TOTAL DES DÉPENSES
Surplus du revenu sur TA HODONRES. ul eme nn avt dt fe he iurdie nniesi 4,80,05,498 NN EEE ER 45,000,000 fr.
Nous sommes entrés dans de grands détails sur la présidence du Bengale, parce qu'elle forme la partie la plus importante et la plus riche des possessions anglaises daus l'Inde, et qu’ainsi nous pouvons nous dispenser de donner les documents statistiques des autres présidences. Nous avons hâte de visiter toutes les principautés des trois grandes divisions physiques de l’'Hindoustan.
HINDOUSTAN SEPTENTRIONAL.— Jetons d'abord un coup d'œil général sur cette redoutable barrière de granit soulevée par la main du Tout-Puissant entre l’Hindoustan et je Thibet. L'Himä-Laya, en se dégageant du haut plateau de Pouchti-Khour, se développe au sud-est, sur une longueur de plus de six cents lieues, jusqu’au massif de Kamti (voyez pages 25 et 288). Sa largeur moyenne est de plus de quatre-vingts milles anglais, et sa hauteur de vingt à vingt-huit mille pieds anglais (6,000 à 8,539 mètres) au-dessus de la surface du golfe du Bengale. C'est la plus haute chaine de montagnes qui, jusqu'ici, ait été mesurée par les Européens; mais ce ne sera que quand Îles assises orientales du Kuen-Lun, partie de la dorsale du globe estimée par les géographes chinois comme le point culminant de toute la terre, auront été touchées à léur tour, que l’on pourra définitivement affirmer que l’un ou l’autre bloc est la plus haute saillie du sphéroïde terrestre. La crête de l'Himä-Laya est généralement infranchissable pour l'homme; mais les grands fleuves de l'Hindoustan y ont pratiqué à différentes places de si larges brèches, qu’à la faveur du lit des eaux qu’elles versent pour la fertilisation de ses bases, la science a pénétré audacieusement dans ses flancs et imprimé quelquefois dans ses neiges le pas aventureux des explorateurs.
L'Himä-Laya a une face roide et verticale du côté de la plaine, c'est-à-dire vis-à-vis de lHindoustan, qui a 6,000 pieds d’élévation moyenne au-dessus du niveau de la mer. Voilà le chiffre proportionnel. Maintenant cette ligne est surmoniée de plusieurs groupes de pics, éternellement blanchis par la neige, à peu près parallèles, et séparés les uns des autres par des gorges qui semblent violemment percées dans le roc séculaire; Cesont d'énormes brèches lentement creusées par les eaux torrentueuses et aplanies Sous leur sédiment ; il en résulte que les terres planes, les esplanades manquent dans toutes les ramifications de ce système. Or, pour atteindre ce mur préliminaire de 6,000 pieds et ce soubassement de rocs dont il se protége comme d’une écharpe, l'Hindoustan entier, depuis le golfe du Bengale jusqu’à l'Himà-Laÿa, est un escalier giganlesque, et ses gradins deviennent plus étroits et plus rudes à mesure qu'on approche des masses qui forment le rideau final. Le pays des H'lokba, le Towang et le Boutan, le Sikkim, le Népal, le Gherval, le Kohestan avec le Cachemire, présentent seulement du sud-est au nord-ouest la première ondulation de la chaîne. Mais avant d'y monter, le
voyageur, dans la ville de Séharempour, par exemple, sur les bords du Gange supérieur, se trouve déjà à plus de mille pieds au-dessus du niveau de la mer. Au sortir de Séharempour et lorsqu'on pénètre dans le Deyrah-Doun (vallée de Deyrah}, on est à cinq mille pieds. C’est là que paraît la première ondulation, qu’on nomme ici Sévalik, bordant la chaîne principale dans toute sa longueur, tantôt s’élevant jusqu'au sommet de l’Himâ-Laya, tantôt séparé du monstre par des gorges intermédiaires. Leur plus grande élévation est entre le Gange et la Djemnah; à l’est du Gange, les collines Sévalik s’abaissent graduellement; à l’ouest de la Djemnah, dans le Pendjab, elles sont presque nulles. Ges collines sont dentelées en travers de leur direction , avec un précipice au sud, et une pente au nord. Les Sévalik peuvent être regardées comme les étais du deuxième étage de l’'Himâ-Laya, ou du plateau qu’on rencontre au pied du mur desix mille pieds, produit par les entassements successifs accumulés par les siècles, le ravage des torrents, les éboulements de la neige et d’autres causes naturelles, à base de la ligne des pics; on les appelle encore géographiquement le contre-fort ou les éperons de l’Himä-Laya. Ce n’est pas un plateau proprement dit, c’est un bourrelet. Ici, la somme des gradins successifs franchis, jointe aux 6,000 pieds du glacis vers tical, donne une hauteur moyenne, pour l’Himä-Laya, de 14,000 pieds. Restent enfin les pics, chaine volante, superposée, véritables frises ou clochetons de l'édifice, dont les aiguilles, généralement dénuées de neige à leur pointe, forment ordinairement là moitié de l'élévation totale.
