J. bantriensis Hook. Brit. Jung. t. A ; N. ab Es. Syn
. 100. — Cette forme ne peut ètre considérée que comme une modification de la précédente, due à l’exubérance de la force végétative. On la reconnait aux folioles de l’involucre étuléesdivergentes, semblables aux feuilles caulinaires, seulement sinuolées au sommet et non ciliées-dentées. Des innovations se développant aussitôt à la base des périanthes, ces derniers se trouvent rejetés en arrière sans pouvoir achever leur évolution normale.
Dans le Haut-Jura avec J, Muelleri; Saint-Claude (B.), marais de la Pile, à la Dôle (J. Müller).
37. Jungermannia inflata Auds. Fl. angl. p. 811; Nees ab Es. Syn. p. 105; Stirp. n° 1139.
Tige molle, déprimée ou dressée, simple ou 2—3—furquée; innovations redressées, dépourvues de radicules ; long. 15—35 millim.; gazons ordinairement larges et profonds, mouvants, inondés, plus rarement émergés, passant du vert tendre au brun noirâtre. Feuilles très souvent espacées, particulièrement sur les innovations grèles, plus rarement rapprochées et imbriquées, insérées très obliquement, à peine décurrentes, obovées ou brièvement elliptiques, bilobées ; sinus étroit, bien qu’arrondi au fond, descendant jusqu’au tiers ou au milieu; lobes souvent inégaux, ovales ou lancéolées, obus, entiers, incurvés ; diam. 374—1 millim.; tissu délicat, très mou; cellules à contours anguleux, carrées, inais plus ou moins tronquées aux angles et delà heæa-octogones, sans espaces intercellulaires. La direction des feuilles varie beaucoup; souvent les inférieures vieillies sont renversées, convexes en dessus; les moyennes très étalées, un peu concaves par linflexion des bords; les supérieures plus rapprochées, dressées, très concaves; dans cer-
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taines formes, la plupart des feuilles sont très étalées; sur d’autres, elles sont généralement dressées, lâchement imbriquées. Fol. de l’involucre peu distinctes, un peu plus larges, obovées-suborbiculaires, concaves, lâchement imbriquées. Périanthe longuement libre au-dessus de l’involuere, obovéoblong ou obové-piriforme, lisse, à peine quelques plis légers à l’orifice ; celui-ci garni de cils très nombreux ; long. 2 174—38 millim., diam. 1 174—1 172 millim. Capsule petite, ovaleoblonque. On rencontre souvent sur des innovations grêles de cette espèce des périanthes bien conformés, mais qui restent vides et sont d’ailleurs tres fragiles.
Tourbières des Hautes-Vosges et du Haut-Jura; Gazon-Martin (Mougeot), Champäâtre (Pierrat), Preyé (Lemaire); les Ponts (Lesquereux), marais de la Pile, Dôle (3. Müller). — Dans les Alpes.
. Folioles supérieures de l’involucre ayant plus de 2 dents ou de 2 lobes. (E. 38—45.)
38. Jungermannia orcadensis Hook. Brit. Jung. t. 71; Stirp. n° 1140.
Tige simple, rarement dichotome, médiocre, dressée ou ascendante, flexueuse, garnie de radicules peu fournies, dénudée à la base; long. 10—20 millim. Plante vivant isolée au milieu des mousses et des lichens (Dicranum, Cladonia), ou ne formant que des touffes érès peu étendues, rousses ou brunes. Feuilles inférieures espacées, d’abord dressées, concaves, puis très étalées par le sommet, ovales-carrées, peu décurrentes à la base, insérées obliquement, à bords latéraux légèrement convexes, tronquées-émarginées au sommet; sinus large, arrondi, ne descendant qu’au quart; lobes courts, ovales, obtus, étalés on dressés, non connivents; long. 172—374 mill. Feuilles supérieures plus dressées, concaves, plus allongées; sinus descendant au tiers ; lobes plus allongés, subobtus, sinuolés ; cellules assez grandes, arrondies, à parois brunes, fermes, épaisses ; des espaces intercellulaires distincts. Fructification inconnue. Parfois les feuilles supérieures sont chargées de granulations et, par suite, leur contour se trouve corrodé.
R. Sur les pelouses, les troncs pourrissants desséchés, sur la terre qui recouvre les rochers escarpés, au milieu des mousses et des lichens, dans la région subalpine; Hohneck (Mougeot, B.), Colombier, dans le Haut- Jura (B ). La plante que nous venons de décrire et que seule nous ayons trouvée dans notre circonscription, appartient à la var. attenuata Nees, Syn. p. 108 ; nous possédons du Nord de l’Europe et du Tyrol des formes beaucoup plus développées. Tige allongée (4—6 centim.), très flexueuse,
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brune ; feuilles subvuerticales, largement ovales, convexes en dessus, à bord antérieur frès convexe, dilaté vers la base, parfois muni, au-dessus de ce point, d’un petit lobule décurrent, rétrécies vers le sommet et émarginées obliquement ; sinus superficiel, anguleux; lobes très courts, assez variables ; bord postérieur presque droit,
39. Jungermannia Wenzelii N. ab Es. E. Leb. Il, p. 58; Gottsche et Rabenh. Hep. eur. n° 389, fig.; J. vogesiaca Nees in litt. ad Mougeot, loc. cit.
