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KONÉH APE ONE * Ak-Cheher.
Ak-Seraï, Nikdéh.
Kircheher.
Kaisariéh.
LV KOMER PP) MPPUIQUME,
Vas MaARACH NS RNA Marach ts ME Aïntab.
Kars.
Semisat,
Malatia.
VILSADANAP ONE SE CENT AIT E A ÉTÉ NA EE AU EX LA 2. Alaïe.
Nous commencerons la description des principaux lieux de la contrée que nous visitons en partant des bords du violent Ttharouk , rivière de 70 lieues de parcours. De ce côté, la première ville remarquable est Risém ou Irisén (autrement IrtzA), l’antique Rhisœum, que l’on dit importante, mais qui, dit M. Fontanier, n’est qu’une petite bourgade de 4,000 âmes, dont les habitations entourées d’arbres sont disséminées dans la campagne ?.
Le bourg d'Or ou d'Our est situé sur une montagne inaccessible; le commerce y est assez actif.
Un autre bourg, SOURMENI ou SOURMENEH, exporte du vin, de l'huile et d’autrés produits du sol, ainsi que ceux de la pêche qui y est abondante. On comple 2,000 habitants; les maisons sont pelites, basses, construites en pierre et entourées de murs assez épais pour que l’on puisse les défendre aisément; elles ont ordinaire-
* Achorok, Tchorokhi ou Batoumi; c’est l'Akampsis d’Arrien et l’Absarus de Ptolémée.
* Cest sur ce territoire que demeurent les Lazes ou Laziens, nom qui dans la langue turque veut dire les marins, Cette peuplade, qui peut être un reste des anciens Lazi qui au temps des Byzantins étaient établis en Colchide, est presque entièrement indépendante, è
ment un enclos ensemencé de maïs: La côle est bordée de montagnes calcaires ; celle sur laquelle est placée la bourgade a des couches de 15 pieds d'épaisseur; elle est de couleur noirâtre et d'apparence schisteuse. Le bétail nourri dans les pâturages qui éouvrent ces montagnes est remarquable par sa petitesse : les bœufs ne sont pas plus gros que les ânes de l’Europe. Les fruits des noisetiers et des figuiers qui y abondent forment une branche d'exportation. La nourriture des habitants consiste en gâteaux de maïs, cuits sous la cendre, et qui leur paraissent délicieux, quoiqu’en réalité ils Soient inférieurs au pain de seigle noir et mal cuit que l’on vend dans le bazar. Les boutiques, dit Fonlanier, sont mal fournies et tenues, pour la plupart, par des Grecs qui vendent du drap, des cotonnades, du tabac et des épiceries. Chacun de ces marchands a un fusil chargé auprès de lui, et les fréquentes alertes, causées par quelque irruption des villages voisins, l'obligent souvent à s’en servir. Mais lorsqu'il n'est question que de querelles locales, ils n’osent, en leur qualité de chrétiens, faire üsage de leurs armes, et jugent prudent de les laisser terminer par le bâton.
… TRÉBIZONDE ’, ville qui acquit quelque célébrité lorsqu'une branche des Comnènes fonda dans l'Asie Mineure un nouvel empire, dont elle devint la capitale, Cet empire partagea les destinées de celui de Constantinople, et fut enlevé aux Comnènes en 1452 par Mahomet IL. Trébizonde, quoique déchue, a encore de l'importance. Elle est fortifiée. Le port est assez fréquenté, et le principal commerce se fait en cuivre et en ésclaves, mais elle exporte encore du chanvre, des toiles, des cordages, des filets à pêcher, du tabac, de la cire, des étoffes, des fruits secs et un peu de vin. Le climat est délicieux et les environs charmants. La population est évaluée à 30,000 habitants, parmi lesquels on remarque 7 à 800 chrétiens grecs, arméniens et catholiques, qui habitent un quartier séparé sur le penchant d'une colline qui s’avance vers la mer. En général, les maisons sont basses, construites en grosses pierres, et communiquent éntre elles par des passages secrets pratiqués pour favoriser la fuite des propriétaires allaqués par quelque particulier puissant ?. Quelques monuments grecs du Bas-Empire sont épars çà et à dans cette ville. Hors de son enceinte, dans la partie occidentale, on voit l'église de Sainte-Sophie, monument grec de forme circulaire qui parait remonter au temps de Justinien; le pavé est une mosaïque et le dôme est posé sur quatre colonnes en marbre; une partie de l'édifice a été convertie en mosquée depuis 1161. A l'est se trouve une chapelle qui, dit-on, fut jadis un temple d’Apollon ; le plan
en est octogone; les peintures sur stuc qui la décoraient ont été détruites par les Turcs. Cette ville compte 18 mosquées, plusieurs petites chapelles grecques et des bains en marbre, la plupart de construction grecque, el tous remarquables par l'élégance de Jeur architecture. Les rues sont étroites et garnies de trottoirs pavés. Dans tous les environs, les pics élevés sont couverts de couvents grecs et arméniens.
‘PRAsoz et KerrsouN partagent le commerce de Trébizonde; leurs territoires fouruissent un peu de soie. La dernière de ces deux villes, assise sur un roc dominé par un château en ruine, occupe l'emplacement de Cerasus; son enceinte, formée par le mur antique, renferme 700 maisons.
A l'ouest de celui de Trébizonde est situé le pachalik de Srvas ou de*Roum, qui a 450 lieues de longueur sur 60 de largeur. L'Anti-Taurus le traverse; ses montagnes
: Nommée Tarabosan par les Turcs. C’est l’ancienne Trapezus, colonie des Grecs de Sinope.
