L'Empereur (Chang-Ti, Thian-Tseu
Il. Le Conseil privé ou Cabinet (Neï-Ko).
JL, Le Conseil d'Etat (Kiun-Hi-Ta-Tchin}, choisi parmi tous ceux qui occupent des fonctions élevées, et sans aucune règle connue. IN. Le Corps d'officiers exerçant contrôle sur les familles impériales (Tsong-Jin-Fou). V. Les Six Tribunaux ou Conseils supérieurs (Lou-Pou), établis près de l’empereur à Péking, et qui sont :
4° Le Li-Pou ou Tribunal civil; 2° Le Hou-Pou ou Tribunal des finances;
© Nous renvoyons pour des détails plus nombreux sur cette matière à l'Histoire des ordres et des costunes religieux, dont nous nous occupons en ce moment.
5° Le Li-Pou ou Tribunal des rites;
Nota. De ce tribunal dépendent le Bureau des Traducteurs et Interprètes, et le Yo-Pou ou Ministère de la musique.
4 Le Ping-Pou ou Tribunal de la guerre; Nota. Les gouverneurs des provinces sont, ex officio, présidents du ministère dela guerre, et les lieutenants-gouverneurs sont vice-présidents du même ministère, 5° Le Hing-Pou ou Tribunal des peines; 6° Le Koung-Pou ou Tribunal des travaux publics.
Nota. De ce tribunal dépend le bureau pour la surintendance des rues et des routes aux environs de Péking.
VI. Autres Tribunaux et Bureaux indépendants des six Tribunaux supérieurs : 4° Le Bureau des affaires étrangères et coloniales (Li-Fan-Youan); | 2° Le Bureau des Censeurs publics (Tou-Tcha-Youan) : deux censeurs en chef, un Chinois et un Mandchou de la gauche; les gouverneurs généraux des provinces sont, ex officio, censeurs secondaires de la droite ; 5° Le Lou-Ko, classe des censeurs des ministères et bureaux de Péking; 4° Le grand Collége des Han-Lin (Han-Lin-Youan), etc.
Empereur.—A la tête de l'empire est placé le grand et souverain empereur (Ta-Hoang® Ti), le fils du ciel (Thian-Tseu), comme il est souvent nommé. Sa dignité est la seule qui ait été héréditaire en Chine jusqu’à la dynastie régnante ; encore ne l’était-elle que d'une manière pour ainsi dire élective, puisqu'elle n’était pas subordonnée à l'ordre de primogéniture, et que l’empereur régnant pouvait se choisir dans sa famille Me successeur qui lui paraissait le plus capable de bien gouverner après lui. Comme empereur, il est le représentant du ciel et de l'empire ; comme gouvernant, il este père et la mère de son peuple, commis par le ciel pour le chérir d’une tendresse par: faite; il n’a de supérieur que le ciel, la terre et ses ancêtres pour lesquels il doit avoit la plus grande vénération. IL n’est responsable de ses actions qu'aux cieux azurés ; c’est à eux qu'il adresse ses plaintes; c’est eux qu’il implore dans les grandes calamités; il promulgue leurs décrets, et il agit sous leur influence immédiate. Toute autorité, tout emploi émane de lui seul; c’est dans ses mains que réside le pouvoir exécutif; toutefois son autorité est limitée, plus encore par les écrits des anciens sages et philosophes , regardés comme sacrés depuis des milliers de siècles, que par les nombreux
contre-poids que lui opposent une foule d’autorités secondaires, et par le corps puis=
sant des lettrés qui occupent tous les emplois civils.
En théorie, la Chine à un gouvernement patriarcal; c’est le principe de la famille étendu à l'administration de tout un empire. Tous les devoirs d’un bon père de famille sont imposés à un gouverneur de province; les principaux magistrats d’un département ou d’un district doivent être aussi comme de bons pères de famille pour le peuple confié à leurs soins. 11 est bien entendu que la pratique ne répond pas toujours au principe.
