HYPNUM STRAMINEUM
d’une nervure mince qui s’avance un peu au delà du milieu; pas de plis; long. et larg. 1 194—1 374 millim. Tissu: cellules basilaires peu distinctes et peu nombreuses, ne formant pas d’oreilleltes, les moyennes linéaires-flexueuses, obtuses, à parois épaisses, 8—10 fois aussi L. q.L.; sur le contour supérieur, on remarque ordinairement une bande de cellules étroites, dressées, comme tronquées, bien figurées dans le Bryol. europ. t. 618, 152. Involucre : environ 15 fol.; les externes et les moyennes oblongues obtuses, dressées, imbriquées, énerves ; les intimes subaiguës, faiblement nerviées ; 10—20 archégones ; paraphyses grêles et courtes. « Vaginule oblongue chargée des débris de la fleur. Pédicelle flexueux, rutilant. Capsule “petite, penchée et horizontale, munie d’un col distinct, oblongue subcylindrique, légèrement arquée, d’un brun ferrugineux. Opercule convexe-conique, roux; un anneau composé de 8 séries de cellules. Péristome comme dans le Hyp. stramineum. Fleurs qe sur une plante distincte, nombreuses, gemmiformes ; fol. briquées, obtuses ; anthéridies accompagnées de longues "3 raphyses. » Schimp. Synops. — Eté.
« Assez commun dans les tourbières des Alpes et du Haut-Jura, sans fructification. Cette espèce forme souvent dans la tourbe des lits épais, où les formes végétales sont parfaitement conservées, même à de très grandes profondeurs. » Lesquereux, Catalog. Cette espèce se trouve aussi dans les tourbières du nord de l’Europe.
54, Hypnum stramineum Dicks. Fasc. crypt. Il, p. 6; Stirp. n° 516, var. a; Bryol. eur. t. 617.
Tige grêle, dressée ou ascendante, ne se dénudant pas, dépourvue de radicules, allongée (8—20 centim.), simple ou divisée par innovation en 2— £ branches simples, ou à leur tour, mais rarement, garnies de quelques ramuscules; parfois de la base des tiges naissent des jets filiformes très grèles, dressés, à feuilles espacées. Piante formant des touffes lâches, molles, d'un vert très pâle ou jaune clair, et parfois colorées en brun ferrugineux vif; fréquemment les tiges croissent isolées au milieu d’autres mousses. Feuilles rapprochées, imbriquées, largement oblongues-lancéolées, arrondies et courbées en cuiller au sommet, brièvement et étroitement décurrentes à la base, planes et très entières aux bords, munies d'une nervure mince qui s’arrête un peu au-dessous du sommet, et de plusieurs plis peu profonds ; long. 2 mill., larg. 374 millim. Tissu : à la base, aux angles, de grandes cellules “hyalines, molles, subrectangulaires, ou brièvement hexagones, formant des oreillettes oblongues, distinctes; cellules moyennes linéaires, atténuées, presque
droites, 10—90 fois aussi 1. q. l.; au sommet de la feuille, quelques cellules arrondies, courtes ou subhexagones. Fol. de l’involucre ovales-lancéolées, dressées, concaves, hyalines, énerves, aiguës, et finement sinuolées au sommet ; archégones, 6—8; paraphyses courtes et rares. « Pédicelle allongé, flexueux, orangé, lisse. Capsule subcylindrique, arquée, inclinée, orangée. Pas d’anneau. Opercule court, conique, aigu. Dents du péristome jaunâtres, garnies d’articulations rapprochées; lanières internes blanchätres, pas ou à peine ouvertes sur la carène ; 1—2 cils, » C. Müll. Synops. Fleurs mâles sur une plante distincte. — Eté
Tourbières, marécages, au milieu des sphaignes ; répandu dans toute la chaîne des Vosges, commun surtout dans les Hautes-Vosges ; également commun dans les tourbières du Haut-Jura. Lesquereux aurait trouvé cette espèce fertile à Bémont, près de la Brévine ; malgré des recherches multipliées, nous n'avons pu la trouver en fruit dans nos régions. — Alpes, Do Cévennes, Montagnes du Centre de la France, environs de
aris.