2 Pour comprendre l'utilité de ces passages secrets, il faut savoir que non-seulement l'autorité du pacha est souvent compromise par des révoltes partielles ou générales, mais que beaucoup de particuliers se font aussi la guerre; que plusieurs maisons sont de véritables forteresses, et que souvent on n'entend, pendant plusieurs jours de suite, que des coups de fusil tirés d’une maison à l’autre,
sont boisées; les principales rivières qui l’arrosent sont le Kizil-Ermak, le Keouïlou- Hissar et le Thermeh. Le climat est sain, Le sol fertile; les richesses métallurgiques sont variées et les habitants se distinguent par leur industrie, Ceux qui habitent Ouxrén ou Eunién (l’ancienne Ænoe) se livrent, par suite de la stérilité du territoire, à un cabotage actif avec les ports russes et les côtes des Abases.
Le petit bourg nommé Samsoun était autrefois Amisus, l'une des résidences de Mithridate : sa position au milieu de jardins et de bosquets d'oliviers le rend fort agréable; son enceinte, formée d’une vieille muraille en ruine, contient 2,000 habitants. Samsoun a une rade par où l’on exporte les cuivres de Tokat, les soies, les fruits, et les toiles d'Amasieh.
AMASEA, Amusia où AmAstER, patrie de Strabon, est une ville de 50,000 habitants, dont 14,000 Arméniens, quelques Grecs et 500 juifs. Elle est située entre des rochers escarpés et renferme 10,000 maisons ; les jardins qui en dépendent s'étendent au loin hors de son enceinte; les murs de la citadelle inférieure dont parle Strabon sont encore debout en partie, mais les maisons construiles sur cette citadelle n’existent plus. Près d’une fontaine d'ancienne construction, au sommet de la ville, on voit les. restes d’un temple antique. L'Fechil-Ermak est traversé par deux ponts élégants. L'intérieur renferme une ancienne église, changée en mosquée, mais qui, dès que la peste étend trop ses ravages, est rendue au culte catholique par les Grecs superstitieux. La mosquée construite par Bajazet ou Bayazid est le plus beau monument moderne de cette cité qui offre dans ses environs de superbes ruines, parmi lesquelles se trouvent des grottes antiques taillées dans une roche calcaire-marbre et dont la plus belle a-reçu le nom de Tueh-Ain (pierre-miroir), parce que les parois en sont polies. Amasea fait un commerce aclif; les environs produisent d'excellents fruits, de bon vin; et la récolte de la soie donne un revenu annuel d'environ 2,000,000 de piastres.
Toxar ou TokarTe (l’ancienne Berisa), sur un bras du Kizil-Ermak, s'élève, dans une vallée, en forme d’amphithéâtre. Entourée de vergers et de vignobles, cette ville offre un aspect européen par ses rues bien pavées et ses bâtiments à deux étages; une fontaine est attenante à chaque maison. Le commerce est très-important. On y fabrique des maroquins bleus, des étoffes de soie;-de la vaisselle de cuivre et des toiles peintes. Tokat, ainsi qu'Amasia, a un évêque arménien; sa population est de 90,000 habitants, parmi lesquels se trouvent 5,000 Arméniens et 2,500 catholiques. Cette ville est un point central pour la formation des caravanes; on la regarde comme l’entrepôt de Smyrne.
Nous ne citerons le bourg de ZiLen (anciennement Zelu), construit, comme plusieurs villes du Pont, sur une colline artificielle, que parce que c’est près de ce lieu que César défit Pharnace, fils et successeur de Mithridate.
Barra, dans Le sandjak de Djanik, sur la rive droite et à 5 lieues de l’embouchure du Kizil-Ermak, est une ville de 2,000 âmes, où l’on voit un beau pont, deux mosquées et des bazars bien pourvus.
Marsivan *, dix à douze fois plus peuplée, renferme une belle église, devenue aujourd’huisune mosquée, Son importance est due en partie à ses riches mines de cuivre. " ;
OsuanpuK, sur la rive droite du Kizil-Ermak, est dominée par une citadelle et entourée de vieux murs et de fortifications ruinées. Cette petite ville, que l’on croit être l’ancienne Pimolis, offre un beau pont en pierres bâti par Bajazet,
" C’est l’ancienne Euchaïtes, qui fut surnommée Théodoropolis par l'empereur Jean Zimiscès, en commémoration d’une victoire qu’il remporta sur le roi des Bulgares, le jour de saint Théodore,
Tenouroun, autrefois Tavium, est le chef-lieu d'un sandjak qui comprend l'ancienne Galatie orientale.
Ousxar ou louzenar, ville d'environ 18,000 âmes, entourée d’un mur en terre eten briques euites, est le chef-lieu d’un autre sandjak. On y remarque une mosquée construite en pierres sur le modèle de Sainte-Sophie à Constantinople, et le palais de Tchapan-Ouglou, chef qui se rendit célèbre et se déclara indépendant; c'est à ce gouverneur, mort dans ces derniers temps, que la ville doit sa prospérité. On exploite, dans les environs, quelques mines de plomb.
Nixsar, grande ville bâtie en bois, a 10,000 habitants et un évêque grec; c’est l’antique citée de Neo-Cesarea.
Srvas, chef-lieu du pachalik que nous parcourons, passe pour être l'ancienne Cabira qui, en l'honneur d’Auguste, fut appelée Sebaste (nom qui, en grec, signifie Auguste). Cette ville, -assez importante, est la résidence du pacha et d'un évêque arménien. Les rues sont étroites el tortueuses; les maisons bâties en terre sont portées au nombre de mille, ce qui annoncerait une population de 6 à 8,000 âmes. On y voit les ruines d’une citadelle qui paraît avoir été bâtie par les Grecs, et des restes de fortifications qui règnent encore sur les trois quarts de sa circonférence. Les bains publics sont d’une architecture élégante, mais ses deux plus beaux monuments sont une ancienne mosquée dont l’entrée est murée, et un vaste caravansérail, tous deux en marbre.
