AMÉRIQUE. — APERÇU GÉNÉRAL
mongole, il faudra supposer que, pendant une suite de siècles sans nombre, elle a été séparée de son tronc et soumise à la lente action d'un climat particulier. »
Après avoir parlé de l'Amérique en général, nous ferons connaître chacune de ses parties; et cette description particulière complétera les caractères généraux que nous venons d'énoncer sur cette division du globe et les peuples qui l'habitent.
AMÉRIQUE MÉRIDIONALE
L'Amérique méridionale est bornée au nord par la mer des Antilles, à Test par l'océan Atlantique, et à l'ouest par le grand Océan. Elle a environ 4,650 lieues en longueur du golfe de Maracaïbo au détroit de Magellan, et 1,250 lieues dans sa plus grande largeur du cap Saint-Roque au cap Blanc.
Ses côtes ne renferment qu'un petit nombre d'îles dont les plus grandes et les moins connues bordent la partie sud. Ses golfes sont également peu remarquables; on cite ceux de Panama, de Guayaquil et de Guaiteca, sur la côte occidentale; ceux de San- Jorge et San-Antonio, sur la côte orientale; et ceux de Paria et de Maracaïbo au nord. La principale chaîne de montagnes de cette partie de l'Amérique se rapproche de la côte baignée par le grand Océan, et ne s'en éloigne même que d'une distance peu considérable; elle part de l'isthme de Darien et se prolonge sans interruption jusqu'au cap Froward, dans le détroit de Magellan.
Cette chaîne est la fameuse cordilière des Andes, et s'élève sous l'équateur à sa plus grande hauteur. Elle se divise en plusieurs branches, dont l'une se rattache, au nord, à la Sierra de Sanla-Martha , qui suit la côte en se dirigeant, à l'est, jusque sous la ligne. Vers le 20e degré de latitude sud, la chaîne fléchit vers le sud-est, et ses rameaux de ce côté s'abaissent en plateaux qui vont rejoindre les montagnes du Brésil, lesquelles courent en plusieurs branches parallèles à la côte orientale, sous le nom de Sierra de Mangaveria, de Bom- Jardin, de Mantiqueira, de Gérai et de Tape.
Les plaines immenses qui s'étendent entre ces montagnes sont arrosées par une multitude de cours d'eau. Le principal, l'Amazone ou le Maragnon, sort des Andes et reçoit toutes les eaux qui descendent de la partie orientale de cette grande cordilière, entre 5° de latitude nord et 20° de latitude sud; il se jette dans l'océan Atlantique après un parcours de plus de 1,000 lieues. On cite encore le Rio de la Plata; l'Orénoque, qui a pour affluents le Cassiquiari, le Tocantin, qui communique avec l'Amazone par le Rio das Boncas, et le San-Francisco. Les rivières, parmi lesquelles on distingue le Rio Madalena, sont en grand nombre ; mais celles qui descendent du versant occidental des Andes n'ont pas un long cours, et ne sont en général que des torrents. Les lacs les plus importants sont le Maracaïbo au nord, le Titicaca dans l'ouest, et le Patoz sur la côte sud-est.
Cette moitié du Nouveau-Monde possède les productions minérales les plus précieuses; les montagnes renferment l'or et l'argent; le cuivre abonde dans le Chili et la Colombie; on trouve aussi dans ce dernier pays le platine et les émeraudes, tandis que le Chili a des montagnes d'aimant. Les mines de mercure ont rendu célèbre Guancavelica, dans le Pérou qui est riche en sel gemme. La pèche des perles s'exerce avec succès sur plusieurs parties des côtes.
AMÉRIQUE MÉRIDIONALE
Les productions végétales ne sont pas moins précieuses. La nourriture principale des indigènes est le manioc, et les Européens l'ont adoptée. On cultive, suivant les climats, le riz, le maïs, le froment, etc.; ainsi que la canne à sucre, le café, le cacao, le coton, le tabac et l'indigo. On y recueille aussi la vanille et les épiceries qui viennent de l'Asie, telles que la cannelle, le girofle, la muscade, et beaucoup de drogues médicinales. Les forêts donnent des bois de teinture et de marqueterie; celles des régions équatoriales se font admirer par leur vigoureuse végétation. L'arbre du quinquina croit dans une zone particulière aux environs de la ligne, mais seulement à une certaine hauteur, et ne s'approche pas des cimes des montagnes. Des palmiers gigantesques ornent les plages, et même les hauteurs de cette partie du monde. Les régions hautes de l'occident fournissent la pomme de terre; on leur doit aussi la capucine et le tournesol, et une grande quantité de plantes qui font l'ornement de nos jardins. Les bêtes fauves et les animaux les plus remarquables sont les cerfs, les lamas, les guanacos, les alpacos, les singes de diverses espèces, le jaguar, le coati, le cougouar, le tigre noir de l'Orénoque, le tapir, le pécari, les tatous, le paresseux et les fourmiliers. Quelquesuns de ces quadrupèdes se distinguent par leurs formes bizarres. De nombreux troupeaux de bœufs et de chevaux sauvages errent dans les vastes plaines de la zone tempérée. Le condor, les toucans au bec énorme, les colibris, les perroquets, dont les espèces sont très-variées, et parmi lesquels les aras se distinguent par leur grosseur et la richesse de leurs couleurs; le camichi à la voix retentissante; l'agami, remarquable par son intelligence; les hoccos et le maraïl, dont la chair est si délicate; le nandou, qui approche de la grosseur de l'autruche; le jabiru, fléau des reptiles, sont les oiseaux les plus dignes d'attention. On en voit une infinité d'autres dont le plumage est extrêmement brillant, et offre les teintes les plus belles. Les abeilles sont communes, particulièrement dans le Brésil. Les rivières et la mer sont très-poissonneuses, et les tortues fourmillent dans l'Orénoque et l'Amazone, ainsi que dans la mer. On trouve beaucoup de crocodiles dans les fleuves et les marais. Les serpents sont nombreux, et quelquesuns d'une grosseur énorme. Des lézards, des insectes, les uns incommodes, les autres curieux par leurs belles couleurs et leurs proportions gigantesques, pullulent dans les régions humides et voisines de l'équateur.