‹ Mœurs, usages et costumes de tous les peuples du monde, d'après des documents and authentiques et les voyages des plus récentsChapitre 71 sur 78 · RÉGIONS ET PROVINCES. CHEFS-LIEUX. VILLES PRINCIPALES · texte numérisé non relu

RÉGIONS ET PROVINCES. CHEFS-LIEUX. VILLES PRINCIPALES

SaniNno (contrée du versant septentrional des montagnes).

Tango. Miyazou. Tanabe.

Tanba. Kame-yama. Sasa-yama, Fouktsi-yama.

Tasima. Idzousi ou Deïsi. Toyo-Oka.

Inaba (In-siou),. Tots-tori.

Foki (Fo-siou). Yonego.

Idzoumo (Oun-siou). Matsouyé.

Iwam (Sek-siou). Tsouwa-n0. Famada.

Oki (An-siou). é

SAnyopo (contrée du versant méridional des montagnes).

Farima (Ban-siou). Fimedzi. Akazi, Ako.

Mimasaka (Sakasiou). Tsou-yama. Kaisou-yama.

Bizen. Oka-yama.

Bitsiou. Matsou-yama.

Bingo. Foukou-yama.

Aki (Ghe-siou). Firo-sama.

Souwo (Seou-siou). Tok-yama. Fouk-yama.

Nagata (Tsio-siou). Faki. Tsio-fou, Founaka.

Nan-Kaï-Do.

Kil (Ki-siou). Waka-yama. Tanabe, Sin-miya.

Awasi {ile d’) (Tan-siou). Soumoto ou Smoto (ile Sikokf).

Awa (As-iou). Tok-sima (id.).

Sanonki (San--siou). Taka-mats (id.). Marou-kame,

Iyo (Yo-siou). Matsou-yama (id.). Ouwa-sima, Ima-bari.

Tosa (To-siou). s Kôtsi (id.). -

SaïkA1DO (contrée de la mer occidentale).

Tsikousen. Fouk-oka (ile Kiou-siou). | Akitsouki.

: Tsikoungo. Kouroume (id.). Yana-gawa.

Bouzen. Kokoura (id.). Nakatsou.

Boungo. Osouki. Takeda, Saïki.

Fizen. Saga (id.). Karatsou, Omoura. Figo. Kouma-moto fid.). Yatsou-siro, Oudo.

Fiouga (Asi-siou). Iyifi (id.). Takanabe, Nobi-oka, Oosoumi (Gousiou). Kokou-bou (id.).

Satsouma (Stats-siou). Kago-sima (id.).

Iki (l'île) (Isiou). Katou-moto.

Tsou-Sima (l'île) (Jaisiou). Fou-tsiou.

Les divisions présentées dans le tableau qui précède sont appelées, en larigue du

koubo.

Yépo, la capitale du Japon, est une cité immense, assise sur les bords d'une

rivière, divisée en plusieurs bras et qui la traverse. Ces voies naturelles de commu nication, augmentées encore par les canaux qui rayonnent dans l'intérieur du pays,

facilitent les transports. Les denrées sont à si bas prix qu'on vit fort bien moyennant

six sous par jour. Yédo est la résidence de l'empereur et de tous les princes feudataires de l'empire, qui y ont leurs familles, lesquelles y demeurent toujours comme olages de leur fidélité. La population de cette ville, que l’on regarde comme la plus grande du monde, est estimée à 1,400,000 âmes, et le nombre des maisons qu’elle renfermeà 280,000. Celles-ci n’ont qu’un ou deux étages et sont bâties en bois, ce qui sans doute est cause de la fréquence des incendies qui y éclatent et l’ont consumée plusieurs fois. Aussi a-t-on institué un corps de surveillants qui la parcourent nuit et jour. Le port de Yédo est si peu profond qu’un vaisseau européen est forcé de jeter l’ancre à la dis= tance de cinq lieues. C’est probablement aux tremblements de terre que l’on doit attribuer le petit nombre d’édifices remarquables de cette ville. Il est néanmoins quel= ques constructions que nous ne saurions passer sous silence; le fameux pont appelé Niphon-Bas ou Pont du Japon, est de ce nombre. Il est long de 240 pieds, construit en

bois de cèdre et bordé de balustrades ornées de boules en cuivre. C’est de ce pont ques

l’on compte les distances sur tous les grands chemins de l'empire. Le palais de l'empes reur, qui consiste en un grand nombre de logements, est entouré de murs de pierre, avec des fossés et des ponts-levis, et formerait à lui seul une ville considérable, puis=

qu’on lui donne une circonférence de cinq lieues d’une heure, tandis qu’il faudrait” vingt et une heures pour faire le tour de la ville entière. Ce palais a une lour carrées

marque de prééminence, interdite dans cette ville aux autres grands, quoique chacun d'eux jouisse de ce privilége dans ses propres domaines ; les toits sont ornés de dra= gons dorés ; le cèdre, le camphrier et d’autres bois précieux se voient dans les colonnes et les plafonds. Le salon des cent nattes (sen-sio-siki) a 600 pieds de long sur 500 de large. À

On ne connait rien de NaGasima et de NamBou; on sait seulement que ce sont deux villes principales.