Devriemr, que l’on eroit être l’ancienne Nicopolis, fondée par Pompée pendant la guerre qu’il fit contre Mithridate, est une petite ville située à 50 lieues à l’est de Sivas.
ARABKIR, l’ancienne Arabrace, est au sud de cette dernière.
L’Anatolie proprement'dite, qui forme un vaste gouvernement auquel les Tures donnent le nom d’Anadoli, se trouve à l’ouest du pachalik de Sivas.
Kasramounr, dans l’intendance ou le mousselimat de ce nom, renferme environ 14,000 habitants, parmi lesquels on compte 40 familles arméniennes. Cette ville, autrefois très-florissante, n’a, de nos jours, qu’une médiocre importance.
Tasu-Kowerou ou Taca-Koupry est un petit bourg sur le territoire duquel on a retrouvé Pompéiopolis, jadis capitale de ce pays. Ce bourg est bâti sur un affluent du Kizil-Ermak, le Karafou, que l'on traverse sur un beau pont formé de restes de monuments antiques.
Sinore (Sinab ou Sinoub), située sur un isthme, couverte au nord par une presqu’îile, possède à l’est une excellente rade avec des chantiers pour la marine impériale turque, ce qui, plus que son commerce, contribue à lui donner une certaine importance. Cette ville, la patrie de Diogène le Gynique, est réduite par les émigrations des Grecs à une population de 10,000 âmes.
InéBoLr (Jonopolis) exporte des bois de construction, du chanvre et du cuivre; elle est l'échelle, c’est-à-dire le port de Kastamouni.
AMASTRAH où AmAsserRAn (Amastris) , élevée en amphithéâtre sur les bords de la mer Noire, n’a conservé qu’un nom célèbre, de même qu'EREKLI ou HERACGLEA.
Seurart, grande et riche ville, qui n’est, en réalité, qu’un faubourg de Constantinople, mais qu’il faut citer ici, puisqu'il se trouve en Asie. Le commerce est d'autant plus considérable, que c’est à Sculari que s'arrêtent toutes les caravanes venant d'Asie à Stamboul. Scutari a de fort beaux édifices publics et particuliers ; c'est la Chrysopolis des anciens, qui aujourd’hui renferme 70,000 habitants. À l'ouest de Scutari sont les admirables ruines de Cyzique, et non loin de l'ile de Ténédos , l'emplacement de Troie, dont le siége dura dix ans et dont la destruction, qui coûla tant de sang à la Grèce, remonte à 4,200 ans avant Jésus-Christ. Au sud de Troie s’éleva plus tard une
ville qui eut aussi une grande célébrité : c’est Alexandria Troas, bâtie par Alexandre, ruinée par Sylla et reconstruite par César. On voit encore des ruines dont nous donnerons la description dans nos Monuments les plus remarquables.
isxixmin où Îsmid (l'ancienne Nicomédie de Bithynie, où mourut l’empereur Constantin), est située sur le premier golfe de la Propontide (la mer de Marmara). Cette ville, qui renferme encore 4,000 habitants, a un bon port qui lui appartient.
Isnik, la fameuse Nicée, où se tint un concile général en 325, n’est plus qu’une chétive bourgade, au milieu de champs cultivés, qui sont eux-mêmes dans l'enceinte fortiliée de Nicée, laquelle est encore debout, ainsi que d’autres constructions antiques. Cette ville était sur les bords du lac Ascanius. Isnik, réduite à 200 ou 300 maisons, n’est plus habitée que par quelques juifs qui fabriquent de la faïence ou vendent de la soie. |
Brousse :, au pied du mont Olympe, sur le Nilufer, grande et superbe ville, la plus belle de l'Asie Mineure, avec de nombreuses et florissantes fabriques de soie. Cette cité, l'antique capitale de Prusias, est embellie par une foule d’édifices publics, ses immenses caravansérails, ses fontaines. Elle fut la capitale de l'empire ottoman jusqu’à la conquête d’Andrinople. On y remarque un vieux château dont les murailles sont couvertes d'inscriptions latines; il occupe l'emplacement de l’ancienne Prusa, et l’une de ses tours est attribuée à Comnène Lascaris. Peuplée de 400,000 habitants, dont 90,000 Tures, Brousse contient 365 mosquées dont trois (celles des sultans Achmed et Osman, ainsi que celle d'Aoula) sont magnifiques. C’est dans les environs de cette ville que l’on rencontre les plus riches plantations de müriers. Le mont Olympe de Bithynie a 1,100 toises d'altitude. De son sommet la perspective est immense, et la vue embrasse un horizon qui s'étend jusqu’à Constantinople, au’ nord, et aux rivages de la Méditerranée, à l’ouest. Parmi les richesses de Brousse, il ne faut pas omettre ses eaux thermales, efficaces contre la lèpre et toutes les maladies de peau. On trouve sur les flancs de l’'Olympe de belles forêts de châtaigniers.
MounanrA (Modaniyeh où Montagna), qui remplace l’ancienne Apamea de Bithynie, est une ville de 20,000 âmes, à 6 lieues ouest de Brousse, et sert de port à cette dernière. On en exporte des produits manufacturés, du vin blanc, des fruits et du salpêtre.
Le village d’ABouLzLIONT ou ABOULLONIA n’est remarquable qu’en ce qu’il est bâti sur l'emplacement de l'antique Apollonià ad Ryndacum.
Manarixkn, grande ville, dans une situation très-pittoresque sur des coteaux bas, près du confluent du Rhyndacus (actuellement Suput) et du Niacetus, appelé aujourd'hui Sousighir-li-sou (eau de buffle).
Terexur où Tarakrr, petite ville sale et mal bâtie, n’est connue que par ses manufactures de peignes.