L'Himä-Laya indien, dit Victor Jacquemont, a quelques termes de comparaison cn Europe. Il est couvert de forêts dont les arbres ont un air de famille avec ceux des forêts alpines. Ce sont des pins, des cèdres, des sycomores, diversement associés, selon la hauteur des montagnes. À sept cents mètres au-dessus de la cime du Mont- Blanc, Jacquemont a rencontré des couches coquillières, des lichens et des mousses, ces derniers anneaux de l'existence végétale, qui luttent avec les premières franges dé Ja neige éternelle de l'Himä-Laya; mais, plus bas, à 46,800 pieds au-dessus du niveau de la mer, les voyageurs téméraires ont recueilli des anémones et des campanules® à 15,000, le bouleau et le genévrier se montrent, chétifs encore; à 42,000, le chêne étale toute sa beauté consolatrice et voile de son feuillage les infirmités de cette décrépite nature. À Cachemire, le platane est colossal et la vigne gigantesque; on s'y promène sous des treilles superbes dont les ceps encore jeunes ont deux pieds de circonférence; le nénufar fleurit à la surface des eaux dormantes, et le butome, dont nous admirons l'élégance dans les humbles fossés de Paris, croît aux bords de l'ile fabuleuse où Thomas Moore a placé dans son poëme l’entrevue de Lalla-Rookh avec le roi de Boukharie. Toute cette contrée des Mille et une Nuits, où Bernier (1664), Webb (1807), Moorcroft (1819), Fraser (1814), Hodgson (1816), Gérard (1817-1820), Héber (1824-1826), Johnson (1827), Jacquemont (1836), ont pénétré, a une singulière physionomie européenne sous le rapport de la végétation. À l’est de la chaîne, bien que les travaux de l’homme s'arrêtent à 10,000 pieds, le capitaine Webb a trouvé à 13,600 pieds des champs d’orge en plein rapport, et sa tente même fut dressée au milieu d’un bosquet de rhododendron. Dans les villages seykes du Khanaver (bassin supérieur de la Setledje) dans le Thibet, les abricotiers en fleur bordaient pendant l'été de magnifiques forêts dont les sapins ont 180 pieds de haut, tandis que, sur le même niveau, dans les stations hindoues, la culture a depuis longtemps disparu. Comme la face septentrionale est généralement en pente et le front hindou taillé en précipice, il en résulte que la végétation brüle au sud, tandis qu’elle est étouffante dans le nord; mais vers le Thibet, au nord-ouest, la contrée tout entière est si élevée que le fond des vallées excède le niveau où s'arrêtent Les forêts sur les glacis méridionaux de la chaîne.
Jeune Fille des Monts Himalaya.
(Asie.)
