SPHAGNUM FIMBRIATUM
8. Sphagnum fimbriatum Wils. Bryol. brit. p. 21; Stirp. n° 1404.
Touffes lâches, d’un vert pâle, jumais colorées en rouge vineux ; tige allongée (15—20 centim.), dressée ; zône corticale formée de 2—3 couches de cellules très distinctes, allongées, dépourvues de fibres et de pores ; cellules de la zône médiane jaunâtres, épaissies. Feuilles caulinaires grandes, spatuléesobovées, concaves au sommet, puis bientôt errégulièrement déchirées-frangées à ce point, planes, étalées ; cellules hyalines supérieures rhombées, dépourvues de fibres et de pores; plusieurs séries de cellules marginales linéaires. Rameaux groupés 3—5; 1—2 atténués, grèles, pendants; 2—3 arqués, retombants. Feuilles moyennes de ces rameaux ovales-lancéolées, infléchies aux bords, légèrement denticulées au sommet (2—3 dents peu saillantes); long. 2 millim.; 1-—-2 séries de cellules Marginales ; cellules hyalines toutes garnies de fibres ; les supérieures rhombées , percées de 6—10 pores larges, ordinairement rangés d’un seul côté. Rameau fertile allongé; fol. supérieures très développées, mesurant 4—5 millim. Capsule oblongue ; long. 2 174 millim. Cette espèce se distingue essentiellement de la suivante par la teinte päle, jamais rouge , de ses touffes, et surtout par ses feuilles caulinaires plus grandes, obovées, frangées sur le contour du sommet, toujours dépourvues de fibres et de pores; la plante est aussi plus robuste. Ces différences toutefois, il faut bien l'avouer, ne sont pas très saillantes.
Indiqué dans les Vosges par M. Schimper ; nous l'avons reconnu dans une collection de mousses faite par M, l'abbé Lemaire , dans les forêts de Preyé , au-dessus de Moussey.
9. Sphagnum acutifolium Ehrh. Crypt. exsicc. n° 72; 8. capillifolium Hedw. Spec. Musc.; Stirp. n° 11.
Tige dressée ou ascendante, flexible, simple ; long. 4—10 centim. ; zûne corticale formée de 3—4 couches de grandes cellules dépourvues de pores et de fibres ; cellules de la zône mediane päles, rougeûâtres ou violacées. Feuilles caulinaires ordi- . nairement dressées , plus rarement renversées, ovales-oblonques ou oblongues - lingulées, arrondies, ‘légèrement denticulées, parfois laciniées à la fin au sommet; long. 1 172 millim., larg. 34 millim. ; 3—4 séries de cellules marginales ; cellules hyalines supérieures assez courtes, garnies de fibres et percées de quelques pores, ou même tout à fait dépourvues de pores et de äbres. Rameaux groupés 3—4, rarement 5; 1—2 grèles, atténués, pendants; les autres arqués, légèrement renflés, puis
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atténués ; long. 8—10 millim. Feuilles moyennes de ces rameaux ovales ou oblongues-lancéolées, paraissant aiguës à cause de l’inflexion des bords, lâchement imbriquées ; long. 1 172 millim., larg. 172—374 millim. ; 1—2 séries de cellules marginales ; cellules hyalines inférieures 6, 8 et même 15 fois aussi L. q. L. ; les supérieures plus courtes et plus flexueuses; toutes garnies de fibres et percées de 3—6 pores assez grands. Fol. supérieures de l’involucre engaïnantes, entières ou légèrement denticulées au sommet ; long. 4 millim. ; toutes leurs cellules dépourvues de pores et de fibres. Capsule exserte , brièvement oblongue, urcéolée, dilatée à l’orifice, après la sporose , à l’état sec. ; long. 2 millim. — Eté.
Cette espèce varie singulièrement pour la longueur des tiges, la densité des touffes, le nombre et la longueur des rameaux, la couleur des feuilles raméales qui passe du vert päle ou jaunâtre au pourpre violacé, uniforme ou distribué sous la forme de taches disjointes. Cependant. après des observations réitérées, ces variations nous ont paru tellement instables, qu'il est inutile de les décrire sous des titres distincts.
CC. dans les tourbières , les bois humides ou simplement frais de toute la chaîne des Vosges, sur le granite et les grès, également commun dans les tourbières du Haut-Jura.
Observations. Ontrouve, dans le Bryologia silesiaca de Milde, la description de plusieurs autres espèces de ce genre, que nous avons de la peine à regarder comme sérieuses. Une étude plus complète des Sphagnums de nos contrées pourrait sans doute conduire à des résultats inattendus ; malheureusement la polymorphie de certaines espèces, la nécessité de constater avec certitude le mode de floraison monoïque ou dioïque pour des formes souvent stériles, l’emploi rigoureux de forts grossissements microscopiques, opposeront toujours aux bryologues des obstacles difficiles à vaincre.