Bozr, Bozy ou BoLo, grande et riche ville, à 46 lieues est de Stamboul: on y fabrique des cuirs estimés et des étoffes. C’est un passage des caravanes qui vont à Stamboul. Cette ville renferme 40,000 habitants, un vaste bazar et douze mosquées ; un de ses faubourgs est entièrement peuplé de chrétiens, qui ont le droit de se renfermer dans des murailles et de ne laisser pénétrer aucun Turc chez eux. Aux portes de Boly se trouvent des bains d’eau thermale, et, à une lieue, les ruines d’'Hadrianopolis (Eski- Hissär, en turc). |
Tonrris (Cnerkès), ville murée à 22 lieues à l’est de Boli, sur la rive droite du Baïtin que l’on y passe sur un pont en bois et en terre. La population est de 3,000 à 4,000 âmes; cette ville n’a rien de remarquable; on élève dans ses environs des
"L'antique Bursa ou Prusa, qui doit son origine à Annibal,
chèvres de l'espèce de celles d’Angora; on exploite du sel gemme dans les montagnes qui l’avoisinent.
Tosra ou TossiA, dans une vallée fertile et bien cultivée, sur un affluent du Kizil- Ermak. On y compte 3,000 maisons turques, 30 de Grecs et 10 mosquées. Les châles en tissus de poil de chèvre d’Angora que l’on fabrique à Tossia sont estimés pour leur finesse et leur moelleux.
Krancary, à 40 lieues au sud de la précédente, est une ville grande mais bâtie en bois. Nous ne la citons que parce qu’elle est l’ancienne Gangra que l'empereur Claude nomma Germanicopolis et qui fut érigée en capitale de la Paphlagonie par Constantin.
Kourantéx (Cotyœum), grande ville, dans une situation très-pittoresque, sur le Poursak, au pied d’une chaine de montagnes. La principale industrie est la fabrication de l’opium , que l'on cultive en grand dans les environs; son territoire produit de bons fruits et beaucoup de noix de galle. Embellie de 50 mosquées, de 20 caravansérails et de 30 bains publics, on y compte 75,000 habitants, dont 60,000 Turcs; le reste, Arméniens, Grecs et juifs. Il y a des bains chauds très-fréquentés à une lieue et demie de Koutahiéh , et dans les environs on trouve un monument phrygien, l’un des plus anciens de l’Asie, puisqu'il appartient au temps des rois de Phrygie de la famille de Midas, ce qui le fait remonter à plus de 600 ans avant Jésus-Christ. C’est un tombeau taillé dans le roc et couvert de sculptures.
Touran, au pied du mont Olympe, est un petit village dont les habitants sont exempts de toute contribution, à la charge de protéger et de guider les voyageurs qui traversent la montagne et ses défilés couverts de neige. Ils ont, ainsi que dans les Alpes, des chiens dressés à découvrir les malheureux qui se sont égarés.
Kara-Hissar!, très-grande ville, riche par son commerce d'opium et ses nombreuses fabriques de lainage, renferme 60,009 habitants. Cette ville est la résidence d’un pacha, le siége d’un évêque grec et le rendez-vous ordinaire des caravanes de Gonstantinople et de Smyrne, qui de là se dirigent vers l'intérieur de l'Asie.
AKk-ScHÉKER, ville considérable, dans une plaine élevée, où sont plusieurs lacs salés, dont le plus grand est celui de Touzla. Le sel que l'on tire de ces lacs fait la richesse des habitants d'Ak-Schéher, qui sont au nombre de 30,000. Cette ville a un archevêque grec. Ak-Schéher ou Ak-Chehr (ville blanche) répond, selon d’Anville, à l'ancienne Antiochia ad Pisidiam, et selon Mannert, à Tyriæum.
ErLcoux ou ILGnouN à des marchés bien approvisionnés. D'Anville prétend qu’elle occupe l'emplacement de Philomelium, tandis qu’Ak-Chehr aurait succédé à cette, antique cité d’après l'opinion d'Hamilton. i
Kontéx (Jconiun), dans le Roum, au milieu d'une plaine fertile et bien arrosée, possède quelques édifices modernes remarquables et a conservé des vestiges d’antiquités, parmi lesquels une statue colossale d'Hercule et une sculpture antique sont considérés comme deux morceaux remarquables. Koniéh a de nombreuses mosquées ; on cite aussi le couvent des Mevlevis qui possède de grandes richesses et qui est le chef de lous les établissements de cet ordre répandus dans l'empire ottoman. Le palais du pacha est bâti en bois, mais on y voit quelques restes élégants de celui des anciens sultans de Roum. Le plus beau monument que renferme la ville est le tombeau d’un personnage révéré en Turquie. On tire des environs des quantités considérables de la terre dite écume de mer. Koniéh est actuellement la capitale de l'Anatolie et le siége
: Plus exactement Aiyoun-Kara-Hisar ; elle est un sujet de dispute parmi les géographes dont plusieurs prétendent que c’est l’ancienne Apamear Cibotus, fondée par Antiochus Soter, tandis que Mannert, l’un des plus érudits, soutient que cette ville est l’antique Gelenæ.
d’un pacha qui gouverne la partie septentrionale de la Karamanie, province qui comprend l’ancienne Pamphylie, la Pisidie, la Lyacaonie, la majeure partie de la Cappadoce et la Gilicie.
KaramaN, non loin du bras méridional de l’Halys, a donné son nom à la province de Karamanie; ses monuments furent construits avec les restes de l'antique Larenda ; on évalue sa population à 3,000 familles turques, grecques et arméniennes.
Laprk où LazikivcHi-KarAMA (l’ancienne Laodicea Combusta) renferme une multitude d'inscriptions sépulerales.
