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AUX PIERROTS

Pierrots, tout vêtus de gris, Dont les squares de Paris Sont le refuge et Tasile, Je vous envie humblement Cet heureux tempérament Qui vous fait l'humeur facile.

De poussière saupoudrés.

Ebouriffés et cendrés, Quand vous lissez votre plume.

Ou prenez un bain, dans l'eau Qui pour vous coule au ruisseau, La joie en votre œil s'allume.

Mais lorsque, alignés en rang, Vous avez, le jour durant.

Reçu la grêle et la pluie.

Vous subissez sans chagrin Ce tub, et nul gant de crin Ne vous frotte et vous essuie.

Ironies, ^15

Si, trempés par les égouts,

Vous enfoncez, sans snow-boots,

Vos petits pieds dans la neige,

Défiant le coryza

Et bravant l'influenza,

Pierrots, quel dieu vous protège?

Dédaigneux de l'homme-roi,

Par le vent et par le froid

Quand vous chantez, philosophes,

Nous grelottons jusqu'aux os ;

C'est qu'ils sont, vos corps d'oiseaux.

Faits de bien autres étoffes.

Au revoir, amis pierrots, Qui franchissez mes barreaux Pour heurter à la fenêtre :

Comme vous je dois finir ; Mais, si j'en puis revenir.

En pierrot je veux renaître.

2i6 Muse et Musette,

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