BRYUM PALLENS
Dans les marécages tres humides des montagnes des Vosges, la plante est robuste, les touffes denses, d’un vert foncé terne à la surface ; le pédicelle est tres long; la capsule aussi très allongée; sur les montagnes du Jura, plus chaudes et plus seches, les touffes sont moins luxuriantes, plus brunes, le pédicelle et la capsule plus courts. Dans les tourbières du Haut- Jura , par exemple au bord du lac des Rouges-Truites, près de Saint-Laurent, on trouve une autre forme (b. graäcilescens Schimp.). Touffes profondes (4—6 centim.), mais làches; innovations allongées, tres grèles, rougeâtres , nombreuses, garnies de feuilles espacées, étalées , révolutées aux bords jusqu’au milieu, oblongues -lancéolées, acuminées. Pédicelle long de 4—5 centim., mais dépassant à peine les innovations. Capsule à la fin subhorizontale, d’un brun foncé, obovée-piriforme, atténuée à la base, relativement courte; long. 3—3 172 millim., diam. { 174 millim. Sur le grès vosgien, près de Sarrebrück , MM. Schimper et Winter ont trouvé la var. cavifolium Sch. caractérisée par ses fenilles courtes, très concaves, obtusesmucronulées ; capsule également courte ; M. Schimper signale du reste cette forme dans l’île du Rhin, près de Strasbourg. C’est le B. neodamense Itzigs. C. Müll.
Lieux humides , marécages, tourbières , dans les lieux ombragés ou découverts, le long des ruisseaux dans les montagnes, dans les anfractuosités très humides des rochers C. dans toute la chaîne des Vosges, sur le granite et le grès ; se retrouve aussi sur le calcaire jurassique ; environs de Nancy, Liverdun (Godron), Toul (B.), Metz (Holandre); très répandu dans le Jura (Lesquereux , B.).
171, Bryum pallens Swartz, Musc. suec. p. 47; Bryol. eur. t. 373; Stirp. n° 729; Schultz, Herb. norm. n° 189 et Fl. G. et G. exsicc. n° 1588.
Tige rougeâtre, ascendante ou dressée, grêle, innovant audessous des fleurs (1—3 innovations); gazons lâches, mous, d’un vert pâle ; long. 5—40 millim. Feuilles espacées, médiocres, oblongues-lancéolées, rétrécies-cuspidées par l’excurrence de la nervure, décurrentes, partiellement et largement révolutées, marginées (2 séries de cellules très étroites), entières (à peine quelques denticules vers le sommet), légèrement concaves, dressées-étalées, ou même divergentes à l’état humide, crépues, contournées à l’état sec; long. 1 172—92 172 millim., larg. 273—374 millim.; cellules grandes, à parois minces, hexagones ou subrectangulaires, assez allongées. Fol. de l’involucre lancéolées, allongées, acuminées: 2—3 intimes pius petites, superficiellement denticulées ; 6—15 archégones ;
394 17° GENRE : BRYUM.
paraphyses courtes. Vaginule courte, brièvement oblongue, chargée des débris de la fleur. Pédicelle dressé, rougeûtre , arqué au sommet; long. 20—30 millim. Capsule penchée ou presque horizontale, obovée-piriforme, resserrée à l’orifice, presque toujours distinctement arquée; long. 2—4 mill., diam. 1—1 172 mill.; le sporange renflé se détache nettement du col qui est étroit, atlénué et courbé. Un large anneau formé de plusieurs (4—5) séries de cellules. Membrane du péristome interne peu élevée ; lanières étroites, plus ou moins largement ouvertes sur la carène; 2—4 cils appendiculés. Plante mâle distincte, grêle; fleurs capituliformes; fol. florales externes (6—8) ovales-concaves à la base, puis lancéolées-acuminées et tres étalées ; les 4—5 intimes ovales-suborbiculaires, brièvement acuminées, dressées; anthéridies nombreuses (15—30); paraphyses molles, légèrement épaissies. — Printemps, en plaine ; été, sur les montagnes.
Rochers humides, sur la terre, dans les sables humides, près des sources, des petits filets d’eau, des rigoles, sur le versant des montagnes, dans les lieux découverts, plus rarement ombragés. Sur le granite au Hohneck (Mougeot), Plateaux (Pierrat), sur le grès vosgien à Saint-Dié (B.), Bitche (F. Schultz), sur le grès bigarré à Deux-Ponts (Bruch), aux Etangs, dans la Moselle (Holandre). Assez commun dans le Jura (Lesquereux, B.). — Alpes de la Savoie (Paris), du Dauphiné (Ravaud), Pyrénées (Jeanb.), Auvergne (Lamy), Var (Hanry), Manche (Le Jolis), environs de Paris. — Cette espèce varie beaucoup ; mais les différences ne portent guère que sur la taille; les tiges sont courtes ou allongées ; les feuilles plus petites ou plus grandes; le pédicelle plus ou moins long; la capsule plus ou moins grande. La var. microstomum Bryol. eur. (b. speciosum Sch. Syn.), caractérisée par la longueur du pédicelle, le développement considérable de la capsule, la petitesse de l’opercule, se trouve au Hohneck; Lesquereux l'indique aussi dans le Haut-Jura