Il est impossible de gouverner une nation de plus de 565 millions d'habitants comme une famille. L'empereur envoie secrètement des commissaires pour examiner la conduite des magistrats : mais ces commissaires se laissent souvent corrompre. Quiconque a des plaintes à faire, ne peut les adresser directement à l'empereur; il faut qu’il ail recours aux ministres ou aux officiers du palais : tous ces personnages étant liés d’intérêts, la requête ne parvient pas toujours, et le plaignant ne peut obtenir justice. Les hommes qui sont nommés à des emplois, les ont ordinairement achetés par des
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présents aux ministres; ils s'occupent ensuite à se rembourser de ces avances. On entend très-bien l’ert d’éluder les lois qui défendent aux agents du pouvoir de recevoir des présents. Les ordres du prince sont mal exécutés, la surveillance réciproque de ses mandataires est souvent chimérique. Quelquefois les coupables sont cassés et mis aux fers, et leurs biens sont confisqués; mais ces punitions, quoiqu'elles soient annoncées dans la gazette officielle de Péking, ne remédient pas au mal. Les brigandages ne sont suspendus que momentanément; car on a vu ces mêmes officiers disgraciés rentrer en faveur et gouverner d’autres provinces, où ils refont leur fortune. Ils sont donc bien exagérés les écrivains qui vantent les Chinois comme un peuple de sages, gouverné par des lois parfaites et par des magistrats tout humains et intègres. La vérité est qu’ils ont aussi besoin que nous d'améliorations dans leurs conditions politiques et sociales.
L'empereur a soin que ses enfants soient bien élevés. Il les fait instruire en mandchou et en tartare, et leur fait apprendre aussi les exercices militaires. Un examen auquel les plus grands personnages de l'empire sont présents, à lieu chaque année, et tous ceux qui excellent dans une de ces branches sont élevés en dignité. Gette publicité d'éducation entretient une émulation profitable parmi les jeunes princes.
Famille impériale. — A la tête du conseil pour les affaires de la famille impériale (Soung-Jin-Pou) est placé le premier personnage de l'empire après l'empereur. Les membres les plus éloignés de la famille impériale (qui est très-nombreuse) sont placés sous la garde: d'officiers d’un rang inférieur. Il y a aussi un trésor particulier pour l'entretien de ces membres; les mariages et les enterrements sont défrayés par ce trésor ; mais les sommes accordées sont très-modiques. Les parents de l'empereur ne sont pas exemptés de la bastonnade et de la dégradation. Ils peuvent être complétement dégradés par l'empereur, el mis au rang du peuple.
L'empereur, ses fils et les princes du premier ordre, portent sur leurs robes des dragons brodés qui diffèrent par le nombre de griffes.
Noblesse impériale héréditaire. — La dynastie actuelle a conféré douze titres de noblesse à des membres de la famille impériale. Cette noblesse a des degrés divers; les ainés seuls héritent du titre de leur père sous la sanction impériale; la noblesse du rang le moins élevé se continue dans sa ligne directe jusqu’à ce qu’elle soit éteinte. Les autres membres d’une famille noble, qui ne peuvent prétendre à la primogéniture, obliennent un rang de noblesse inférieur à celui que possédaient leurs parents. Les femmes de la famille impériale ont pareillement des rangs et des titres respectifs. Les règlements pour le maintien des lois héraldiques sont très-stricts. Comme aucun émolument considérable n’est attaché au rang d’un noble, et comme une naissance noble ne peut pas être un motif de préférence, cette noblesse n’est pas en grande considération.
Conseil privé ou cabinet. — Le conseil privé ou cabinet des ministres décide de toutes les affaires nationales importantes; mais la sanction impériale et l’assentiment des présidents des six tribunaux et des vice-présidents du tribunal des rites, doivent être obtenus avant de mettre ces résolutions à exécution. À la tête du conseil sont placés deux premiers ministres (Ta-Hio-Sse), lun mandchou, et l’autre chinois.
