‹ Muse et musetteChapitre 11 sur 133 · LA SOURCE · texte numérisé non relu

LA SOURCE

A M, Léon Garnier.

La source pleure au fond des bois.

Sur son urne, d'iris jonchée, Je crois voir la nymphe penchée Comme aux jours sacrés d'autrefois.

Bercée en son rêve, elle écoute L'eau qui fuit tomber goutte à goutte.

Des perles roulent de ses doigts.

La source pleure au fond des bois.

La source pleure au fond des bois.

Elle écoute, sous la feuillée.

Mélodie au loin éveillée, Des sons de flûte ou de hautbois.

Balançant la tête en cadence.

D'un pied fourchu le faune danse.

Le faune au sourire narquois.

La source pleure au fond des bois.

Muse et Muselle.

La source pleure au fond des bois.

Le soir vîeot : l'eau pure et glacée, Ranimaut sa vigueur tassée, A sauvé le cerf aux abois.

Ce pendant, la meute affolée Quête sa victime envolée, Qui doit périr une autre fois.

La source pleure au fond des bois.

La source pleure au fond des bois.

Sous la lune qui le caresse, Le rossignol, en son ivresse, Chante l'amour à pleine voix, Tandis que, dans la nuit sereine, La brise retient son haleine Et soupire à peine parfois, La source pleure au fond des bois.

Paysages et Souvenirs.

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