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La végétation du sud, réduite à quelques arbrisseaux rampants, épineux, rabougris, et à quelques herbes rares et desséchées, forme çà et là des taches noirâtres au bord des torrents; les pentes des montagnes sont couvertes de débris éboulés, et l'horizon immense n'offre qu’une scène de stérilité et de désolation où l’on ne voit de toutes parts que des cimes chargées de glaces. Sur la frontière septentrionale du Khanaver, à plus de 20,000 pieds, les rayons du soleil embrasent l'atmosphère, et il gèle fortement à l'ombre. Rien ne saurait peindre l'effet de ces antithèses de température dont la chaine garde les effroyables traces.
Dans l'Himâ-Laya thibétain les vents et les brouillards dominent. Au contraire, il n'y a que deux saisons dans l'Hindoustan, l'été et les pluies, Au moment du solstice, jés cataractes périodiques de cette époque lavent dans toute sa longueur le versant du midi, malgré son éloignement du tropique; c’est alors que les plus terribles orages déchirent le flanc de ces vieux rocs ébranlés sur leurs souches, et, à la fin de mars, les hobtdbinds qui ont passé sur les âpres solitudes du Dekhan reviennent réduire les glaces del'Himä-Laya en colonnes de vapeur. Si le soleil de Bombay et de Calcutta fait sortir des exhalaisons malsaines d'un sol qui n’est qu'une boue imparfaitement séchée et remplie de cadavres d'insectes et de vers sans nombre, on imaginera facilement la foudroyante température de l'Himä-Laya indien, où, comme dans les forêts du Nahan, chef-lieu de la principauté de Sirmour, il suffit de traverser certains massifs d'arbres pour y gagner la mort. Au mois d'avril, régulièrement la mousson d'été souffle comme unvent de feu sur le Pendjab, Vous passez souvent, dit Victor Jacquemont, près des débris d'un village : c’est une hutte d'argile, semée de fragments de poterie; des tombes sont dispersées alentour. Quelquefois vous passez deux fois en un jour au {travers d'une ville considérable, dont les édifices, dont les mosquées sont encore debout, bâtie peut-être depuis moins d’un demi-siècle et qui ne compte plus un seul habitant. Il est assez singulier que cet aspect funéraire se retrouve exactement dans les déserts du nouveau monde, aux environs de Potosi et de Titicaca. On dirait que la conquête des Anglais est un fléau providentiel, comme la conquête espagnole; et si l'Hindou se drape avec moins de poésie que l'Inca sur les ruines de sa nationalité, les squelettes des deux empires se ressemblent par l'implacable lèpre de leur destruction.
Cest de l'Himä-Laya, comme d'un réservoir céleste, que jaillissent-ces masses d’eau qui sourdent parallèlement d'abord de ses glaciers, pour se réunir bientôt dans les (rois fleuves magnifiques dont le cours répand sur leurs rives une si étonnante fertilité et provoque la superstitieuse reconnaissance des Hindous : le Brahmapoutra, le Gange et l'Indus. La plus belle, la plus poétique de ces rivières, qui seraient elles-mêmes desuperbes fleuves en Europe, est la Djemnah dont les eaux jouissent également des honneurs du panthéisme. Lés sources de la Djemnah, que le docteur Johnson a visilées en 1827, sont un tabernacle vers lequel les Hindous se tournent dévotement, Comme les Musulmans vers la Caaba de la Mecque. C’est au pèlerinage de la Djemnah él du Gange que le dévot hindou songe depuis le berceau, et il est rare qu’il parvienne aumilieu de la vie sans avoir adoré les vaches consacrées des pagodes de Kursali, dans PHimä-Laya, station où les brahmanes réconfortent les pèlerins au but du voyage, en allégeant leur bourse d’une aumône. Des temples magnifiques, en bois sculpté, avec des colonnes torses, à la manière d’un grand bahut du quinzième siècle, ajoutent aux scènes grandioses de la chaîne l'effet de l'architecture orientale, et il serait diflicile Que la superstition des indigènes résistât au spectacle combiné pour subjuguer leur enthousiasme, lorsque les voyageurs de notre hémisphère contiennent à peine la surprise qu’ils éprouvent.