Toutes les mesures que désire prendre l’empereur sont soumises aux délibérations du conseil privé; tous les documents d'importance doivent passer dans les mains'de ses membres. Néanmoins leur pouvoir est limité; leurs délibérations ne peuvent que marcher lentement; et un seul mot de l’empereur peut casser leurs décrêts.
IL serait moralement impossible de gouverner un empire aussi vaste que l'empire chinois, si l'administration n’était pas si uniformément constituée, qu'elle n’est qu'un Pur mécanisme sans autre mouvement que celui qui lui est imprimé de la capitale.
Mais si d’un côté l’organisation du gouvernement chinois est tellement élablie que toutes les partiés se meuvent régulièrement selon la force d’impulsion qui leur est donnée, d’un autre côté les hommes de talent et d'entreprise ne trouvent pas Souvent l’occasion de se distinguer. Un usage inflexible leur prescrit les parties les plus minütieuses de leur mode d’administrer, et ils sont maltraités s’ils s'écartent de cette règle, Tribunal civil ou des fonctionnaires publies. Mode d’élévation aux emplois publics. ==Tous les emplois civils sont conférés par le tribunal des fonctionnaires publics (Li-Poü). Les premiers des membres qui le composent (qui sont deux présidents, l’un mandchou, l’autre chinois) nomment, élèvent, avancent et dégradent les fonctionnaires publics, prennent connaissance de leurs mérites et de leurs démérites, et confèrent des titres et des rangs de noblesse. Au-dessous d'eux sont un grand nombre d'employés inférieurs, formant quatre chambres, chacune desquelles est chargée d'une portion particulière des obligations précitées. Quoiqu'il soit de leur devoir de n’agir que selon des règles prescrites, cependant, dans bien des cas, le patronage et l'intrigue facilitent beaucoup l'avancement.
Les mandarins ou fonctionnaires publics sont choisis parmi les lettrés qui ont oblenu un degré à leur examen littéraire. Ce mode de nomination, qui s'applique à tousiles emplois, à beaucoup d’analogie avec les grades de bachelier et de docteur, qui sont donnés chez nous au concours, et qui sont exigés pour occuper certaines professions civiles, comme celles de médecin ou d'avocat. En Chine, il y a deux degrés littéraires qui donnent aux lettrés des titres suffisants pour être nommés mandarins : celui de Hiu-Jin (littéralement, homme recommandé et recommandable), et celui de Tsin-S$e (docteur avancé en grade). Mais tous ceux qui les ont obtenus ne sont pas immédiate ment promus. Comme chez nous, une certaine somme d'argent est aussi exigée des candidats qui obtiennent un degré, et par conséquent plus d’un lettré pauvre meurt avant d'avoir élé promu à un mandarinat. Ceux qui sont assez heureux pour en obtenir deviennent d’abord gouverneurs de district (hian) ou députés et secrétaires dans d'autres administrations. De là ils s'élèvent graduellement, non par ancienneté, mais par leurs mérites qui sont régulièrement notés par le tribunal des fonctionnaires publics. Les fils des employés distingués ont un motif particulier d’être préférés, quoiqu'ils n'aient pas encore donné de preuves de leur habileté dans la littérature. Une charge peut être aussi obtenue par achat, mais l’acheteur doit posséder les talénts qui lui donnent des titres pour remplir son emploi. Une forte somme d'argent est annuellement réalisée de cette manière par le gouvernement, et beaucoup d'hommes d'influence ont trouvé le chemin des hauts emplois par leurs richesses. d Ce sont là les trois ordres distincts de candidats dans la carrière civile. Une fois en: place, ils ont une longue carrière devant eux. Ils peuvent obtenir des congés lorsque leur santé est altérée, ou lorsqu'ils désirent visiter leurs parents âgés. Au