Bev-Bazar renferme environ 1,000 maisons; cette ville est traversée par l’Idou-Sou.
ANGORA, appelée Ankorah et Engour par les Turcs (l'antique Ancyra), à 20 lieues sud-est de Boli. C’est la ville la plus malpropre de tout l'empire. Elle est très-célèbré par Îa victoire que Pompée y remporta sur Mithridate, et plus encore par la fameuse bataille entre Tamerlan et Bajazet, en 1402, où le dernier perdit l'empire et la liberté. Angora conserve de belles antiquités, parmi lesquelles on admire un temple dédié à Auguste. Cet admirable édifice, d'ordre ionique, est tout en marbre blanc. Les chèvres d'Angora valent à cette ville une industrie et un commerce assez considérable. Les 50,000 habitants de cette ville sont plus doux et plus policés que dans aucune autre ville de l’Anatolie.
KaisaRiËH (l'antique Césurée, capitale de la Cappadoce}, entourée de volcans dont les uns sont éteints et les autres encore en ignilion, est une ville de 25,000 âmes, arrosée par le Karasou dont les eaux fétides ne sont pas potables. Les ruines qui jonchent les environs de Kaisariéh, dans un rayon assez étendu, ont un caractère de grandeur qui rappelle les hautes destinées de cette cité, dont l'origine remonte à 2,060 ans avant Jésus-Christ : elle portait alors le nom de Mazaca; mais lorsqu'elle: tomba au pouvoir de Tibère, les Romains lui donnèrent, en l'honneur de ce prince, le nom de Césarée, et elle acquit une telle splendeur que, au temps de Valérien, lorsqu'elle fut pillée par le roi de Perse Sapor, elle comptait plus de 400,000 habitants. Julien, qui en releva les murs, en resserra les limites. Mais les chrétiens de cette ville, ayant miné les temples de Jupiter et d’Apollon, le prince la dépouilla du nom de Gésarée pour lui restituer celui de Mazaca; il imposa en outre une forte amende à chacun des habitants, fit enrôler dans la milice les prêtres chrétiens, et obligea la ville à rélablir les temples mutilés. Le fondateur des cénobites d'Orient, saint Bazile, naquit en 529 dans cette cité dont il fut évêque et où il mourut en 379.
ADANA, sur l'emplacement de Bathuæ, jadis célèbre par sa situation agréable, et l’une des plus anciennes cilés de l'Asie Mineure; cette ville renferme 25,000 âmes; elle est grande, bien bâtie et on y remarque un beau pont et un ancien aqueduc que les Tures entretinrent avec soin. *
Sis n’est citée ici que parce qu’elle fut longtemps la résidence des rois de la petite Arménie. Elle est, de même que la précédente, de peu d'importance.
Tarsous, Tarsus, en Cilicie, autrefois rivale d'Athènes, pour les sciences, et dont l’Académie éclipsa même celle de la ville de Périclès. Tarsous est encore considérable, parce que c’est dans le port de cette ville que l’on expédie presque tous les cuivres tirés de celte partie de l'Asie Mineure. Cette ville, dont on évalue la population à 30,000 habitants, est beaucoup moins peuplée pendant l'hiver; une partie de ses murailles fut, dit-on, édifiée par le calife Haroun-al-Raschid et son château par Bajazet. L'église arménienne est belle et très-ancienne , mais elle est attribuée à tort à l'apôtre saint Paul. Les fraiches ondes du Cydnus, si dangereuses à l’infatigable Alexandre, arrosent encore ces plaines riantes où Sardanapale fit graver au bas de sa Stalue celle sentence : « Il faut jouir des plaisirs de la vie; tout le reste n’est rien. »
Le sandjak actuel d’Iromis (autrefois pachalik) comprend presque toute l’ancienne Gilieie et la partie orientale de la Pamphylie. Dans ce pays, presque désert, on ne rencontre que quelques lieux habités qui méritent à peine le nom de villes, el nous croyons superflu de les citer ici.
Le pachalik de Kouraï£H ou d'ANADOI comprend le Tekiéh formé des côtes de l'ancienne Pamphylie et de la Lycie. |
SaraLr ou SATALIÉE, sur son golfe dangereux, au pied d’une forêt de citronniers el d'orangers, compte 8,000 habitants selon les uns, 30,000 selon les autres. Cette ville, qui renferme un bel arc de triomphe érigé en l'honneur d'Adrien, occupe, dit-on, l'emplacement de l'antique Olbia, et son commerce la rend florissante.
ALa-Cnémer (jadis Philadelphie) est la résidence d'un évêque grec et d’un prolopape. La cathédrale de cette ville, où l’on compte 6 à 8,000 habitants, est ornée de sculptures, de peintures et de dorures.
Tirea ou TrrRA, que l’on dit renfermer 20,000 âmes, a des manufactures importantes.
Ax-Hissar (autrefois Thyatira) n’a dans son enceinte que 2,000 à 3,000 individus qui habitent des maisons en terre.
IL nous faudrait un volume entier pour la description des côtes occidentales de l'Asie : car c’est là que fleurireni les lettres et Les arts dans les villes de la Doride, de l'Ionie et de l'Éolide: mais nous ne pouvons qu’eflleurer ce sujet, et, quoiqu'à regret, nous ne mentionnerons que les choses les plus saillantes parmi les ruines et les souvenirs de l'antiquité, tous remarquables cependant et dignes de notre intérêt.