Nous allons maintenant parcourir les pays enclavés entre la chaine de l'Himâ-Laya et son contre-fort méridional. |
Bouran.— Ici l'Himä-Laya a été peu exploré. Le point le plus remarquable est le Dchamalari dont la hauteur est de 8,539 mètres. C’est la plus haute montagne connue. 0» la distingue des plaines du Bengale à 80 lieues de distance. Les bornes de cet ouvrage ne nous permettent pas d'ajouter de nouveaux détails à ceux que nous avons donnés sur cette contrée et sur les peuples qui l’habitent.
Sixxim. — Le Sikkim est séparé du Boutan par la Tystah, l’un des affluents du Gange. C'est un pays montueux de 500 lieues carrées. Dominé au nord par l'Himä-Laya qui prend ici le nom de Rimola, il a pour étages inférieurs et parallèles les montagnes de Mergou, de Fakfok et de Karfok; ces dernières forment ses limites au sud. La population se compose de Boutias et de Laptchas; tous professent le bouddhisme. Les premiers sont doùx et paisibles, cultivent la terre et soignent leurs bestiaux; les autres sont des montagnards rudes et grossiers. La rajah réside à Sikkim, place forte, située dans les montagnes sur la rive droite du Djami-Kouma, affluent de la Tystah. Lorsque les Chinois envahirent le Népâl en 1792, le rajah de Sikkim chercha leur protection, et admit une garnison chinoise dans sa capitale. Pendant la guerre entre le Népâl et les Anglais, en 1816, il fut pris sous la protection de ces derniers.
Népa.— Le Conki séparele Sikkim du Népâl, dont la limite occidentale est la Gogra, le Kosi et le Gondok, affluents du Gange. Le Népäl a 200 lieues de longueur sur 45 de largeur. Ge pays est couvert de montagnes séparées par de profondes vallées et des cendant en quelque sorte par degrés depuis les cimes de l'Himä-Laya, revêtues-de neiges éternelles, jusqu'au niveau des plaines de l’Hindoustan. Le plus haut picde cette partie de l’'Himä-Laya est le Djavalagiri dont l'altitude est de 8,522 mètres. Ondit qu'au commencement de 1825, un volcan a fait irruption sur le sommet de celte montagne. Les pics aigus de l'Himä-Laya sont distingués au Népâl par le terme de Himä-Tchouli (pointe neigeuse), tandis que les sommets arrondis, plus communs, Sont nommés Tamkou. Il ÿ a peu d’interruptions dans cette partie de l’'Himä-Laya, et l'on dit même qu'elle est insurmontable. Les rivières qui ont leurs sources dans le Thibet éblé traversent, coulent au milieu de précipices si considérables et dans des fissures“si étroites qu'elles sont généralement impraticables. La plus large est celle de l’Arun, branche principale du Kosi.
La partie qui borde immédiatement le territoire britannique est le Terrayana: Quoique assez fertile, ce canton, large de sept lieues, est presque entièrement couvert de forêts, parce que sa position l’exposait à des invasions et à des dévastations conti nuelles ; mais l’insalubrité de l’air y a fait éprouver des pertes énormes aux armées qui l'ont envahi; les anciens souverains de l'Hindoustan avaient jugé prudent de le laisser dans la possession des montagnards, parce qu’il serait très-difficile de le préserver de leurs incursions.
La région supérieure au Terrayana a presque la même largeur; les coteaux y sont nombreux, et deviennent plus hauts vers le nord; des ruisseaux innombrables arrosent ce territoire, sur lequel s'étend une forêt presque continue, où l’on trouve à peu près les mêmes arbres que ceux de l’Hindoustan; mais le pin est fréquent dans le Nord. Ces bois sont animés par la présence de perroquets, de perruches et d’autres oiseaux imilant la voix humaine. La chasse aux éléphants y est fort productive : dans le seul canton de Tarray, on en prend annuellement plus de trois cents. Ces forêts recèlent aussi des rhinocéros, des tigres, des léopards. Une partie des vallées larges, nommées Dans, est défrichée; mais en général la culture y est négligée, ce qui est peut-être dû à l'insalubrité de l'air, et doit aussi contribuer à l’augmenter.