B. Feuilles acuminées, mettement homotropes, courhées en dessous. (E. 55—85.)
+. Une nervure dépassant le milieu des feuilles. (E. 55—67.)
o. Fleurs dioïques. Feuilles ridées en travers. Tige dépourvue de radicules. (E. 55.)
55. Hypnum rugosum ÆEhrh. Decad. n° 291; Bryol. eur. t. 610; Stirp. n° 231.
Tige dépourvue de radicules, finissant par se dénuder à la base, robuste, épaisse, longuement décombante, se redressant un peu à l'extrémité, régulièrement pennée; rameaux courts, arqués, tres étalés, distiques ou déjetés d’un même côté, obtus; souvent la tige se partage en 2—5 grandes branches ramifiées de la même manière. Plante formant des touffes lâches, déprimées, d’un jaune d’or vif, ou d’un vert jaunâtre à la surface, brunes à l’intérieur; long. 6—12 centim. Feuilles rapprochées, concaves, imbriquées, donnant à la plante un aspect renflé, subcylindrique , largement oblongues-lancéolées, décurrentes à la base, rétrécies-acuminées, homotropes, à demi tordues , falciformes, révolutées de la base au delà du milieu, et denticulées sur tout le contour, canaliculées vers le sommet, munies d’une nervure qui s’avance jusqu'au milieu et au delà, ondulées, ridées transversalement, surtout à l’état sec, présentant aussi sur le dos des papilles saillantes; long. ÿ—6 millim., larg. 1 172
DD. HYPNUM RUGOSUM. 243
millim. Tissu épais : cellules basilaires, sur un espace considérable ovale ou oblong, remontant le long des bords, petites, arrondies ou brièvement oblonques anguleuses ; les autres linéaires, flexueuses, parfois même comme sinuolées, obtuses, 6—8 fois aussi 1. q. L., renfermant peu de chlorophylle. Fleurs femelles sur la tige principale, rares ; fol. très nombreuses, 20— 30; les externes et les moyennes ovales-acuminées, brièvement nervices; les intimes (non encore développées) largement acuminées, dentées, munies d’une nervure mince et courte; 10—15 archégones; paraphyses nombreuses, filiformes, plus longues. « Fol. involucrales intimes développées, lancéolées-allongées, acuminées, plissées; vaginule subcylindrique allongée, chargée des débris de la fleur. Pédicelle dressé-flexueux. Capsule oblique, subhorizontale, étroitement oblongue, munie à la base d’un col peu distinct, rétrécie sous l’orifice. Opercule convexe-conique, terminé par un bec court, oblique. Un anneau composé de trois séries de cellules. Dents du péristome épaissies, peu lamelliferes, d’un brun foncé; lanières très ouvertes sur la carène; 1—2 cils allongés. Spores assez grandes, vertes. Fleurs mâles sur une plante distincte, épaisses; fol. nombreuses, largement ovales, brièvement acuminées, énerves ; anthéridies oblongues; paraphyses filiformes, grêles, aussi longues. » D’après les dessins du Bryologia europæa.
C. Sur les coteaux secs, les rochers, les lieux gramineux exposés au soleil, sur les collines et les montagnes dans tous les terrains. Nous n’avons trouvé cette espèce qu’à l’état stérile ou garnie de quelques fleurs femelles, dans nos régions. M. Schimper indique comme l'ayant trouvée avec des capsules : Sommerfelt, en Norwége, Arnold, dans les environs de Münich ; Hartmann, dans les Alpes de Dovre en Suède.
00. Fleurs dioïques. Feuilles plissées en long ou lisses. Tiges chargées, entre les feuilles, d'un feutre de radicules courtes et de feuilles accessoires. (E. 56—58.)