YASALOUK ou AYASALOUK, n’est qu'un misérable village, mais il est bâti sur l’emplacement d'Éphèse; avant les constructions de Lysimaque. Dans ses environs s’éleva le premier temple de Diane, brûlé par l’insensé Érostrate; et l’on y admire des vestiges du second qui, dit-on, était plus grand, plus magnifique que le premier, et qui renfermait une statue de la déesse qui était toute en or. D’autres ruines encore excitent l'admiration; mais un autre sentiment s’empare du chrétien au souvenir d'Éphèse : c’est là que vinrent habiter Marie et Jean, le bien-aimé du Sauveur, quarante ans après sa mort ; c’est là aussi que l’apôtre saint Paul prêcha l'Évangile... et une pieuse exaltation saisit l’âme en songeant que le sol que l’on foule l’a été par les premiers élus de Dieu! |
PaLaremA n’est aussi qu’un pauvre village qui s'élève sur les resles de Myus, petite ville incorporée à Milet, dont les vaisseaux couvraient tout le Pont-Euxin, où elle fonda de nombreuses colonies.
Bouproum, petite ville et port où l'on construit des bâtiments de guerre, occupe la place d'Halicarnasse, si célèbre par le mausolée érigé par la reine Artémise à son époux. Le château, bâti en 1402 par les chevaliers de Rhodes, parait avoir été construit avec des matériaux provenant de ce tombeau. On voit épars dans la ville des fragments de colonnes et de sculptures, des murailles encore debout, et les vestiges d’un théâtre de 280 pieds de diamètre.
Gouzec-Hissar (l’ancienne Magnésie-sur-Méandre) est une grande et riche ville qui renferme 30,000 habitants. Ses manufactures de coton et un commerce très-actif la rendent florissante *.
ScaLa-Nova ou Kouon-Apast (l'antique Neapolis) a un port très-fréquenté. On estime la population de cette ville, qui étale en amphithéâtre ses mosquées entremélées de cyprès, à 20,000 habitants, presque tous Francs ou Grecs.
: En remontant la pittoresque vallée du Méandre un voyageur moderne vit les ruines de la riche et magnifique Laodicée, habitées par des renards !
Suyrne (appelée Zsmir par les Turcs), cité fameuse dans tous les temps depuis Alexandre, au fond du golfe de son nom; dix fois détruite, cette reine des villes de l'Anatolie s’est relevée dix fois avec une gloire nouvelle. Smyrne a deux quartiers distincts, la partie élevée est la ville Lurque, la partie basse celle des Francs. Ce dernier est le plus beau; le reste a un aspect agréable à cause des vastes et charmants jardins qui touchent à la ville, mais les rues sont étroites, les maisons basses, en bois ou en briques et rarement en pierres, et dans lesquelles néanmoins le luxe oriental est souvent déployé. Ce contraste est dû au despotisme turc, et il est concevable dans un pays où il suffit de l'extérieur de l’opulence pour être en butte aux exactions des agents de l'autorité. Sous le rapport des mœurs, du langage et de l'administration, les deux quartiers forment deux villes différentes : le quartier des Francs peut être considéré comme une république fédérative dont la langue commune est le français, et dont les personnes et les propriétés sont étrangères à la domination turque. En matière civile, commerciale ou ériminelle, les Franes ont pour seuls juges les consuls des diverses nations auxquelles ils appartiennent. Smyrne a conservé peu de débris antiques; on remarque seulement dans la ville haute quelques colonnes en marbre blanc qui paraissent avoir appartenu à un temple. La position centrale de Smyrne et la bonté de son port sont singulièrement favorables au commerce et y attirent un nombre prodigieux de négociants de toutes les nations. Cette ville exporte des soies, des poils de chèvre et de chameau, du coton, de la laine, des mousselines brodées en or et en argent, des maroquins, de la cire, des noix de galle, des fruits secs, des gommes, des drogues et du lapis-lazuli. On vient y chercher encore des tapis de plusieurs espèces, des perles, des diamants, des émeraudes, des rubis et autres pierres précieuses. Enfin Smyrne est le centre du commerce du Levant; on lui donne 150,000 habitants, dont 60,000 Turcs. La peste y exerce souvent ses ravages.
On doit regretter que tous les géographes aient omis de faire figurer sur leurs cartes le petit groupe des îles d’Ourlac, situées à l'entrée du golfe; car, malgré leur peu d'étendue, certaines circonstances leur donnent de l'importance: en cas de gros temps elles offrent un mouillage sûr, et pendant les sécheresses d’été elles fournissent en abondance une eau excellente que les habitants de Smyrne y envoient chercher.
On ne sait rien de Gassapa, à 12 lieues à l’est de Smyrne, sinon que c’est une ville industrieuse et vaste, située entre des montagnes et près d’un grand marais.
À 14 lieues plus loin, on trouve l'antique OEgora, DourcouTLzi ou TourGOUD, qui se fait remarquer par son commerce, son industrie, et renferme 6,000 maisons selon quelques voyageurs modernes.
I serait difficile de reconnaître la résidence de Crésus dans le misérable village de SART, Mais on y voit encore les restes d’un théâtre, d’un temple, d’un stade et les 60 grandes huttes qui sont les tombeaux des rois de Lydie.
Manissa où ManikA, sur l'Hermus, occupe l'emplacement de Magnésia; elle fleurit par son commerce dont la branche principale est l'excellent safran récolté dans les environs. La population est évaluée à 75,000 habitants presque tous Turcs et qui passent pour de bonnes gens. Cette ville fut le séjour du brave et sage sultan Mourad IF, auquel on a érigé un magnifique tombeau.
PERGAME où BERGAME est au nord de Smyrne, non loin de Cuicus et dans la belle vallée de ce nom. Sans être aussi riche qu’autrefois, cette ville, qui se recommande par l'invention du parchemin, est encore considérable et renferme 12,060 habitants.
Pourrait-on ne pas citer Foxra quand on sait que cette ville s'élève sur les ruines de Phocée?... Phocée, la mère de tant de colonies fondées dans tous les pays et notamment de Massilia, Marseille, qui est devenue la reine de la Méditerranée! Fokia, à
l'entrée nord du golfe de Smyrne, conserve son excellent port et fait encore un assez bon commerce. On y compte 7,000 habitants, parmi lesquels sont beaucoup de marins et quelques pilotes que l'on prend d'ordinaire pour naviguer dans l’Archipel, excepté lorsqu'on vient d'Europe : car alors on les-prend à Milo.
Nous avons fait le tour de la péninsule de l'Asie Mineure, en omettant à dessein bon nombre de lieux dont la description n’était pas indispensable; nous visiterons maintenant la chaîne d’iles qui la bordent à l’occident.
Les îles les plus orientales et à la fois les plus septentrionales sont celles des Princes ou îles Demonisi, près de la côte de Seutari, et dont le nombre est de neuf: Antigone, Khalki, Niandro, Oxea, Pitta, Prinkipos, Proti, Platea el l'ile des Lapins. Quelques-unes de ces îles sont habitées par des Grecs au nombre de 5,000 à 6,000; les autres ne sont que des rochers. Au reste, comme toutes celles de la mer de Marmara, ces iles n’ont rien d’assez intéressant pour nous arrêter, bien que chacune ait eu son beau siècle, ses héros et ses génies.
L'ile de Marmara, dans la mér de ce nom, est renommée pour ses belles et inépuisables carrières de marbre.
Méreuin (Lesbos) est une possession imporlante par sa fertilité et ses trois beaux ports militaires; à l'ouest, cette île a une baie étroite et profonde, à l'abri de tous les vents et qui offre une des plus belles rades connues. Le vin, les figues et les femmes de Lesbos ont conservé leur ancienne réputation. On y cultive le lentisque, arbuste qui fournit la gomme appelée mastic, fort recherchée dans tout l'Orient où on la mâche pour se parfumer la bouche et se-blanchir les dents, et qui, dit-on, a des vertus stomachiques. La population de Mételin est évaluée à 35,000 habitants, en grande partie Turcs, et dont 8,000 appartiennent à la ville de Gastro.
Cnros ou Scro était naguère encore la plus opulente des îles de l’Archipel par l'industrie, la civilisation de ses 100,000 habitants, autant que par la richesse de ses productions et le monopole qu’elle exerçait, sans rivalité, de fournir à tout l'Orient ses meilleurs jardiniers. Mais presque tout cela a disparu en 1822 : l’affreux tremblement de terre qui a bouleversé Alep et tant d’autres localités a exercé tant de ravages à Chios que cette île ne compte plus que 13,000 habitants et que le chef-lieu ne présente qu’un amas de ruines. Cependant la nature y est si libérale qu'avec des secours on pourrait relever celte intéressante cité. Les femmes de Chios sont belles comme des statues grecques, mais un costume bizarre les défigure.
Samos : est à 41 lieues sud-ouest de Smyrne. Le sol est très-fertile et donne des vins muscats, de l'huile, de la soie; on en ire du marbre estimé. Megali-el-Chora est le chef-lieu moderne, mais la principale ville est Vathi. On admire un canal pratiqué dans une montagne de 875 pas de long ?, qui conduit l’eau à Samos. Au côté gauche du port de Samos est une jetée colossale, haute de 20 toises, large de 57 à sa base, et qui s’avance de 250 pas dans la mer. Tout cet ouvrage en pierres de taille est vraiment gigantesque, mais très-délabré. À quatre milles de la ville sont les ruines d’un lemple de Junon, le plus vaste édifice qui existât en Grèce au temps d'Hérodote. Samos est la seule ville de l’Archipel où les femmes aient la réputation de laideur *.
: Les Turcs la nomment Sousam-Adassi, île une fois moins étendue que Scio, et peuplée, dit-on, de 60,000 âmes. — Le mont Kerki conserve la neige durant toute l'année.
2 Cette longueur est triple de celle de la fameuse voûte de Malpas au canal de Languedoc.
3 Les 42,000 habitants de Samos, presque tous Grecs, firent d’instantes démarches pour être incorporés au royaume de Grèce; leurs prières ayant été rejetées par la Porte parce qu'ils n'étaient point appuyés par les puissances, ils recoururent aux armes; mais ce mouvement fut étouffé, et cette démonstration d’antipathie pour la domination ottomane n’a fait que rendre plus pesant le joug qui les accable.
NicariA (l’ancienne Îcaria), riche en bois de construction, mais stérile d’ailleurs, est habitée par un millier de Grees aussi fiers que pauvres, qui prétendent descendre du sang impérial des Gonstantins et qui ne couchent jamais dans un lit, même lors: qu'ils peuvent en avoir.
Paramos, qui fut décrite, il y a environ 150 ans, par un de ses habitants, comme très-fertile et assez florissante, a beaucoup perdu aujourd’hui. La population est actuel: lement.de 1,500 âmes : le chef-lieu, appelé Pathmos ou Saint-Jean, ne renferme que 200 maisons. À peu de distance de cette ville on voit le célèbre couvent de l’Apocalypse, d’où sortirent tant de maitres qui répandirent leurs lumières dans une grande partie de la Grèce. On sait que c’est dans une des grottes de l'ile que saint Jean écrivit l’Apocalÿpse. ;
Cos :, située au nord de Rhodes, a 7 lieues de longueur; elle est traversée par une chaine de montagnes dont la plus élevée, le mont Christo, a, selon M. d’Urville, 860 mètres de hauteur; un grand nombre de sources limpides s'échappent de ces montagnes formées de calcaires et de schistes. La ville de Stan-Co, l’antique cité de Gos, a vu naître Hippocrate et quelques hommes célèbres tels que le peintre Apelles, le poëte Philétas et l'historien Polybe; son fameux temple d'Esculape, renversé par un tremblement de terre, rebâti, détruit par un incendie et reconstruil de nouveau, fut enfin converti en mosquée par les Turcs. On prétend que l'énorme platane qui ombrage la place sur laquelle s'élève cette mosquée est celui qui existait du temps d'Hippocrate et dont parle Pline; d’autres pensent que l'arbre actuel a remplacé l’ancien. Suivant la première version, ce platane aurait 22 siècles; d’après la seconde il compterait 900 ans. Quoi qu’il en soit, son tronc, qui est creux, à 35 pieds de circonférence, non pas au-dessus de ses racines, mais à 10 pieds du sol. — L'antique hippodrome a été transformé en cimetière par les Turcs, et le palais des archontes en citadelle. — L'ile de Cos se recommande aujourd’hui par l'excellence de ses fruits qui sont très-estimés. Il ya une pêcherie d'éponges sur ses côtes et autour de quelques États qui l’avoisinent.