décès de ces derniers, ils doivent se retirer pour un certain temps de leurs emplois pour pleurer sur cette perte et pour habiter près de leur tombeau. La légèreté, la cruauté, l'incapacité, les rendent impropres à conlinuer de remplir leurs fonctions, et s’ils ont con: mis quelque grande faute, ils sont destitués ou condamnés à une forte amende Mais le tribunal qui inflige les châtiments n’est pas moins libéral pour récompenser ceux qui le méritent. Un registre est tenu à cet effet, et toutes les actions dignes d'éloge sont soigneusement enregistrées. Ceux qui obtiennent quelque avancement lé doivent à leur bonne conduite, et ils ont toujours la perspective d’un avancemént plus élevé. Chaque document qu'ils rendent public est précédé d’un détail circonstancié de tous les degrés qu'ils ont déjà franchis, et du nombre de fois qu'ils ont été notés pour leur bonne conduite. Les degrés de noblesse auxquels ils peuvent prétendre
MOEURS, USAGES ET COSTUMES. ON sont àu nombre de neuf, dont six ont chacun trois subdivisions. Les plus hauts degrés sont à perpétuité, tandis que les grades inférieurs s'éleignent avec le décès du possesseur, où durent seulement un petit nombre de générations. Mais ces Litres de noblesse sont moins susceptibles d’être obtenus par les fonctionnaires civils que par les officiers militaires, dont lés actions d'éclat reçoivent celte marque de distinction. Toutefois la noblesse en Chine ne conférant aucun droit, et n'élant qu’un simple rappel de parenté, est, comme nous l'avons déjà dit, peu estimée, encore moins recherchée.
Tribunal des revenus publics où des finances (Hou-Pou).— Ge tribunal ou ministère a l'adhinistration de toutes les finances de l'empire. Pour suppléer aux besoins d'un empire aussi étendu, le trésor général et trésor provincial de chaque province constituent différents fonds. Cet arrangement, qui a de l’analogie avec notre système financier, favorise l’ordre et l'économie des transports, si longs et si lents en Chine, où certains chefs-lieux de province sont éloignés de plus de 700 lieues de la capitale.
Le gouvernement chinois lève une taxe de capitation modérée, non sur chaque individu, mais d’après la loi établie par le célèbre empereur Khang-Hi, sur un nombre spécifié d'individus. À peine la dixième partie du nombre d'individus trouvés dans les recensements qui se font tous les cinq ans par ordre du gouvernement, paye la capitation ; et ce dixième, d’après la loi, doit être composé d'individus riches qui puissent supporter cet impôt. La plus grande partie du revenu de l'empire chinois provient de l'impôt territorial payé principalement en espèces. Les arpents de terre sont taxés; les militaires et les employés civils reçoivent une certaine quantité de riz pour leur traitement; des greniers publics sont entretenus pour les approvisionnements de celte nature, et le plus grand nombre des provinces doivent envoyer à la capitale, comme nous l'avons vu précédemment, une forte quantité de ces denrées pour l'entretien de la cour et de l'armée.
Après l'impôt territorial viennent les contributions indirectes. La consommation du sel est, proportionnellement à la population, très-considérable, et le gouvernement chinois en tire un si grand revenu, que les impôts sur les exportations et les importations sont de pures bagatelles en comparaison. Le tribunal des finances à aussi la surintendance de la fonte des monnaies, qui n’est guère que de l'or et de l'argent en barres, ou de la monnaie de billon non frappée à l'effigie de l'empereur. Toutes les importations. ou exportations payent des droits d'entrée et de sortie à la douane, excepté le riz, qui, étant un objet de première nécessité, ne paye aucun droit d’importation.
