro, Guspini. Les îles San-Antioco
avec San-Antlioco; et San-Pietro avec Carloforte, Isili, Nurri, Mandas, Busachi, Oristano, Ales, Lanusei, Villaputzu , Nuoro, Dorgali, Oliena.
SASSARIe © + + + + + | Sassari, Nulvi, Sennori, Porto de Torres, Itiri-Canedu, Osilo. L'ile Asinara, Castel-Sardo, autrefois Castel-Aragonese, Alghero, Bonorva, Villanova, Oxieri, Tempio, Terravona, Pattada. L'île Maddalena, Cuglieri, Bosa.
Les provinces sardes sont en général pauvres; il faut toutefois en excepter le territoire de l’ancienne république de Gênes. Mais il est administré avec économie. Le peuple y serait même peu chargé de contributions (puisqu'il ne paye que 16 fr. 95 c. par tête, tandis qu’en France la contribution donne 49 fr. 26 c. par individu) s’il n'était rigoureusement soumis à l’ancienne coutume, rélablie depuis la restauration, de payer la dîime au clergé. Il est vrai que plusieurs taxes, telles que celle des portes et fenêtres, celles des patentes, du timbre, de l'enregistrement et del’impôt universitaire, ont élé abolies et n’ont pointété remplacées par d’autres. Le produit des impôts directs et indirects est évalué à environ 65 millions de francs, et la dette publique à 150 millions.
Divers États sardes avaient accueilli avec joie la mise en vigueur des codes français ; mais ils ont été remplacés par les anciennes coutumes plus ou moins incertaines ou
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contradictoires qui régissaient autrefois ces pays. Les fils héritent à l'exclusion des filles. La tentative d’émigration est punie d'amende et de peines infamantes; la confiscation des biens réduit à la misère la famille du coupable de quelque crime ou de quelque délit ; les juges nommés et révoqués à volonté fixent à leur gré les frais de procédure; les grâces mêmes que le prince accorde sont payées sous le titre d'émolument royal. On a si bien organisé dans ce royaume le système de centralisation, que le gouvernement, dit un voyageur, revient suivant son bon plaisir sur la chose jugée, révoque des transactions librement consenties entre particuliers, annule des testaments, change à son gré les compétences, et délègue à des commissaires la connaissance des causes des hommes puissants ou protégés. Dans les matières criminelles, l'accusé ni le défenseur ne sont présents à l'audition des témoins; l'instruction, les débats, le jugement , tout se fait en secret, et si, malgré ces moyens accablants pour l'accusé, son innocence est reconnue, il n’est rendu à la liberté que lorsqu'il a payé les frais d’une procédure onéreuse.
Toutes les faveurs du gouvernement sont acquises aux nobles; eux seuls peuvent prétendre aux grades élevés de l’armée; ils sont exempts de toute corvée, dont les autres classes sont surchargées; ils ne sont pas justiciables des tribunaux ordinaires; un noble qui ne veut pas acquitter ses dettes obtient du roi l'autorisation de ne pas payer pendant dix ou vingt ans les intérêts de ce qu'il doit.
De pareils faits indiquent suffisamment la nature du gouvernement sarde : c’est le despotisme dans toute sa pureté. Mais il faut dire aussi que ce qui le rend supportable, c’est que les princes de la maison de Savoie se sont toujours distingués par la réunion de toutes les vertus privées. C’est à leurs lumières que les sciences et les arts doivent les encouragements qu’ils ont reçus jusque dans ces derniers temps; c’est par eux que l’instruction publique est arrivée au degré d'avancement qui la distingue; mais en favorisant tout ce qui tend à répandre les connaissances utiles dans les hautes classes de la population, on paraît avoir totalement oublié le peuple : il languit dans l'ignorance et la superstition ; les écoles primaires sont peu nombreuses et peu fréquentées.