Opawara, au sud-ouest d’Yédo, a des fabriques de porcelaine; on y prépare le cachou ou la terre odorante du Japon, matière en effet terreuse, mais que l’on lire d'un végétal que l’on croit être le mimosa catechu de Linné.

OKosaki n’a rien qu'un pont superbe.

Nacoya, chef-lieu de la fertile province d'Owari, donne son nom à une baie. C'est une des plus riches villes du Japon; elle est défendue par un château-fort, entouré d’eau.

Mi4co , la deuxième ville de l'empire dont elle fut autrefois la capitale, et qui porte encore le nom de Æio (résidence), est située dans les terres à environ B4 lieues at sud-ouest d’Yédo et dans une plaine unie. Miaco est le principal siége des fabriques et du commerce et le lieu où l’on bat monnaie. Le daïri ou grand pontife y a sa cour qui se compose d’une partie des 52,000 prêtres de cette ville, tous gens lettrés. Le vaste palais de ce pape japonais est inaccessible aux étrangers, mais les temples de cette autre ville sainte ont été visités et décrits. C’est encore à Miaco que s’impriment tous les livres et notamment l’Almanach impérial, l’un des ouvrages les plus importants et les plus utiles qui se publient dans tout l'empire. La population est d'environ 400,000 âmes: Le nombre des palais, dont le plus vaste est le Kiu-mitz, palais de l'empereur, est de 130; celui des temples dépasse 6,000. On cite comme étant des plus remarquables le temple impérial appelé Tchouganin, monastère immense, composé de 28 temples et entouré de délicieux jardins; le Fo-Kosi, bâti en marbre blanc, orné dans son intéricur de 96 colonnes en bois de cèdre, et célèbre dans tout l'empire par la statue colos-

oO NOTIONS GÉOGRAPHIQUES. 547

sale de Daïbout (grand Bouddha}, qui représente ce personnage assis dans une fleur de lotus à la manière indienne : la hauteur de ce colosse est, dit Klaproth, de 81 pieds, dont 71 1/2 sont affectés à la statue et les 9 1/2 restant à la feuille de lotus. Elle était en bronze doré avant le tremblement de terre de 1662; mais, brisée alors dans sa chute, elle fut remplacée par une autre en bois doré. Près de ce temple on voit la plus grande cloche connue, à laquelle on donne 16 pieds de hauteur, et qui pèse, à ce que l’on assure, 2,040,000 livres. Le temple de Æwanwon n’est pas inférieur au précédent : Pimage du dieu de ce nom surpasse en grandeur celle dont nous venons de parler ; les 56 mains de Kwanwon s'élèvent au-dessus d’un groupe de six statues de héros d'une taille gigantesque. Les Japonais portent à 535,533 le nombre des autres statues qui ornent ce temple.

Nan, à 8 lieues au nord-est de Miaco, est aussi rangée parmi les villes saintes, à cause de la quantité de ses temples, presque tous consacrés au culte de Bouddha. Celui de Koubosi, l’un des plus remarquables, est précédé de trois vastes cours qui s'élèvent en amphithéâtre et auxquelles on arrive par de très-beaux escaliers. Chacune de ces cours est ornée de figures colossales, et de chaque côté de la porte du temple sont deux lions d’une grosseur monstrueuse. Un autre temple, consacré à Daïbout, renferme une statue de ce dieu, toute en cuivre, et dont les dimensions sont telles que la poitrine a 46 pieds de largeur.

OzakA , à l'embouchure du Yodogava, est considérée comme le port de Miaco; c’est une des villes maritimes les plus florissantes de l’empire et dont la population est de 700,000 âmes , si l’on admet, comme le prétendent les Japonais, qu’elle puisse mettre sur pied une armée de 80,000 hommes, mais il est présumable qu’elle n’a que 200,000 habitants. Deux gouverneurs commandent alternativement chacun pendant trois années et habitent la citadelle bien fortifiée, à l’une des extrémités de la ville. Les canaux dont cette ville est coupée et que l’on passe sur des ponts de cèdre, rappellent Venise; les agréments qu’on s’y procure, joints à l'abondance et au bas prix des vivres, y attirent les Japonais qui recherchent les plaisirs, et tous les riches y ont un pied-à-terre; mais comme si le gouvernement craignait qu'ils n’abandonnassent le séjour de la capitale pour celui de cette ville, il ne leur permet pas d’y coucher plus d’une nuit. Ozaka renferme un jardin botanique où l’on cultive tous les végétaux qui croissent au Japon.

Fioco, dans la même province, sur le golfe d’Ozaka, est une ville riche, grande, bien peuplée et qui possède un port garanti par un vaste môle.

Mourou, dans la province de Farima, a des fabriques où l'on travaille les cuirs de cheval à la manière des Russes. Cette ville est pourvue d’un port naturel.

KAke-GAva a un port et 400 maisons; KANA-ZAVA passe pour une cité des plus considérables du Japon.

