‹ Murs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récents; (volume 5)Chapitre 45 sur 89 · GAUCHO DES ENVIRONS DE BUENOS-AYRES · texte numérisé non relu

GAUCHO DES ENVIRONS DE BUENOS-AYRES

MOEURS, USAGES ET COSTUMES

de Buenos -Ayres avec une vigueur, une persévérance et une valeur admirables.

Ils ont tous les caractères physiques des Indiens de l'Amérique; leur commerce avec les Européens ne les a pas autant changés que leurs frères du nord. Les Pampas fabriquent de très-bons ponchos en laine, tissus de manière à résister aux plus fortes pluies, et ornés de dessins très-originaux. Ils font aussi, avec beaucoup d'adresse et de succès, toutes sortes d'ouvrages en peaux, comme des corbeilles, des paniers, des fouets et des brides, ces deux derniers objets sont souvent d'une élégance infinie. Ils fabriquent à l'usage des habitants de la campagne, des bottes faites de la peau des jambes de derrière d'un cheval. Ils se teignent comme les autres Indiens, mais seulement le visage. Leurs cheveux sont longs et touffus; tantôt ils sont relevés la pointe par en haut, tanlôî soutenus sur le front et autour de la tête au moyen d'un bandeau de couleur tranchante, insuffisant toutefois pour les empêcher de retomber en mèches roides sur le front et sur les épaules, ce qui produit un effet moins agréable que pittoresque. Les femmes les divisent en deux moitiés qu'elles font retomber en queue serrée sur les oreilles et sur les épaules. Elles portent des pendants d'oreilles, des colliers, des bijoux, et affectent ainsi une sorte de coquetterie, sans être beaucoup plus propres que les autres Indiennes, ni beaucoup plus réservées; on les dit même plus faciles encore. Les hommes vont presque nus à la guerre, à la chasse et chez eux, à moins que le temps ne soit froid ou qu'ils ne soient à la ville; alors ils s'enveloppent la partie inférieure du corps d'une espèce de jupon (chilipa) d'étoffe fond blanc, rayé de brun ou chargé d'ornements plus ou moins recherchés et de couleur foncée; ils se couvrent les épaules d'un poncho, qu'ils drapent en écharpe ou disposent en manteau.

Pour la chasse comme pour la guerre, les Pampas ne se servent que de bolas, de couteaux, de sabres sans gaîne et de lances de dix à douze pieds de long, dont la hampe en roseau est ornée, à son extrémité, d'une touffe de plumes d'autruche, et ornée d'un fer qui la fait vaciller sous son poids. Ils sont très-adroits à lancer les bolas, armes formidables entre leurs mains.

Les Puelches, dont M. d'Orbigny vit une famille qui habitait les environs de la Baie-Blanche, sont répandus aussi sur les bords du Rio Negro. Le vêtement d'une jeune Indienne de cette famille se compose de trois pièces d'étoffe bien distinctes, l'une fixée à la ceinture et voilant le devant du corps; une seconde attachée sous les bras descend jusqu'aux pieds, et la troisième, espèce de mante attachée avec une épingle d'argent, couvre les épaules.

C'est dans les plaines appelées pampas qu'on se livre à l'élève des bestiaux. Les maîtres bergers sont nommés Capataz ; leurs subordonnés ont reçu le nom de Guachos.

Les Capataz, de même que tous ceux à qui leur position le permet , portent une veste, des culottes ou des pantalons blancs; un chapeau, des souliers et un poncho. Quanta leurs serviteurs, ils ne se vêtissent guère que du chilipa, dont nous avons parlé plus haut. Bon nombre d'entre eux se passent de chemises. Ils se rasent très-peu souvent, et, pour cet usage, ils se servent d'un couteau. Plus ordinairement ils ont la barbe fort longue. Les femmes vont pieds nus et sont extrêmement malpropres. Leur vêtement habituel est une chemise sans manches, attachée autour de la taille au moyen d'une ceinture; rarement elles en ont une de rechange. Elles ne savent ni coudre ni filer; elles se bornent à balayer la maison, à faire le feu pour rôtir la viande, et bouillir l'eau pour le maté.

Les gens de la campagne n'ayant qu'un seul habillement, le quittent dès qu'il pleut, le placent, pour le tenir sec, sous la peau qui couvre la selle de leur cheval, et le remettent quand la pluie a cessé, par la raison, disent-ils, que leurs habits sèchent difficilement, tandis qu'il n'en est pas de même de leur peau.

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