FISSIDENS BRYOIDES
Observations. Souvent la tige de l’année finit par s'affaisser et s’enraciner; sur sa longueur naissent alors 4—6 innovations redressées. A la base des feuilles, la lame dorsale et le côté voisin ont des marges très développées, formées de 8—10 séries de cellules linéaires, tandis que la marge du côté opposé reste tres étroite. Le développement relativement très considérable du système végétatif, les formes spéciales du pédicelle, de la capsule et des fleurs mâles, nous font regarder cette plante comme spécifiquement distincte du F. incurvus.
Sur les pierres inondées qui forment les parois des fontaines publiques, des réservoirs , sur les vannes , les murs très humides , grès bigarré, réservoir d’une fontaine au-dessous et près de Viviers-le-Gras, vanne et murs du moulin de Savillon, au-dessous de Monthureux- sur-Saône (B.), Moyæœuvre (Godron), Deux-Ponts (Ney). — Pyrénées (Philippe, Spruce), Dauphiné (Ravaud) , indiqué aussi dans le Tarn et l'Hérault.
323. Fissidens bryoides Hedw. Musc. frond. WI, p. 67; Bryol. eur. t. 101 (F. exilis); Dicranum bryoides Smith ; Dicranum viridulum Stirp. n° 216.
Tige courte (5—10 millim.}), dressée ou ascendante, simple ou peu divisée, croissant isolée ou formant des gazons assez fournis, d’un vert clair, masqué par l'abondance des capsules. Feuilles rapprochées , elliptiques, apiculées, marginées (marge étroite, mais épaisse, contournant l’apicule), garnies, vers ce point, de quelques dents très superficielles ; la nervure disparait dans l’apicule ; long. 2 millim., larg. 172 millim ; cellules opaques, carrées ou hexagones , surmontées de papilles peu saillantes, mais nombreuses. Fol. florales peu distinctes ; 1—2 archégones ; pas de paraphyses. Vaginule oblongue, verte. Pédicelle rougeâtre ; long. 3 mill. Capsule petite, dressée, oblongue ou subcylindrique, sans col notable, un peu resserrée sous l'orifice, verte; long. { millim., diam. 173 millim. Opercule conique-acuminé , dressé. Dents du péristome divisées, jusqu’au milieu, en deux branches filiformes, très finement papilleuses. Pas d’anneau. Fleurs mâles très petites, solitaires à l’aisselle des 8—10 feuilles inférieures de la tige; les fleurs supérieures sessiles, les autres pédiculées; 2 fol. ovales-suborbiculaires, concaves, terminées par un apicule étalé où divergent; 4—6 anthéridies oblongues, très petites; pas de paraphyses. — Mars-avril.
Sur la terre et les pierres des talus, des tertres, des collines, lieux frais ou ombragés ; C. partout, spécialement daus la région des plaines et des collines inférieures,
562 98€ GENRE : FISSIDENS.
324. Fissidens exilis Zedw. Spec. Musc. p. 159, t. XXX VIII ; Fissidens Bloxami Wils.; Bryol. eur. t. 100.
Cette espèce, qui offre quelque ressemblance avec le F. bryoides, en diffère par une tige plus courte encore, par les feuilles complétement dépourvues de marge sur tout le contour, très finement denticulées vers le sommet. Les fleurs mâles naissent de la base, isolées, et terminent un petit pédicule. La coiffe est conique, mais fendue latéralement. Il existe un anneau large qui tombe avec l’opercule.
Cette espèce est indiquée à Sarrebrück par M. Winter, et Milde (Bryol. siles. p. 80) confirme cette indication. Elle a été signalée sur un grand nombre de points de notre circonscription, cependant tous Les échantillons que nous avons pu examiner appartenaient soit au F. incurvus, soit au F. bryoides.
Fissidens rivularis Br. Sch. Bryol. eur. t. 102; F. bryoides v. rivularis R. Spr. Musc. pyren. n° 318.