La dépense publique de l'État est réglée selon l’ancienne coutume. Il y a des employés pour maintenir l'instruction publique, qui est l’objet d’une attention particulière du gouvernement. La charité publique n’est pas non plus oubliée par le gouvernement. Les domaines impériaux sont étendus, et les plus hauts rangs de la noblesse ont une portion de terre qui leur est assignée. Les militaires même possèdent des champs qu’ils cultivent pour leur entretien et celui de leurs familles. = Tribunal des rites et cérémonies (Li-Pou).—Ce tribunal, dont nous nous dispenserons d'énumérer toutes les attributions, a l'inspection sur tout ce qui concerne les rites, les cérémonies civiles et religieuses, le culte des ancêtres de la dynastie régnante, el une foule d’autres objets qui sont regardés comme d’une haute importance en Chine. C’est lui qui veille. à l'exécution dans tout l'empire d’un code d’étiquette que la nation la plus polie et la plus raffinée de l’Europe ne pourrait jamais imaginer. Ce code est tellement étendu, tellement universel, qu’il règle toutes les actions de la vie, même les plus minutieuses, et en apparence les plus indifférentes. Il prend le Chinois au berceau, el le façgonne tellement qu'il lui ôte tous les mouvements spontanés de la nature,
pour en faire un rouage obéissant, régulier, qui doit concourir à l’action du gran système d’ordre et d'harmonie qui régit l'empire. On doit convenir que sans cela, san: ce concours régulier et façonné de tous les individus à l’action administrative, le grand empire de la Chine ne pourrait pas subsister. Tribunal de la guerre (Ping-Pou).— Ce tribunal veille Sur une armée permanente de plus d’un million d'hommes. Les mandarins militaires chinois obtiennent leurs rangs de la même manière et dans le même ordre que les mandarins civils; le principe des examens et des concours leur est également appliqué. Pour obtenir un rang, ils doivent passer un certain nombre d'examens. Les hommes et les talents militaires tiennent en Chine un rang secondaire, et les honneurs ainsi que les talents littéraires y tiennent le premier rang. Les mandarins militaires sont placés sous le contrôle absolu des mandarins civils; leur paye est médiocre, et une grande partie des soldats de l’armée active se livrent à des travaux d'agriculture; c'est ce qui leur fait perdre l'esprit militaire, qui doit être constamment entretenu avec grand soin par les gouvernements pour ne pas s’allérer. C’est pour cela que l’on a l'habitude en Europe de regarder l'armée chinoise comme complétement dénuée de bravoure et très-facile à vaincre. Mais les armées stalionnées sur les frontières occidentales de la Chine, où l'esprit militaire est plus entretenu, et la cavalerie mongole, sont de bonnes troupes, Tribunal des peines (Hing-Pou), ou ministère de la justice. — C’est à ce tribunal que ressortissent toutes les affaires judiciaires; il prononce l'exécution des châtiments, les amnisties, les bannissements; il fait observer le code des lois, code brutal dans plusieurs de ses parties, mais accommodé aux mœurs du peuple. La loi autorise le plus humble sujet à recourir aux plus hautes autorités ; l'empereur lui-même donne sa décision dans les cas importants. Il faut convenir cependant que l'administration de a justice en Chine renferme de graves abus que l'on ne tolérerait pas en Europe. La plupart des crimes peuvent êlre rachetés à prix d'argent. Une personne condamnée à mort peut acheter une autre personne pour mourir à sa place. Ce fait est révoltant, el dans nos mœurs nous avons peine à croire qu'il puisse se produire. Certaines lois cruelles ou barbares n'existent que pour la forme, ou ont pour but de retenir le peuple dans le devoir par la crainte; elles sont presque entièrement sous le contrôle du juge, qui les modifie selon les circonstances. Les abus de pouvoir, les prévarications des magistrats, ne sont pas aussi à craindre qu'on pourrait le penser. L'empereur lui-même, dont la volonté arbitraire se placerait au-dessus des lois, aurait à craindre les censeurs, dont les fonctions sont de veiller sur ses actions, et qui jouissent delà plus grande liberté de lui faire des remontrances, ainsi que de parcourir les provinces dans le but d'examiner la conduite des plus hauts mandarins. | Tribunal des travaux publics (Koung-Pou).—Ce tribunal est chargé de la direclion des travaux relatifs à la confection et à l'entretien des routes et Canaux, des digues du Hoang-Ho, des bâtiments publics, des ponts qui, en Chine, sont très-nombreux et quelquefois d’une grande beauté. | Le Bureau des traducteurs (Sse-Yi-Kouan), adjoint au tribunal des rites , est composé de huit chambres. Autrefois, lorsque ce bureau fut créé, quatre-vingt-seize traducteurs y élaient altachés; mais il n’y en a plus que huit maintenant. Le Bureau des affaires étrangères et coloniales (Li-Fan-Youan) a éié établi par la dynastie tartare régnante pour les affaires de tous les États indépendants. 1» 14 Le Bureau des censeurs (Tou-Tcha-Youan) comprend les magistrats préposés à la sur veillance de l’empereur, des magistrats et du peuple. La loi veut que leur personne soit sacrée, ou du moins qu'ils ne puissent pas perdre la vie pour ce qu’ils auront eu le courage de dire à l'empereur. Cependant cette loi fut violée, dit-on, par le dernier
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Mandarin chinois.