Tige médiocre, assez raide, déprimée, flexueuse à la base, redressée par l'extrémité, nue ou garnie de radicules pâles et courtes, dichotome; innovations souvent divariquées; long. 10—30 millim.; touffes denses, étendues, vertes passant au brun. Feuilles se recouvrant à peine ou plus denses et se couvrant à moitié, insérées presque à angle droit, suborbiculaires, arrondies, à peine décurrentes à la base, concaves, dressées ou ascendantes, lâchement imbriquées, émarginées d’une manière très variable; ? petites dents subtriangulaires, peu aiguës, distantes au sommet de la feuille représentent ordinairement les deux lobes; la ligne de contour qui les sépare et forme le sinus, peut être convexe, droite ou plus ou moins concave; sur d’autres feuilles, le sommet est sinuolé-ondulé, 3—4 dents inégales, peu saillantes, s’en détachent; d’autres encore, particulièrement vers la base des tiges, sont simplement émarginées par un sinus arrondi, peu profond, limité par deux lobules subaigus ou subobtus, légèrement connivents; de plus, le contour des feuilles est plus ou moins sinuolé; diam. 394 millim. ; cellules arrondies, à parois fermes, épaisses ; espaces intercellulaires très étroits. Fol. de l’involucre plus grandes que les feuilles caulinaires, dressées, brièvement cohérentes à la base, plus fortement 2—3—dentées au sommet. Périanthe dépassant l’involuere de la moitié ou des deux tiers, oblong-subeylindrique, légèrement plissé au sommet ; orifice obtus, divisé en 5—6 lobules entiers. Capsule ovale-arrondie. Nees attribue à cette plante, lorsqu'on vient de l’humecter, une odeur aromatique analogue à celle du Daucus carota.
RR. Rochers ombragés et frais de granite, à Gérardmer, près du lac au midi, avec Jung. albicans et Sarcoscyphus emarginatus (Mougeot).
40. Jungermannia ventricosa Dicks. IT, p. 14; ÆHook. Jung.; N. ab Es. Syn. p. 108; Stirp. n° 734; Jung. porphyroleuca N. ab Es. E. Leb. Il, p. 78; J. excisa Stirp. n° 530.
Espèce polymorphe. Tige épaisse, molle, verte ou rougeûtre,
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radicante, ou se redressant à l'extrémité, dichotome; long. 10—30 millim.; sur la terre légèrement tourbeuse, sur le bois pourri, dans les anfractuosités fraiches des rochers, les tiges sont ordinairement couchées, enlacées, elles émettent des radicules päles, courtes, extrêmement abondantes qui aident à l’enchevêtrement, en sorte que l’on peut enlever le gazonnement tout d'une pièce; ces tapis sont ordinairement d’un vert foncé, assez agréable, plus rarement ils passent au rouge; dans. les endroits ombragés, dans les bruyères, au milieu des mousses, la tige d’abord couchée émet parfois de nombreuses (2—4) innovations grêles, dressées, garnies de feuilles espacées, souvent chargées de granulations d’un jaune clair. Sur les tiges couchées, robustes, les feuilles sont rapprochées, insérées presque à angle droit, très étalées, presque divariquées, rarement tout à fait aplanies, mais largement canaliculées-convexes, de forme générale carrée, non décurrentes, à bords latéraux légèrement convexes, tronquées-émarginées au sommet; sinus semi-lunaire, obtus, peu profond; lobules courts, aigus ou subaigus, ou même obtus, étalés ; diam. 1 172 millim.; cellules assez grandes, arrondies, à parois molles, épaisses,hyalines, renfermant de nombreux grains de chlorophylle; des espaces intercellulaires distincts, étroits. Sur certaines portions des tiges, les feuilles sont ascendantes par rapport à l'axe; leurs bords restent symétriques ou l’antérieur s'étale et même se renverse plus ou moins vers le sommet. Les innovations grêles ont des feuilles plus petites, espacées, divariquées, subhorizontales, toujours creusées en large goutlière, insérées à angle droit, du reste de même forme. Il faut remarquer encore que, selon les circonstances, le sinus du sommet des feuilles est arrondi ou forme un angle, mais très ouvert ; l’extrémité des lobes et même tout le contour supérieur se trouvent souvent corrodés par suite de la chute des granulations qui s’y forment. Involucre : 2 fol. inférieures un peu plus grandes, imbriquées par la base, plus ou moins étalées par le sommet, trilobées; 9 fol. supérieures dilatées, obovées, ordinairement cohérentes par leur bord postérieur jusqu’au delà du milieu, libres par le bord antérieur, plus rarement libres de part et d'autre, imbriquées par la base, souvent étalées au sommet ou du moins par les bords antérieurs, trilobées ; lobules ovales-lancéolés ou triangulaires, aigus ou subohtus, séparés par des sinus arrondis, descendant au tiers, formant de légères ondulations; souvent les fol. externes sont déjà 4—lobées, et les 2 intimes sont 4—5—lobées ; les lobes sont inégaux, entiers, sinuolés ou, à leur tour, émarginés , bilobulés. Des amphigastres ovales ou lancéeolés, entiers ou bifides, alternent souvent avec ces folioles de linvolucre ou même se soudent diversement à leur bord postérieur. Périanthe dépassant l’involucre de la moitié ou des deux tiers, oblong ou