56. Hypnum commutatum Hedw. Muse. Frond. IV, p. 68; \ Bryol. eur. t. 607; Stirp. n° 5923.
Tige décombante déprimée, se partageant par innovation en plusieurs branches fasciculées, ascendantes, assez longues (2—5 centim.), pennées; rameaux souvent très courts ou grèles, distiques, étalés, dressés ou plus ordinairement arqués, nombreux, rapprochés ou espacés. Plante formant des touffes profondes, denses, raides, d’un beau vert foncé, un peu olivâtre à l'ombre, jaunâtre luride au soleil et dans les lieux à sec, fréquemment chargées d’incrustations calcaires. Feuilles caulinaires largement
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ovales-triangulaires, espacées, étalées, lâchement homotropes, terminées par un long acumen canaliculé, falciforme, munies d’une nervure épaisse qui s’avance jusqu'au milieu de l’acumen, assez fortement plissées surtout vers la base, auriculées et garnies de dents grandes vers la base, superficielles vers le sommet; long. 2 mill., larg. 1 mill. (1). Tissu : cellules moyennes linéaires-flexueuses, aliénuées, sans être sous à ns fermes, épaisses, assez courtes, 4—8 fois aussi 1. q. L; aux oreilleîtes, des cellules vertes, courtes, oblongues, arrondies ou anguleuses, assez petites; puis au-dessous, sur un petit espace distinct, convexe en dessus, de grandes cellules molles, oblongues, subhexagones, presque hyalines. La tige est garnie de radicules d’un brun ferrugineux, ramifiées, articulées, et de feuilles accessoires lancéolées, acuminées, ou subulées-flexueuses, petites, noduleuses presque denticulées aux bords, abondantes. Feuilles des rameaux plus fortement courbées, homotropes, moins larges, ovales-lancéolées, moins plissées. Fleurs femelles ; fol. 8—10; les extérieures ovales-subobtuses, courtes, énerves ; ’les moyennes et les Supérieures ovales- -oblongues, lancéolées, ‘longuement acuminées (acumen étalé ou dressé), fortement plissées, munies d’une nervure qui s’avance jusque vers le sommet ; 6—10 archégones; paraphyses filiformes, nombreuses, courtes. Vaginule épaisse, cylindrique, pâle, chargée des débris de la fleur. Pédicelle dressé-flexueux, ferme, pourpre; long. 40—50 millim. Capsule oblique ou subhorizontale, cylindrique, fortement arquée, légèrement bombée, très peu atténuée à la base, un peu resserrée sous l'orifice; long. 3—4 1,2 millim., diam. 1—1 174 millim. Opercule convexe-apiculé. Un anneau formé de trois séries de petites cellules. Dents du péristome jaunes, marginées , lamellifères ; lanières à peine ou nullement ouvertes sur la carène; 1—3 cils assez longs, noduleux. Fleurs mâles sur une plante distincte, très nombreuses; 8—10 fol. ovales, concaves, imbriquées, obtusément acuminées, finement denticulées; les externes munies d’une faible nervure; anthéridies, 4—6; paraphyses grêles et courtes. — Avril-mai. Très rarement fertile.
C. dans les terrains calcaires, marécages, bords des sources, des petits filets d’eau, aux lieux rocheux, ombragés ou découverts. Espèce calcicole très décidée, CC, dans le Jura à toutes les altitudes; elle ÿ fructifie ; çà et là dans les terrains calcaires de la plaine et des collines de la Lorraine, des Vosges inférieures ; nulle dans les Hautes-Vosges granitiques ou arénacées, excepté sur la dolomie, à Saint-Dié et a Mandray.
(4) IL est difficile d'apprécier exactement la longueur des feuilles homotropes, à cause de la courbure; nos mesures pour ces espèces sont donc simplement approximatives.