Au-dessus de ces coteaux boisés s’élève la région montagneuse composée d’une multitude de chaines irrégulières, coupées de vallées profondes et excessivement étroites. La plus considérable est celle du Népâl propre; son aspect a fait conjecturer aux observateurs qu'elle est le fond d’un ancien lac qui a graduellement tari; les traditions mythologiques du pays sont d'accord avec cette supposition.
Ces vallées, quoique basses en comparaison des masses de montagnes qui les dominent, sont d'une élévation très-considérable. D'après un calcul de Hamilton, celle du Népâl a 4,000 pieds d'altitude. Leur climat est celui de l'Europe méridionale, et, comme elles sont bien arrosées, elles produisent, quand elles sont bien cultivées, d'abondantes récoltes de grains; les forêts sont remplies d'arbres magnifiques. Les vicissitudes fréquentes du froid, de la chaleur et de l'humidité, empêchent les fruits de parvenir à leur maturité complète, excepté les ananas et les oranges qui sont exquis.
On a supposé que le Népäl avait des mines d’or, et cette idée a, dit-on, occasionné plusieurs guerres entreprises contre ce pays. Il paraît qu’elle était due entièrement à ceque l'or venait du Thibet par le Népäl pour arriver dans l’Inde; on y trouve simplement des paillettes de ce métal dans le sable de quelques rivières; les minerais de plomb contiennent assez fréquemment de l'argent, mais les Népälis ne sont pas assez habiles pour l’en séparer; ils exploitent les mines de cuivre et de fer qui sont trèsriches; le gouvernement ne permet de travailler qu’à deux de celles de plomb. On ne s'occupe pas des soufrières qui sont très-nombreuses, parce qu'il s’en dégage des vapeurs arsenicales. La vallée du Népâl ne contient pas une seule pierre, n'étant composée que de terrain d'alluvion. Les montagnes des environs offrent des matériaux excellents pour la bâtisse, mais la difficulté des transports fait recourir à l'usage des briques. |
Au-dessus des montagnes qui forment le cœur de tout le Népâl s'élève le Katihar, région alpine dont la largeur moyenne du nord au sud est de neuf lieues. Elle consiste principalement en rochers immenses coupés par d’affreux précipices et surmontés de pics digus qui, partout où ils ne sont pas perpendiculaires, se revêtent de neiges éternelles. Toutefois les ravins profonds qui les séparent offrent des pâturages et peuvent même être cultivés, jusqu’au point où ils s’approchent des faites des Himä-Laya où règne un hiver perpétuel.
La population du Népäl, que l’on évalue à 2,000,000 d'âmes, se compose de deux peuples principaux, savoir les Niouars et les Parbattiyas; les premiers, hommes pai- Sibles et laborieux, s’occupant surtout de l’agriculture et du commerce, et annonçant par leur physionomie et leur idiome qu’ils se rapprochent des Boutias, sont regardés comme les habitants primitifs. Les Mayars occupent les montagnes de l'Ouest, ancien domaine des Gorkhàs; celles de l'Est ont des cantons habités par diverses tribus, entre autres les Kiratas et les Boutias. Tous ces montagnards, qui forment la masse de la population, professent le bouddhisme, mais altéré par beaucoup de superstitions étrangères à cette religion. |
L'idiome et les traits des Parbattiyas montrent que ce peuple est venu de l'Hindoustan:; ils ont amené avec eux le brahmanisme et la division des castes. Les voyageurs disent qu’ils sont dissimulés, perfides, orgueilleux , cruels envers leurs inférieurs, rampants envers les puissants. Extrêmement adonnés aux plaisirs des sens, ils passent la nuit à boire et à danser. Très-scrupuleux observateurs des pratiques extérieures de la religion, ils n’en sont pas moins vindicatifs, et le grand coutelas qu'ils portent à la . ceinture facilite les assassinats. Ceux des castes supérieures enferment leurs femmes et exigent qu'elles se brülent avec le corps de leurs maris défunts. On dit que celles-ci
n’obtempèrent pas fréquemment à cette injonction. Toutefois ces affreux sacrifices sont plus communs au Népäl qu’au Bengale.
