‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récentsChapitre 46 sur 78 · ASIE. — TARTARIE INDÉPENDANTE · texte numérisé non relu

ASIE. — TARTARIE INDÉPENDANTE

ont de vastes päturages. La populalion qui est d'environ 1,300,000 habitants, en y comprenant tous les petits Kkhanats tributaires, est adonnée au commerce et à lindustrie, et jouit de plus d’aisance que les populations de l'Afghanistan.

Entre les deux grands fleuves qui coulent vers la mer d’Aral, s'étendent de petites chaînes de montagnes peu élevées. Toute cette contrée est cependant très-froide pendant quatre à cinq mois, el se couvre d’une neige épaisse; mais les chaleurs, danses plaines, sont excessives, et la culture serait impossible en beaucoup d’endroits,si l'industrie des paysans n’avait multiplié le nombre des canaux.

Les Boukhares sont tous cavaliers, et le khan, en cas de guerre, peul réunir un corps de 25 à 30,000 hommes. Ces cavaliers sont fort bien montés. Leur armement consiste en une lance, un sabre, quelquefois un mousquet. Les chefs seuls ont des pistolets. Les armes blanches viennent de Perse; celles à feu, de Russie.

Le commerce est fort étendu. Les Boukhares l’entendent parfaitement, et poussent leurs opérations jusque dans l'Inde et dans la Chine. Quant à l'industrie, elle est flortssante et fait chaque jour de nouveaux progrès.

Les khanats tributaires de Boukhara sont ceux de Cherselz, de Hissar, d’Ankoï, de Meïmameh, de Balkh, de Khoulm, l’un des plus puissants, de Khoundouz, de Talikan, de Badakhchan, de Dervazeh, de Koulab, d’Abi-Gherm, de Ramid.

Boukhara, grande et riche ville, sur un canal dérivé du Zer-Afchan. Les foires de Boukhara ont une grande importance, et il y afllue des marchands des contrées des plus éloignées. Les campagnes environnantes, couvertes de jardins plantés d'arbres élevés; dans la ville, des dômes, des minarets, des mosquées, des palais, des médressés ou colléges, des canaux bordés d'arbres, tout concourt à frapper et réjouir la vüe: Mais cet aspect est trompeur; l’intérieur de la ville ne répond pas à cet ensemble, et malgré le mouvement du commerce, on ne rencontre que des visages préoccupés et qui respirent la défiance. Le palais du khan est une forteresse ceinte d’un mur, Sûr une éminence. Population, 80,000 habitants.

Samarcande, ville autrefois florissante et célèbre, n’a plus que 50,000 habitants: Cette ancienne capitale de Tamerlan renferme un magnifique mausolée surmonté d'une immense coupole, où reposent les cendres de ce conquérant. Samarcande a de superbes mosquées, de vastes médressés en marbre blanc, aujourd’hui presque déserts: On y fabrique du papier de soie, des éloffes de soie et de coton. Les environs sont riants et assez bien cultivés.

Les autres villes considérables de la Boukharie sont Chersebz, Hissar, Ankoï, Meïmend, Khoulm, qui a 45,000 habitants, Talikan, Feizabad, dans le khanat de Badak= chan, qui a de riches mines de rubis, Dervazeh, dont le chef prétend descendre d'Alexandre, et qui est reconnu comme tel par ses voisins.

Le pays de Ghallcha, habité par de pauvres monlagnards, gouvernés par de petits chefs, tous indépendants, n'offre que peu d'intérêt. A

Dans la partie supérieure du bassin de l’Indus, sont d’autres populations indépen* dantes. Elles sont idolâtres. Ces peuples sont remarquables par leur beauté et leur force. Leurs mœurs sont peu connues; mais Lout porte à croire que les Kaferistans sont pacifiques, parce que, protégés par leurs montagnes, ils n’ont jamais attaqué leurs voisins.

Le Khanat de Khokand, qui a deux khans tributaires, est très-étendu et puissant: Les habitants, au nombre de 900,000, sont presque Lous nomades, et, de même que les Boukhares, ils sont mahométans sunnites, mais beaucoup moins fanatiques et into» lérants que les Turcs. Khokhan, la capitale, est sur un affluent du Syr-Daria, et à peu de distance de ce fleuve. Khokhan est une place commerçante et industrieuse, qui

MERCIER sc

Bokhara.-—Usbeks.

{ Asie.)

\‘un vaste château fort, résidence du khan, de grands bazars et 70,000 habitants.

La Grande-Horde ou pays des Khirgiz est une vaste contrée, qui, des bords de la mer Gaspienne et de l’Aral, s'étend jusqu’au lac Issi-Koul et aux frontières de la Tartarie “hinoise. Les Khirgiz sont nomades, grands voleurs, vivant sous le gouvernement d’une foule de petits chefs qui ne se placent sous la protection de la Russie que pour en obtenir des présents. Leur territoire, coupé de montagnes peu élevées, n’est point cultivé; mais il y a d'excellents pâturages, et ces peuples possèdent de riches troupeaux. Quelques Khirgiz se disent mahométans, la plupart sont idolâtres. Sans être laids comme les Kalmouks, ils sont beaucoup moins beaux que les Boukhares, dont ils m'ont point non.plus la propreté. Leur pays serait susceptible d’une bonne culture, étant naturellement assez fertile et bien arrosé. Les collines sont argileuses et, dans les plaines arides, le sol est mouvant et sablonneux. On rencontre dans ces solitudes plusieurs lacs salés de peu d’étendue. La surface du sol, loin des rivières, est saturée denitre. Quelques hordes de Khirgiz, les plus misérables, ou celles qui sont pillées parles Khiviens, vivent du produit de la pêche ou de la chasse, et vendent quelques fourrures dans le Boukhara, où elles reçoivent en échange de la farine et d’autres denrées.

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