empereur décédé, lorsque les censeurs lui indiquèrent son successeur. Malgré le peu de cas que l’empereur paraît ordinairement faire des remontrances des censeurs, Ces remontrances n’en produisent pas moins un bon effet plus ou moins éloigné; et celle institution remplace d’une certaine manière, pour la Chine, la presse libre de l'Europe.
Il y a deux présidents de ce bureau, l'un tartar et l’autre chinois, comme c'est l'habitude: ils ont quatre assistants. Les gouverneurs-généraux et les lieutenants-gouverneurs prennent tous ce titre honoraire lorsqu'ils se rendent dans leurs gouvernements respectifs.
Le grand collége des Han-Lin fut réorganisé du temps des Thang. Il est tout à la fois littéraire et politique. Tous les travaux nationaux sont dirigés par ses membres. Ge n'est pas une école ouverte pour l'éducation de la jeunesse, mais une espèce de grande académie nationale, formée des personnes les plus instruites dans tous les genres de sciences, mais surtout dans la littérature, et qui exerce une grande influence dans le gouvernement de l'État. Les membres qui la composent appartiennent au second des neuf rangs de fonctionnaires qui existent en Chine. Les descendants des deux anciens philosophes Koung-Tseu et Meng-Tseu, en sont membres exceptionnellement par droit d'hérédité.
Marques distinctives des neuf rangs. — Tous les officiers ou employés du gouvernement, nommés kouan par les Chinois et mandarins par les Européens (du portugais mandar, commander), sont divisés en neuf rangs ou classes. Cette division existe dans l'ordre civil comme dans l’ordre militaire; mais un officier militaire tenant nominalement le même rang qu’un employé civil, est cependant regardé comme son inférieur. Les neuf rangs sont divisés chacun en principaux et en secondaires. La marque distinctive est un bouton ou petit globe porté sur le bonnet officiel, et une pièce carrée de broderie portée sur le dos et sur la poitrine.
La marque distinctive du premier rang est une pierre précieuse qui n’est portée que par un petit nombre des plus hauts personnages de l'empire. Les membres secondaires du premier rang sont plus nombreux; ce sont les présidents des tribunaux ou ministères respectifs, et les censeurs. Le second rang porte un bouton rouge ou de corail en forme de fleur ; le troisième rang porte un bouton en pierre bleu foncé; le quatrième en bleu clair; le cinquième en cristal blanc, etc. Tous portent un collier à gros grains descendant jusqu’à la ceinture.