Les villes des côtes septentrionale et occidentale de l'ile Niphon ne sont point connues, et l’on en doit dire autant de celles de l’île Sikokf. Nous passerons donc aux villes de l’île Kiou-siou.

SANGA est aussi célèbre par ses belles femmes que par ses manufactures de porcelaine presque transparente.

Kaco-sima vit le débarquement des Portugais lors de la découverte du pays.

L'ile FirANDO, près de la côte méridionale de celle de Kiou-siou, a 9 lieues de longueur sur 5 de largeur. Elle acquit quelque célébrité à l'époque de la découverte du Japon, comme ayant été un des premiers asiles de la religion chrétienne.

Il en est de même de l’ile d'Amaxousa, qui a 10 lieues d’étendue sur 8; les jésuites y fondèrent un collége où ils établirent une imprimerie.

Entre Kiou-siou et la Corée, l’île Tsou-srMA forme une province qui fut tributaire des Goréens avant d’être soumise aux Japonais; son étendue est de 48 lieues sur 8.

Le petit archipel Goro termine le Japon au sud-ouest.

Mais il faut distinguer le fameux port de Nançasaxr ou Nacasakt, le seul dans lequel il soit permis aux vaisseaux étrangers de jeter l'ancre, privilége aujourd’hui excelusivement réservé aux Hollandais et aux Chinois. Nangasaki compte 87 rues, chacune de 60 Loises de longueur (c’est la mesure légale d’une rue). On estime à 5,000 ou 6,000 le nombre des maisons, et à 62 celui des temples qui sont construits sur des hauteurs et | consacrés à la fois au culte et aux plaisirs. Ce lieu, qui n’était qu’un simple village, doit au commerce portugais sa prospérité et son importance. |

La petite île de Dézrma n’est, à bien prendre, qu'une rue de Nangasaki; quand la marée est basse, un seul fossé la sépare de la terre ferme. C’est à Dézima qu’est établie la factorerie hollandaise placée sous la direction du gouverneur général des Indes néerlandaises; les magasins de la Compagnie, son hôpital, les maisons des facteurs à deux étages, avec l'entrepôt au rez-de-chaussée et les logements au premier, voilà en quoi consiste l'établissement. Le tout est construit en bois et en terre glaise, avec un toit, couvert en tuiles; les fenêtres ont des châssis de papier et le sol est jonché de nattes: ce n'est que depuis peu que l’on a fait venir de Batavia quelques petits compartiments à carreaux de vitres destinés à garnir les croisées. Un jardin de plaisance se trouve à l'extrémité de ces constructions; il est embelli d’un belvédère à deux étages. Plus loin on voit le collége des interprètes, vaste maison qui sert à loger les Japonais qui remplissent ces fonctions et qui y habitent en assez grand nombre quand les vaisseaux dé la Compagnie sont en rade, mais dont un ou deux truchements seulement restent dans ce poste lorsque l’escadre a mis à la voile. Dézima renferme encore une maison pour les ottonas, sorte de commissaires chargés de surveiller ce qui se passe dans l'ile et d'en adresser un rapport au gouverneur; ce sont eux qui commandent la garde et les … postes et qui donnent la consigne aux sentinelles.

Les Japonais sont bien faits, libres et aisés dans leurs mouvements, d’une structure robuste et de moyenne taille. Leur teint jaunâtre Lire quelquefois sur le brun; quelquefois aussi il se perd dans-un blanc pâle. Les jeunes gens des deux sexes ont la peau du visage unie, rosée, et la tête ornée d’une chevelure noire abon dante. Les écrivains hollandais vantent avec beaucoup de complaisance la beauté dés jeunes femmes; celles de distinction, en s’exposant rarement à l'air…sans être voilces, conservent le teint aussi blanc que les Européennes. Les Japonais ont dans leur organisation tous les traits caractéristiques de la conformation mongole, y compris la posi- Lion oblique de l’œil qui s'éloigne plus de la forme ronde que chez aucun autre peuple; oblong, petit, enfoncé dans la tête, il parait clignoter continuellement. Leurs paupières forment un sillon plus profond, et leurs sourcils sont placés plus haut qu’on ne le voit ordinairement parmi les autres nations. Ils ont généralement la tête large et le cou court, le nez gros et comme tronqué, les cheveux noirs, épais et brillants, ce qui peut-être n'est dû qu’à l'huile dont ils les oignent. Du reste, les deux sexes marchent avec gaucherie et les femmes plus encore que les hommes, ce qu'il faut probablement attribuer aux bandages qu’elles portent autour de leurs hanches et qu'elles serrent si fort que leurs pieds en sont tournés en dedans.

Cette race d'hommes, dit M. Klaproth en parlant des Japonais, a beaucoup de ressemblance, au premier coup d'œil, avec les Chinois, par la figure et l'extérieur; mais en examinant soigneusement leurs traits caractéristiques et en les comparant avec ceux de ce peuple, on s'aperçoit aisément de la différence qui exisle entre eux. Les yeux des Japonais, bien que placés aussi obliquement que ceux des Chinois, s’élargissent

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