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de se faire reméttre par elle ses pendants d'oreilles, et; en les représentant; il est exempt de tout châtiment. |
Les armes de ces insulaires sont l'arc, les flèches et un cimeterre long d’une coudée, d'uné trempe particulière et extrêmement affilée ; quelquefois, ils empoisonnent leurs flèches, surtout s’il s'agit d’une vengeance particulière: Ils remplacent le bouclier ou la cuirasse par une espèce de cotte de mailles faite de petites lattes, et qui leur est d’un si faible secours qu'une poignée de soldats japonais suffit pour mettre en fuité un millier de ces guerriers mal armés. |
Tout porte à croire que les Aïnos ont l'idée d’un Être suprême, mais ils ne lui rendent qu’un culte imparfait; et on ne leur connaît ni prêtres, ni docteurs; ni rites, ni aucun livre de religion. Quelques libations; quelques feux allumés en l'honneur de Kamoï, divinité japonaise, sont les seuls actes religieux qu'ils pratiquent.
La polygamie est en usage; le frère épouse la sœur et les tribus sont comme autant de familles qui, rarement, s'unissent entre elles. Un homme a quatre et huit femmes, selon sa fortune. Les femmes légitimes sont fidèles et ne témoignent aucune jalousie contre leurs rivales, mais lorsque le mari prend une concubine, il est tenu de la loger dans une hutte éloignée de la sienne. Lorsqu'une femme est sur le point d’accoucher, on la consigne dans une habitation séparée où les hommes ne peuvent entrer que trois semaines après l'accouchement. Cette règle de bienséance a, comme nous le verrons bientôt, son motif dans la structure des maisons.
Les enfants nouveau-nés sont très-blanies; mais leur teint se brunit à mesure qu'ils croissent en âge; ils vont nus jusqu’à l’âge de dix à douze ans, et cependant on leur inculque de tels principes de pudeur que, lorsqu'ils rencontrent un étranger, ils s’accroupissent et croisent leurs cuisses en le regardant. On prétend même, qu'ils se couvrent d’une sorte de tablier s’ils en ont le temps. Quand les mères sortent de leurs habilations pour se rendre au travail ou pour toute autre cause, elles portent leurs enfants enveloppés dans des linges et suspendus à leurs épaules au moyen d’une ceinture. Dès l’âge de dix ans, ces enfants apprennent à plonger dans la mer et à sauter par-dessus une corde tendue. Aussi les Aïnos excellent-ils dans ces deux exercices, et l'on en voit qui sautent à la hauteur de six à sept pieds, et suivent les cerfs à la course.
© A la mort d’un des leurs, les parents témoignent leur douleur par des combats simulés dans lesquels ils se portent des coups meurtriers. Leur caractère est si courageux et si ferme, qu'ils n’emploient d'autre remède pour guérir leurs blessures que des bains d’eau salée. On porte aux morts un grand respect; tous les ans la famille du défunt visite son tombeau. Après la mort de son époux, la veuve se retire dans les montagnes, et, pendant la durée du deuil, les parents ne paraissent point en public la tête découverte. ;
Les arts, même ceux de première nécessité, sont, comme on le présume, dans un état peu avancé. Les maisons se composent de quatre troncs d'arbre qui supportent un toit d’écorces; les murs ou côtés sont formés de planches jointes ensemble. On place ordinairement le foyer au milieu de la hutte, et de chaque côté on a ménagé quelques ouvertures destinées à recevoir le jour et à livrer passage à la fumée. La hauteur totale de l'édifice n’a pas plus de 10 à 12 pieds, et l'entrée en est si basse qu’on ne saurait y passer sans se courber beaucoup. Toutes misérables qu’elles sont, il faut convenir que ces habitations, de même que les ustensiles qu’elles renferment, prouvent une grande propreté; le plancher est toujours couvert de natles qui servent à la fois de lit, de siége et de table, et qui sont l'ouvrage des femmes.
La nourriture de ce peuple est aussi chétive que le climat du pays qu'il habite est stérile. L'huile de baleine est l’assaisonnement ordinaire el commun du riz, du poisson,
de la viande, des racines et des herbages. On mange ces mets qui seraient peu de notre goût, dans des plats de terre brune bien tournés et agréablement vernissés; ils remplacent, comme les Chinois et les Japonais, les cuillers par de petits bâtons.
Les relations commerciales offrent un caractère singulier chez ce peuple : ils se rendent dans une des îles Kouriles, et après avoir étalé leurs marchandises, ils se retirent à bord de leurs bateaux. Les Kouriliens examinent ces marchandises, déposent les leurs à côté, et l'échange se conclut au moyen de ces négociations muettes.
Les habitants de Yéso sont très-habiles à la chasse et à la pêche, qui sont les principales ressources des peuples que la nature a placés sur un sol ingrat et stérile. Les bateaux dont ils font usage pour la pêche n’ont ni clous ni chevilles ; ils sont cousus avec une espèce de corde faite de l'écorce d’un arbre appelé coxo ; au retour on les démonte et on en met les planches sur le rivage pour les faire sécher.