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AU CIMETIÈRE DU PERE-LACHAISE

A M, Tischer,

Nous avons parcouru la nécropole immense, Pas à pas, tous les deux, l'un à l'autre serrés. Echangeant de ces mots à peine soupires, Primevères en fleur d'un amour qui commence.

Dans ces champs toujours verts que la mort ensemence Nous cherchions, négligeant les grands noms expirés, Les tombes de ceux-là qui se sont adorés Et pour qui, sauf aimer, tout le reste est démence.

Des oiseaux voletaient devant nous sans effroi. Puis s'allaient reposer sur quelque marbre froid. Tandis que vous passiez triomphante et ravie.

Je songeai que, peut-être, ils sont jaloux, les morts : Je leur montrais, en vous, tant de force et de vie Que j'en ai conservé. Chère, comme un remords.

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