‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récentsChapitre 64 sur 78 · PACHALIKS OU EYALETS. CHEFS-LIEUX DE PACHALIES ET DE LIVAHS · texte numérisé non relu

PACHALIKS OU EYALETS. CHEFS-LIEUX DE PACHALIES ET DE LIVAHS

DIARBÉKIR PS OR EN MEME EURE Diarbékir.

Maden-Siverek.

Agil Djezyréh Goub Palou

principautés kourdes.

RAREA, 54 lé SN NP EE Rakka.

Bir-Beni-Rebia.

Djemassa-Harran.

Orfa-Khabour-Tor.

MogsAnt. ul 2e 2 RS Mossoul.

Radjevanlou-Harounaja.

BAGDAD. 2, COURS AMENER AURA Bagdad.

Anna-Bassorah-Korna, Helléh-Nizibin.

Sindjar.

DiarBÉkiR (Amida) , sur la rive droite du Tigre, est la résidence d’un patriarche et d’un évêque chaldéen catholique, d’un patriarche jacobite et d’un évêque arménien. Cette ville, dont les maisons sont bâties en lave, renferme 60,000 habitants. Elle est entourée d'une muraille dont la construction est attribuée aux Romains et qui, haute de 25 pieds, est flanquée de 72 tours. Des manufactures de soieries, et surtout celles des maroquins, rendent Diarbékir très-florissante.

MarDin (l'antique Marde ou Miride) a 15,000 habitants, d’autres disent 30,000: elle . domine, du haut de ses rochers calcaires, les plaines de la basse Mésopotamie. Son commerce est assez considérable.

MAADEN, siége d’un évêché arménien, ville de 30,000 habitants, s'enrichit par ses mines de cuivre et de fer. On expédie annuellement à Bagdad 8,000 quintaux du premier métal. ; .

DiEzyrÉu, autrefois très-considérable, a donné son nom à l’ancienne Mésopotamie; elle est remplie de ruines. |

Mousouz ou Mossouz, sur la rive droite du Tigre, est un peu déchue, mais elle a encore d'importantes manufactures de toutes sortes de tissus de coton, et une population de 60,000 âmes. En face de cette ville, sur la rive opposée, sont des monceaux

__* Ce tableau ne représente que les principaux chefs-lieux de sandjaks ou de livahs, tous n'étant pas Suffisamment connus,

de ruines que l’on croit être celles de Ninive. Parmi ces restes on à eru reconnaitre ceux du mausolée érigé à son époux Ninus par Sémiramis.

Ezxorn n’est qu’un petit village bâti au nord de Mossoul, mais on y voit un tombeau qui, à ce qu'on assure, est celui du prophète Nahum, un de ceux qui prédirent la destruction de Ninive. :

Orra (Édesse), sur les ruines d'Ur qu’habitait Abraham avant de s'établir à Harran, a 40,000 habitants et est la résidence d’un patriarche jacobite. Édesse fut célèbre au . temps des croisades; Orfa fleurit aujourd’hui par ses manufactures et par le passage des caravanes d'Alep.

. Ana, sur la rive gauche de l’Euphrate, n’a plus que 3,000 âmes depuis que, en 4807, elle fut brûlée par les wahabites. C’est dans cette ville que naquit le prophète | Jérémie. Anah est le passage ordinaire des caravanes qui transportent des marchandises entre Alep et Bagdad, lesquelles payent un tribut aux Arabes qui se considèrent comme les maîtres du désert, même au delà de l'Euphrate, et elles ont à craindre, en outre, les vents étouffants, les nuées de sauterelles et le défaut d’eau dès qu’elles s'éloignent de la rivière. Le voyageur Carré fut témoin d’une de ces scènes, les plus affreuses que puisse contempler un homme sensible; c'était entre Anah et Taïbah. Après avoir Lout dévoré, les sauterelles avaient fini par mourir de faim et leurs innombrables cadavres empestaient les mares d’où, à défaut de-sources, on devait tirer de l'eau. Le voyageur aperçut un Turc qui, le désespoir peint sur les traits, descendait d’une colline en courant, et s’approcha de lui : « Je suis l’homme le plus malheureux du monde, lui dit-il; j'avais acheté, à des frais énormes, deux cents jeunes filles, les plus belles de la Grèce et de la Géorgie; je les avais élevées avec soin, et, à présent qu’elles ont atteint l’âge nubile, je me rendais à Bagdad pour les vendre avantageusement. Hélas! elles meurent de soif dans ce désert ;'mais un désespoir plus affreux que celui qu’elles éprouvent me déchire. » Le voyageur s’empressa de franchir la colline et un tableau horrible frappa ses yeux. Au milieu d’une douzaine d’eunuques et d’une centaine de chameaux, toutes ces charmantes filles, âgées de douze à quinze ans, étaient étendues par terre, livrées aux angoisses d’une soif ardente et d’une mort inévitable: .une fosse ouverte en renfermait déjà quelques-unes, et un plus grand nombre était tombé mort à côté de leurs gardiens qui ne se sentaient plus assez de force pour les inhumer. Les soupirs de celles qui se mouraient, les sanglots de celles qui, ayant conservé un souffle de vie, réclamaient vainement une goutte d’eau, navrèrent le cœur du voyageur. Il ouvrit son outre où restait un peu d’eau et allait l’offrir à une de ces infortunées : « Insensé! s’écria son conducteur arabe, que fais-tu? veux-tu donc que nous périssions aussi de soif? » — Et d’un coup de flèche il perça la jeune fille, puis saisit loutre et menaça de tuer quiconque oserait y toucher. IL engagea ensuite le marchand d’esclaves à s’en retourner vers Taïbah où il trouverait de l’eau. « Non, répliqua le Turc, à Taïbah les brigands me dépouilleraient de mes esclaves. » L’Arabe entraîna le voyageur. Au moment où ils s’éloignèrent, toules ces infortunées, voyant disparaître le dernier rayon d'espoir, poussèrent un affreux hurlement. L’Arabe est touché; il prend l’une d'elles, lui verse quelques gouttes d’eau sur ses lèvres brülantes, et la met sur son chameau, dans l'intention d’en faire présent à sa femme. Cette pauvre fille s'évanouit plusieurs fois en passant devant les cadavres de ses compagnes qui étaient tombées mortes sur la route qu’elles avaient suivie; bientôt la petite provision d’eau de nos voyageurs fut épuisée : ils découvrirent un beau puits, frais et limpide; mais, hélas! leur corde était si courte que le seau ne touchait pas même la surface de l’eau. Alors ils découpèrent en lisières leurs ma nteaux, les attachèrent lesunes aux autres, et ne puisèrent chaque fois que très-peu d'eau; car ils tremblaient de voir