Tige dressée, raide, plus élevée que dans les deux espèces précédentes. Feuilles allongées, ligulées, entourées d’une marge épaisse qui forme, avec le prolongement de la nervure, un petit apicule au sommet. Capsule ovale, inclinée. Opercule acuminé. Pas d’anneau. Fleurs mâles solitaires et sessiles à l’aisselle des feuilles de la même plante; 3 fol. florales ovales, acuminées ; anthéridies grandes; des paraphyses courtes. — Automne.
Près de la fontaine ferrugineuse , non loin de Bagnères de Bigorre (R. Spruce), Port de Vénasque (Jeanbernat).
A la même section appartient encore le F. gymnandrus Buse, Musc. Neerland. n° 77, également tres voisin du F. bryoides , maïs distinct par ses feuilles distinctement denticulées vers le sommet , et surtout par ses fleurs mâles réduites aux anthéridies, qui se trouvent nues , sans involucre ni paraphyses, à l’aisselle des feuilles caulinaires. — Province de Gucldre en Hollande, au bord d’un ruisseau.
Signalons aussi le F. rufulus Br. Sch. Bryol. eur. t. 102. — Tige dressée , 2—3 fois dichotome. Feuilles rousses , oblongues-cultriformes , subobtuses, dentées sur le contour supérieur, marginées ; marge épaisse, mais disparaissant , ainsi que la nervure , au-dessous du sommet ; stérile. — Chute du Rhin près de Schaffouse (Schimper).
Genre Conomitrium Mont.
Système végétatif comme dans le g. Fissidens ; mais coiffe très petite, conique. Capsule brièvement pédicellée, symétrique,
CONOMITRIUM JULIANUM. 963
dressée. Dents du péristome, souvent au nombre de 8 seulement, tronquées ou diversement divisées, dépourvues de ligne dorsale et de stries.
Conomitrium Julianum Mont. Ann. des Sciences nat. 1837; Octodiceras Julianum Brid. Bryol. univ.; Skitophyllum fontanum La Pyl.
Tige fixée à la base, irrégulièrement divisée et flottant dans l’eau. Feuilles lancéolées-linéaires, mutiques, entières, non marginées. Pédicelle très court, caduc. Capsule obovée-oblongue, lisse. Dents du péristome (8) tronquées, divisées au sommet en 2—3 branches courtes, irrégulières. Fleurs mâles pédiculées sur la même plante.
Sur Les pierres inondées , dans les ruisseaux et dans les bassins des fontaines publiques; Bretagne, près de Fougères (La Pylaie); Versailles (Mérat), Le Luc, dans le Var (Hanry).
10° Tribu : Séligériées.
Pédicelle dressé ou géniculé. Capsule exserte, subglobuleuse ou obovée, symétrique, lisse, munie d’un petit col distinct. Pas d’anneau. Péristome (dans les espèces de nos régions) : dents, 16, larges, lancéolées, solides, dépourvues de ligne de division, dressées ou étalées par la sécheresse, pourpres ou orangées. Tiges plus ou moins développées, souvent très courtes. Feuilles linéaires-subulées , dressées-étalées, nerviées, lisses, d’un tissu dense,
99° Genre : Blindia Br. Sch.
Pédicelle droit. Dents du péristome lancéolées, aiguës, plus ou moins divisées ou percées de trous vers le sommet, dressées à l’état sec. Plantes assez développées, plusieurs fois dichotomes, croissant sur les rochers granitiques humides. Feuilles munies d’oreillettes formées de grandes cellules carrées , orangées.
325. Blindia acuta Br. Sch. Bryol. eut. t. 114; Weisia acuta Hedw. Musc. frond.; Stirp. n° 614.
Tige allongée (20—40 millim.), finissant par se dénuder à la base, peu radiculeuse ; innovations fastigiées ; toufles assez raides, olivâtres ou d’un vert sale. Feuilles légèrement étlalées,