Rnopes, célèbre dans l'antiquité par sa haute civilisation, ses lettres et la sagesse de ses lois; fameuse aux xrve et xve siècles, comme siége des chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, Rhodes ou Rhodos s'élève vis-à-vis les extrémités de l'Asie, au sud-ouest et à 4 lieues de la côte d’Anatolie. Elle a 17 lieues de longueur, 7 de largeur, 58 en superficie; la population, qu’on évalue à 19,000 âmes, est presque entièrement composée de Turcs. Cette île, moins opulente qu'autrefois, vante encore ses fruits, ses vins, sa cire et son miel; on en exporte du savon, de beaux tapis et des camelots ; mais ce qui contribue le plus à son importance, ce sont ses chantiers de construction établis au chef-lieu qui, comme l'antique capitale, porte le nom de Rhodes. Celte ville est une des villes les mieux bâties des îles de cette partie de l'Asie; un grand nombre de maisons de la rue principale sont encore décorées des écussons des anciens chevaliers. La vaste église de Saint-Jean et une autre ont été transformées en mosquées; le grand hôpital est devenu un grenier d’abondance; le palais du grand maitre est habité par le pacha. Les formidables remparts élevés par les chevaliers font de Rhodes une des meilleures forteresses des Turcs qui y ont un assez bon port resserré entre deux rochers sur lesquels sont bâties deux tours qui en défendent le passage. Le fameux colosse de bronze, qui avait 130 pieds de haut, ne parait pas avoir été placé en travers de l'entrée du grand port, mais plutôt sur la jetée ou môle qui en séparait le port intérieur, où les chevaliers conservaient leurs galères.
Cuyrre (Cypros, actuellement Kisris), l’une des îles les plus grandes et les plus fertiles
* Les Grecs l’appellent Stan-Co et les Turcs Jstan-Kivi.
de la Méditerranée ; sa longueur est d'environ 50 lieues du nord-est au-sud-ouest; sa largeur moyenne en a 45 à 20. Une indicible tristesse saisit l’âme à la vue du tableau de désolation que présente cette belle île que l'antiquité consacra à Vénus ; les bocages enchantés d'Idalie, d’'Amathonte et de Paphos où cette déesse avait des temples magnifiques, visités par tous les peuples de la Grèce et de l'Asie Mineure, ne sont aujourd'hui que d’affreuses solitudes, infestées de reptiles. De misérables rajahs qui n’osent cultiver dans la crainte de se voir aussitôt dépouillés par leurs oppresseurs, errent dans ces belles campagnes jadis couvertes de riches moissons. Chypre, qui pourrait hourrir un million d'habitants, n’en a que quatre-vingt mille; les Turcs, qui en forment le dixième à peu près, vivent des sueurs des infortunés Grecs qui languissent dans cette île après avoir tenté vainement de se soustraire au joug, et plus tard, de rejoindre leurs frères du Péloponèse et de l’Attique. Chypre est divisée en trois sandjaks : Barra, Cerina et Nicosra. Baffa, sur l'emplacement de Paphos, n'offre plus aucune trace du célèbre temple élevé à Vénus; Cerina n’a conservé de l'antique Cerynea que des catacombes ; Nicosia, la capitale, est la résidence d’un évêque grec ; et le gouverneur Lure demeure dans l’ancien palais des rois de Chypre qui n'offre plus que de tristes ruines. On donne à cette dernière ville 42,000 habitants. —La température de l'ile est fort chaude; on ne voit de la neige que rarement el dans les régions les plus élevées des montagnes. Les vents de mer, principalement ceux de l’ouest, viennent heureusement tempérer l’ardeur du climat. Le milieu de celte île a de hautes montagnes, assez bien boisées, où quelques familles grecques se sont réfugiées. Les vallées et les plaines sont d’une fertilité qui favoriserait les plus riches cultures. Malgré l'intolérable despotisme des Turcs, l’île de Chypre produit encore des vins renommés, du coton, un peu d'huile pour les savonneries, et du sel; et si l'on voulait régénérer ce beau pays, ôn le verrait en peu de temps atteindre un haut degré de prospérité. Mais le Chypriote n’est aujourd'hui qu’un esclave des Turcs, et peut-être quelque chose de moins, car ses maîtres ne le nourrissent pas! Les habilants de Chypre sont une belle race d'hommes; les femmes, par la vivacité deleurs grands yeux, semblent vouloir prouver qu’elles sont restées fidèles au culte de Vénus”.
Notre course dans l'Asie Mineure se terminera ici, car nous ne pouvons qu'effleurer la géographie et la topographie de chaque contrée. Quant aux mœurs et aux costumes des différentes nations qui occupent cette péninsule, ceux des Arméniens ont élé décrits, et ceux des Grecs le seront lorsque nous nous occuperons du pays dont ils lirent leur nom. Pour les Kourdes et les Turcomans, ils seront également l’objet d'un
article à part. ’