Ces peuples sont robustes et courageux : la plupart n’ont pour vêtement qu'un seul morceau de Loile, et se baignent souvent; ils se rasent la tête et même les sourcils, portent des pendants d’ AteilRe et regardent comme une parure très-élégante de petits tuyaux de bambou descendant jusqu'aux épaules. Leurs maisons sont construites en planches, dont les parois intérieures sont couvertes de peintures et de sculptures; leurs ustensiles de cuisine sont en cuivre. Ils sont en général très-adonnés aux jeux scéniques, à la divination, à l'astrologie et à la magie.
La capitale est Catmandou, sur la rive orientale du Bogmotly : elle a un mille de long sur un demi-mille de large. On fait dériver son nom de la multiplicité de ses temples en bois; ce sont en effet les objets qui frappent davantage la vue; du reste, ils ne sont pas moins nombreux hors de la capitale que dans son enceinte; quelques-uns sont très-hauts et très-grands. Catmandou renferme aussi plusieurs temples en briques avec deux, trois ou quatre rangs de toits qui diminuent graduellement à mesure qu'ils s'élèvent, et se terminent généralement par une pointe qui de même que le toit supérieur est dorée, d’où il résulte un effet pittoresque et agréable.
Les maisons sont en briques avec des toits saillants en tuiles; elles ont souvent des balcons en bois sculpté; elles sont à deux, trois, quatre étages, et presque toutesde chétif aspect; même le palais du rajah n’a pas grande apparence; les rues sont trèsétroites et très-sales.
Le rajah est un Parbattiya; il exerce un pouvoir absolu; on pense que ses revenus sont de 13,200,000 fr. IL entretient une armée de 17,000 hommes. L’étendard de guerre est de couleur jaune et offre la figure de Hanimän, singe gigantesque, et demi-dieude Ja mythologie hindoue. L'entretien de l’armée s'effectue en grande partie par le pro= duit des terres assignées à chaque corps. La maharani ou l'épouse du rajah est escortée, quand elle sort, par un escadron de femmes à cheval armées de sabres et habillées’en hommes,
Depuis 1816, un traité de commerce a été conclu entre le rajah du Népäl etda Compagnie anglaise qui a un résident à Catmandou ; mais dans leurs rapports poli tiques ils s’observent et se craignent réciproquement,
GHERvAL.— Le Gherval est entre le Kali à l’est et la Djemnah à l’ouest, Sa longueur'est de 70 lieues et sa largeur de 35. La rivière de Kaly-Ganga jusqu’à son confluent avec VAlacananda, et le cours de celui-ci grossi des eaux du Baghirati qui vient de l'ouest, séparent ce pays en deux parties, le Kémaoun et le Gherval proprement dit: Le chef-lieu de Kémaoun est Almora, et celui du Gherval, Sérinagor! Ce sont les eaux réunies de ces trois rivières qui forment le Gange.
Les Anglais, après avoir expulsé en 1815 les Gorkhäs du Gherval, ont réunie Kémaoun à la présidence du Bengale et rendu l’autre partie au rajah du pays qui réside à Barahât sur les rives du Baghirati, et que les Anglais ont pris naturellement sous leur protection. Près de cette ville on voit dans un temple un grand trident d’airain portant une inscription qu'aucun voyageur n’a pu lire. Les habitants ignorent quand et comment il a été apporté.
Cette partie de l'Himä-Laya est celle que les voyageurs européens ont le plus visitée: Depuis 1816 plus 229 pics y ont été mesurés; le plus élevé, le Djavahir, a 4,026 toises; le Serga-Rouenir 3,581; le Saint-Patrice 3,364; le Saint-Georges 3,542. Beaucoup d’autres dépassent 3,000 toises. Les cols par lesquels on à franchi la chaîne ont jusqu'à 2,565 toises d'altitude. En 1855, le docteur Falconer de Séharempour s’est élevé à 2,080 pieds au-dessus de la limite où ont atteint tous les voyageurs qui l'ont précédé: