‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents (volume 4)Chapitre 26 sur 83 · RO DE BOUSSA · texte numérisé non relu

RO DE BOUSSA

Le Maur ou Mezut est; dit-on, riche en mines d’or. Selon un voyageur more (Ebn- Bathouthah}), personne ne peut entrer dans Mali, capitale du pays, sans la permission du monarque, petit prince despotique devant lequel tous les autres nègres shumilient. « Si quelqu'un de ces nègres, dit ce voyageur, est appelé à comparaitre devant le roi, il quite sur-le-champ ses vêtements ordinaires, se revêt d'habits usés et d’un sale manleau, et parait en sa présence comme un mendiant, les vêtements retroussés jusqu’à mi-jambe ; il frappe la terre de ses deux coudes et conserve la posture d’un suppliant. Quand le roi adresse la parole à quelqu'un, celui-ci rejette ses vêtements en arrière et couvre sa tête de poussière; tant que le prince parle, tous les assistants restent la tête couverte, »

Mais ce qui, selon Ebn-Bathouthah, paraît le plus choquant dans leurs coutumes, c’est qu'ils laissent leurs enfants des deux sexes entièrement nus, de même que leurs esclaves mâles et femelles. Les femmes libres ne portent de vêtements qu'après le mariage. Enfin, la plupart de ces hommes mangent des viandes corrompues,

Les habitants du SANGHI sont mahométans et passent pour avoir atteint un certain degré de civilisation.

Le royaume de Haoussa est partagé en quatorze provinces (sept à l’est et sept à l’ouest), dont chacune est gouvernée par un prince. Zirmie, capitale du Zamfara, dans le Haoussa occidental, a pour habitants les plus fameux voleurs du pays; c’est dans celle ville que se réfugient les esclaves fugitifs de toutes les parties du pays.

Les principales divisions de la partie occidentale sont le Yaourec, le Noufé ou Nyflé, le Yarriba, le Barghou et le Gourouma. Nous donnons le costume du roi et de la reine de Boussa. |

Le costume da roi consiste en un bonnet rouge et un ample turban de même couléur; une tunique de soie damassée verte et cramoisie, un large pantalon de drap rouge et des bottines arabes. La nuance des divers vêtements, et surtout la coiffure, varie souvent.

Celui de la reine se compose d’une simple chemise de manufacture indigène, d’un morceau de cotonnade bleue attachée autour de la tête, et qui cache entièrement sa chevelure : un morceau d’étoffe semblable est jeté sur son épaule gauche, et un troisième, noué autour de la ceinture, lui descend jusqu’au milieu de la jambe. Ses pieds et ses bras sont nus jusqu’au coude; ses poignets sont ornés chacun de huit bracelets d'argent dont le moindre pèse environ un quart de livre; chacun de ses orteils est orné d'un anneau de cuivre; elle porte au cou un collier de corail et de morceaux d'or, et le cartilage de ses oreilles est percé de trous dans lesquels sont passés de petits tubes de corail.

YaouRI, capitale de la province de ce nom, est d’une étendue prodigieuse; ses murailles hautes et en très-bon état, bien que construites en terre, ont environ 8 à 10 lieues de circonférence; on y entre par huit portes, qui sont bien fortifiées à la manière du pays. Les habitants fabriquent une espèce de poudre à tirer, très-grosse et fort mauvaise, mais qui cependant est le meilleur des autres produits de cette espèce fabriqués par les indigènes. Les YAOURIENS fabriquent encore une étoffe particulière à ces contrées; ils cultivent l’indigo, le tabac, les oignons, le blé, différentes sortes de grains, et récoltent une énorme quantité de riz d’une qualité supérieure. |

Un marché assez considérable se tient chaque jour dans la ville, sous des hangars commodes, Malgré leur industrie et les avantages dont ils jouissent, les habitants de cette ville Sont pauvrement vêtus, ont peu d'argent, et se plaignent toujours de la misère.

Les Yaouriens possèdent des chevaux, des bœufs, des chèvres, etc. La résidence du sullan , de même que les maisons de la plupart des principaux habitants, est élevée

d'un étage, auquel on arrive par un lourd et disgracieux escalier en terre; mais les appartements de ce premier étage ont d'ordinaire de hauts plafonds, et leurs portes, ainsi que celles du rez-de-chaussée, ont une grandeur suffisante pour qu’il ne soit pas nécessaire de se baisser quand on passe dessous. En général, les maisons sont construites sur un plan circulaire; il y en a pourtant quelques-unes de carrées. Celles du sultan n’ont aucune forme régulière. Pour maintenir la fraicheur dans ces habitations, on humecte les planchers et les murs intérieurs, deux ou trois fois par jour, ou du moins aussi souvent que possible, avec une solution de bouse de vache et d’eau.

Entre les différents groupes d'habitations s'étendent des espaces considérables de terre, sur lesquels paissent les bestiaux, ou qui sont destinés à l’agriculture et au jardinage. Dans l'enceinte de la ville, il y a aussi une grande variété d'arbres dont les principaux sont le palmier, le micadonia, le citronnier et le dattier ; mais ce dernier, bien qu’il paraisse y pousser à merveille, n'a jamais porté de fruits.

Les femmes les plus distinguées de Yaouri portent leurs cheveux très-artistement tressés et teints en bleu, ce qui leur donne un air des plus étranges; elles se noircissent aussi le tour des yeux avec de la poudre d'antimoine, ou quelque autre drogue qui a la même propriété, et que les indigènes tirent de Jacoba. |

Dans le Haoussa oriental, les provinces ne sont pas moins importantes : on cite celles de Kachénah, Zez-Zeg, Ghoubir et Kano ou Kanou.

Jusqu'à l’époque de leur mariage, les jeunes gens des deux sexes, dans la dernière ville que nous venons de nommer, portent par décence un long tablier bleu et blanc, avec une bordure dentelée d’étoffe de laine rouge ; ils l’attachent au moyen de deux larges bandes, ornées de la même manière et qui retombent par derrière jusqu'aux talons; les jeunes filles ont des colliers de verroterie. Les deux sexes se colorent les dents et les lèvres avec les fleurs du goerjie ou du tabac, ce qui leur donne une teinte rouge de sang, fort appréciée dans ce pays; ils se teignent en bleu les bras et les jambes.

L'empire de BourNou a pour capitale Birnie ou Akumbo, qui est la résidence de l'empereur. Il comprend, outre le Bournou proprement dit, le KaNEm et le Manpara.

Les BourNouais : se donnent le nom de Kanory; ils ont le visage large, le nez gros, le front haut, la bouche très-fendue et ornée de belles dents. Leurs manières sont polies, affectueuses; leur caractère est indolent. Moins tolérants que les Arabes, ils suivent rigoureusement les préceptes de l'isilamisme qu'ils professent. Les riches Bournouais ont rarement plus de deux ou trois femmes à la fois; les pauvres n’en ont qu’une. Celles-ci se distinguent moins par la beauté que par la propreté; elles se drapent gracieusement dans une pièce d'étoffe bleue qui, attachée sur l'épaule, contourne la taille et forme une jupe ouverte par devant, et qui laisse voir une espèce de chemise de toile * blanche qu’elles portent en dessous; leur chevelure est partagée en une infinité de petites nattes qui retombent au bas du cou; un bandeau de couleur rouge orné d’une espèce de cocarde de métal ceint leur front, du milieu duquel partent en sens contraires deux chapelets à grains de cuivre ou d'argent.

M. de Seedzen ne fut pas médiocrement surpris d'apprendre que le sultan de Bournou avait plusieurs esclaves français, dont quelques-uns conservaient même leur costume européen; ils lui ont établi une fonderie de canons de bronze, dont il se sert dans ses guerres avec les nègres païens au sud de l'empire.

Le commerce de Bournou est très-actif, et on y voit constamment une multitude de négociants étrangers : les principales affaires sont faites par les Tunisiens; mais les Tripolitains, les Égyptiens, les Fezzanaiset les nègrès d’Affanoh y apportent aussi beau-

! Pour la religion des Bournous, voyez notre Histoire et Cérémonies religieuses, elc.

BOURNOUAISE.

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