Le bonnet des mandarins est toujours recouvert d’une houppe rouge; la plume de paon que l’on y voit quelquefois attachée, est une marque d'honneur que l'empereur accorde de sa main. ,
Moniteur impérial. —Le gouvernement publie une sorte de journal ou moniteur quotidien , dans lequel il insère un grand nombre de décrets et autres documents ofiiciels, sous la forme d'instructions adressées aux magistrats où au peuple; car il est de Ja politique en Chine que l’empereur communique ainsi avec son peuple à la manière d'un père de famille. Ce Moniteur officiel est envoyé aux principaux fonctionnaires, et les gazettes provinciales, qui s'impriment dans les principales villes, copient et publient de nouveau ce qui s’y trouve contenu. Ainsi parviennent jusque dans les coins les plus reculés de l'empire les vertus éminentes et la bienfaisance intarissable de l'empereur, prouvées par le soin qu’il met à punir les mandarins du mal qu’ils font et même du bien qu'ils ne font pas. Lorsque l’empereur prend une mesure ou promulgue une loi à laquelle il peut supposer que l'opinion publique ne sera pas favorable, il déduit dans cette feuille les motifs qui ont déterminé sa résolution.
La liberté de la presse ne paraît pas inspirer la moindre crainte au gouvernement, car personne ne serait assez hardi pour imprimer et publier des réflexions sur sa
conduite et sur celle de ses principaux agents : l’auteur, imprimeur, le vendeu, et le lecteur d’un écrit satirique seraient dans le cas de recevoir tout au moins |: bastonnade. te
Armée. — Le rédacteur de l'ambassade de lord Macartney porte l’armée chinoise : un million de fantassins et à huit cent mille cavaliers. D’après Les documents officiel: elle serait de plus de 4,220,000 hommes. On sait que l’État entretient plus de cinqgeen soixante mille chevaux pour l'usage de la cavalerie et pour celui des courriers chargé: de porter dans les provinces les ordres du souverain et ceux des tribunaux.
Les soldats ont rang de citoyens. La paye des cavaliers est de six onces d'argen (45 francs) par mois, et celle des fantassins de quatre onces (30 francs). La moiliéleu est donnée en argent et l’autre en riz. Le décompte se fait tous les trois mois. En temp: de guerre ils sont défrayés de tout. ne .
Les soldats sont armés de casques en forme d’entonnoir renversé, de sabres, d'épées de piques, de mousquets, d’arcs et de flèches. Le sabre se porte à gauche, la point en avant en temps de paix, en arrière en temps de guerre. Tout militaire, quel qu'i soit, n'a le droit de porter ses armes qu’en fonction, et jamais devant l'empereur, Ceux qui sont chargés de la police se servent du fouet.
L’uniforme consiste en une longue veste et des culottes d’une étoffe de drap pique et garni de fer. Les officiers ont des casques de fer poli, garnis en or, et dont la crêu est beaucoup plus élevée que celle des soldats. Leur vêtement est bleu ou couleur de pourpre, garni en or, et leurs bottes sont de satin noir fort épais.
Le Lo, le tambour, la trompette, la conque sont les instruments militaires. Le lo esl un grand bassin d’airain que l’on tient suspendu et sur lequel on frappe avec un maille de bois. Les Chinois ont encore un autre instrument sur lequel on frappe avec. deux baguettes : il est d’un bois sonore, il est creux et a la figure d'un poisson. Gel machine est suspendue à l'entrée de la tente de tous les officiers. On frappe dessus pour obtenir audience.
Les troupes mandchoues résident près de leur général; les troupes chinoises son! réparties dans les villes, les forts et les corps de garde.
Aux nouvelles lunes on exerce les soldats; s’ils ne manœuvrent pas bien, on punil les Chinois de coups de bambou, et les Mandchous de coups de fouet.
La marine militaire se compose de jonques de guerre qui sont innombrables mais on sait combien elles sont faibles en contact avec les vaisseaux européens.
Budget. — M. Pauthier a publié l’état suivant des recettes et dépenses de l'en chinois :
RECETTES
1° Montant des impôts perçus dans les 18 EM chinoises et dans les Liang. Francs, provinces tartares réunies. . . : . 53,327,056—250,131,252 ° Valeur approximative du riz et des ditre Srainé envoyés à Pékin. . 6,546,438 47,513,271