PLAINE DE LA FRANCHE-COMTÉ
Jura et de l’Ain. Cette plaine très peu accidentée possède une altitude moyenne de 250 mètres. Elle est formée par le terrain tertiaire, qui se divise en plusieurs étages, mais se compose, en général, de lits alternatifs de molasse, de calcaires marins ou d'eau douce et d’argiles. Ces assises renferment des débris des grands animaux fossiles, caractéristiques du terrain : Dinotherium, Palæotherium, requins; on y trouve aussi des lignites, etc. Le terrain tertiaire est recouvert sur de vastes surfaces par le diluvium et par les alluvions calcaires de la Loue et les alluvions siliceuses de la Saône. La Bresse, généralement peu fertile, est couverte de quelques cultures, de prairies, d’innombrables étangs et quelquefois de vastes forêts, comme la forêt de Chaux, pres de Dôle, qui s’étend sur une longueur de 25 kilomètres et une largeur de 15 (1).
Le terrain de la Bresse se retrouve en Alsace, entre Thann, Mulhouse, Bâle, Delle et Belfort.
Il nous reste à dire un mot de la Serre, au nord de Dôle, entre Menotey et Ougney, département du Jura. C’est un affleurement très curieux, sur une longueur de 15 kilomètres, du terrain permien et de roches porphyriques, gneissiques et granitiques. La Serre est couverte de forêts et n’atteint qu’une altitude de 330 m.
EX. Bassins hydrographiques.
Les grands cours d’eau n’ont pas d'importance au point de vue de la bryologie : il croît généralement plus de mousses sur les bords d’un humble ruisseau que sur les rives d’un grand fleuve. D’ailleurs ce serait fort inutilement que nous décririons le cours du Rhin, de la Moselle ou de la Saône. Tout le monde connait ces fleuves ou ces grandes rivières. Nous voulons plutôt indiquer le mode d’arrosement spécial à chacune des contrées qui composent le domaine de notre Flore.
(4) Voir de plus longs détails sur les terrains tertiaires de la Bresse dans Fre Ogérien : Géologie du Jura, p. 454 et suiv.
Montagnes des Vosges. Toutes les Vosges granitiques, surtout du versant occidental, sont arrosées par une multitude innombrable de sources d’une eau limpide et tres pure. C’est à peine si on peut trouver une surface de deux ou trois hectares qui ne renferme pas une ou deux de ces sources. Leur débit est généralement faible, cependant il se maintient, à l'exception de 1 à 2 mois, pendant les années les plus chaudes. Chaque vallon est arrosé par un ruisseau qui réunit les eaux de toutes les sources particulières, et le conduit à un affluent plus considérable encore. Outre les sources proprement dites, le revers occidental des Vosges présente, sur une multitude de points, des suintements peu abondants et plus ou moins durables, soit à travers les terres meubles, soit surtout dans les fissures des rochers. Ces émissions liquides, tout insignifiantes qu’elles soient en elles-mêmes, favorisent et multiplient à un haut degré le développement des mousses. Les schistes métamorphiques de Thann, du col de Bussans et du Ballon de Soultz sont beaucoup moins aquifères, à cause des fissures verticales nombreuses qui divisent leurs masses. Le gneiss, dans les environs de Sainte-Marie-aux-Mines, est aussi beaucoup moins riche en sources que le granite. Nous avons déjà fait observer que le versant oriental, en raison de ses pentes plus raides et de l’inclinaison des couches vers l’ouest, est généralement plus sec que le versant opposé.
Le grès vosgien des Hautes et des Basses-Vosges, se composant de srandes assises généralement inclinées à l’ouest, est sec sur le versant oriental; mais sur son contour occidental et septentrional, il laisse échapper des sources nombreuses dont les eaux glissent sur les couches imperméables d’argile qui lui servent de support.
Le grès bigarré se comporte comme le grès vosgien. Ses bancs coupés par des fissures verticales laissent tomber les eaux pluviales jusque sur les couches d’argile inférieures ou intercalées. De là des sources qui s’écoulent dans le fond des vallées.
Montagnes du Jura. Dans tout le Jura, les sources sont rares sur les plus hauts sommets comme sur les premiers pla-