leur fragile corde se rompre el le seau rester dans le puits. C’est à travers tant de périls et d’angoisses qu’ils atteignirent enfin les premières stations de la Syrie.

Bacpa», l’ancien séjour des califes, le théâtre de tant de fictions orientales, est située sur les deux rives du Tigre et entourée d’une haute et forte muraille qui défend la ville proprement dite. Ornée de beaux bazars ou marchés qui, formant unesuite de 1,200 magasins, étalent les objets les plus précieux de l'Orient, Bagdad offre l'aspect. d’une ville persane. Elle est le centre du commerce de l’Asie avec la Perse, l'Arabie, le Turkestan et l'Inde. Au commerce de cette dernière contrée se joignent des fabriques de coton et de velours qui enrichissent les habitants, dont les mœurs conservent des restes de cette politesse qui distingua la cour des califes. Ses constructions les plus remarquables sont le vaste palais du pacha, qui embellit le quartier de la citadelle, le tombeau du fameux sofi Abdoul-Kadir-Ghilani, orné d’une élégante coupole, et celui de Zobeïde, épouse d'Haroun-al-Raschid. Un pont de bateaux unit à la ville le faubourg situé à l’ouest du Tigre. Ce pont, long de 264 mètres, s'appuie sur deux culées ou massifs en briques de 20 mètres de longueur sur 8 de largeur; il est composé de 35 bateaux à quille plate, et le plancher est large de 7 mètres. On évalue la population de Bagdad à 100,000 habitants dont 50,000 Arabes et 25,000 Turcs. Le pacha, qui étend sa domination depuis Bassorah jusqu’à Orfa et depuis Scherezour jusqu'aux ruines de Babylone, ne dépend que très-peu de la Sublime Porte et peut mettre 50,000 hommes sur pied. IL n'y a pas de ville en Asie dont les environs soient plus riches en ruinés et en monuments de tous les âges.

SamarA, qui fut la résidence de plusieurs califes abbassides, n’a plus que 2,000 habilants.

Hiczau ou HezLéx, à laquelle les uns donnent 7,000 et les autres 12,000 habitants, est une ville agréablement située dans une forêt de palmiers, assez considérable et rendue assez importante par ses fabriques. Elle paraît entièrement bâtie en briques tirées des ruines de Babylone qui occupent un canton tout entier aux environs de Hillah.

Une colline, longue de 2,000 pieds, formée de décombres, et qui porte encore chez les Arabes le nom d’Alcasr (palais), passe pour être celui de Nabuchodonosor, dans lequel Alexandre rendit le dernier soupir. Des restes de hautes murailles paraissent appartenir à celles qui supportaient les fameux jardins suspendus; de longues galeries servent de retraites aux lions. Parmi ces débris, on trouve des fragments de vases et de tables en marbre, et des briques chargées d'inscriptions en caractères cunéiformes. |

Mescuep-Art et MEscuen-Hossein sont deux villes consacrées, aux yeux des Persans, par le souvenir de deux des plus grands martyrs de la secte des schütes. Assez grandes, ces deux cités étaient naguère remplies de richesses accumulées par les Persans; mais les féroces wahabites s’en emparèrent et les transportèrent au fond de leurs déserts. Dans les environs de Mesched-Ali on voit un monument circulaire qui, selon les naturels, serait le tombeau du prophète Ézéchiel. :

KourA, dont la célèbre école a donné aux anciens caractères arabiques le nom de koufiques, n’a laissé que des ruines peu remarquables.

Au confluent du Tigre et de l'Euphrate s'élève Korna, que Ptolémée appellé Apamea, et Pline Digba. Elle est assez bien bâtie et peuplée de 8,000 à 6,000 habitants. Vis-à-vis | de cette ville, sur la rive opposée, on remarque un monument que l’on croit ëêlre le tombeau du prophète Esdras.

Bassoran, grande et riche ville fortifiée, sur le Chat-el-Arab, fait un commerce important avec inde; son port est le rendez-vous de l'Europe et de l'Asie. On lui

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