‹ Muscinées (mousses, sphaignes, hépatiques)Chapitre 351 sur 395 · JUNGERMANNIA BICRENATA · texte numérisé non relu

JUNGERMANNIA BICRENATA

qui, même dans le cas d’un vert décidé, passent toujours au jaunâtre , et delà au brun et au brun noir, tandis que le vert d'herbe est caractéristique pour le J. ventricosa ;

5. Les variations spéciales à la plante stérile , variations qui n’ont pas lieu ou se passent autrement dans le J. ventricosa.

Ces données , certainement très sagaces, ne permettront pas sans doute de résoudre toutes les difficultés ; mais il ne faut pas exiger, dans l’étude des Hépatiques, la détermination rigoureuse des moindres brins, pas plus qu’on n’exige, dans l’étude des Phanérogames, la détermination d’un fragment quelconque. Des échantillons complets permettent seuls d’asseoir un jugement définitif.

43, Jungermannia bicrenata Lindenb. Syn. Hep. p. 82.

Tige très courte (1. 3—6 mill.), exactement couchée et fixée au sol par d'abondantes radicules hyalines, allongées; plante vivant isolée ou formant des groupes plus ou moins fournis, reconnaissables à la teinte souvent brun-orangé du sommet des feuilles ; innovations nombreuses. Feuilles obliquement dressées, demi-verticales, à peine bygroscopiques, rapprochées, imbriquées, concaves, carrées-subovales quand elles sont étalées-aplanies, semblant suborbiculaires sur la tige, bilobées jusqu’au tiers; sinus anguleux, ouvert (lorsque la feuille est aplanie), arrondi, étroit dans sa position naturelle (la feuille étant concave); lobes un peu connivents, concaves, courts, oblus ou subaigus , parfois corrodés par la chute de granulations ; long. 172—374 millim.; cellules assez grandes , subarrondies, où obscurément anguleuses , souvent un peu allongées, à parois épaisses, jaunûâtres, de telle sorte qu’elles semblent distantes ; espaces intercellulaires distincts. Fol. de l’involucre presque libres, atteignant à peine le milieu du périanthe, imbriquées, ovales-oblongues, plus allongées , divisées, au sommet, d’une manière assez incertaine, en 2—3 lobes lancéolés, aigus, ordinairement dentés ; sinus aigu. Périanthe saillant, faisant reconnaitre la plante, ovale ou obové-oblong , obtus, orangébrun , souvent décoloré et blanchätre sur le contour de l’orifice, plissé (3—4 plis obtus) au sommet, lobulé-frangé à l’orifice ; lobules peu profonds et peu distincts; long. f 174 mill., diam. 34 mill. Coiffe subglobuleuse, grande: archégones peu nombreux. Pédicelle long de 8—10 millim. Capsule brièvement oblongue, obtuse, noire; long. 172—374 millim. — Depuis la fin de l’été jusqu au printemps. Plante monoïque; les anthéridies se rencontrent isolées à l’aisselle des feuilles supérieures.

802 6° GENRE : JUNGERMANNIA.

Sur la terre sablonneuse , au bord des chemins creux, dans les bruyères, sur les pentes très inclinées dans les bois ; disséminé dans toute la chaîne des Vosges , sur le granite et les grès; Bresoir, Bruyères, Saint-Dié, Donon (B.), Vosges inférieures (Müller), forêt de Serre (B.), Petit- Salève (J. Müller) — Haute-Vienne (Lamy). — Souvent les folioles de l’involucre, outre les 3 lobes principaux, présentent encore un * petit lobule au bord antérieur ; les dents des lobes sont grandes, espacées, plus ou moins saillantes ; il y a presque toujours 1—2 amphigastres lancéolés , denticulés, mêlés aux folioles de l’involucre. Cette plante émet, lorsqu'on la dissèque sous l’eau , une odeur amère très caractéristique.

Jungermannia intermedia Lindenb. Syn. Hep. p. 83.

Cette espèce diffère du J. bicrenata par ses feuilles molles, d’un vert clair, dont le sinus est plus large, arrondi, moins profond, et les cellules à parois minces, nettement anguleuses, subhexagones , sans espaces intercellulaires ; les fol. de l’involucre sont plus grandes, très dilatées transversalement, ondulées, lobées ; lobes moins dentés, plus étalés. Périanthe vert, obové, plus court.

Sur la terre au bord des chemins creux, dans les lieux ombragés ; Limoges (Nees in Syn. Hep. p. 116 , sans doute d’après Montagne). Espèce probablement répandue, négligée jusqu'ici dans nos contrées.

4k. Jungermannia excisa Dicks.; N. ab Es. Syn. p. 112.

Tige simple, très courte, raide, radicante. Feuilles dressées, légèrement étalées, ‘subarrondies, infléchies par le bord antétérieur à la base; sinus profond, obtus; lobes droits, aigus. Fol. de l’involucre dressées, carrées , libres, divisées , au sommet, en 4—5 lobules courts, aigus, entiers. Périanthe dépassant l’involucre de plus de moitié, oblong-subcylindrique, fortement plissé vers le sommet, denticulé, frangé à l’orifice, et teint en rouge dans Sa moitié supérieure. Capsule ovale-arrondie. Le tissu des feuilles est formé de cellules hexagones, à parois minces, sans espaces intercellulaires.

Sur la terre caillouteuse ou argileuse , dans les lieux frais à demi découverts ; près de Bâle (Fr. Nees). — Nous n’avons pas vu cette plante; c’est d’après le texte de Nees (E, Leb. Il, p. 98), que nous avons rédigé la description qui précède. La plante indiquée par le D' Mougeot, sous le nom de J, excisa, comme répandue partout dans les Vosges , n’est qu’une forme du J. ventricosa ; il faut en dire autant du J. excisa signalé par

M. Godron dans les bois sablonneux des environs de Nancy.

45, Jungermannia arenaria N. ab Es. E. Leb. I, p. 132.

Tige exactement couchée et radicante à la base, se redres-

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