‹ Muse et musetteChapitre 129 sur 133 · NEIGE FONDUE · texte numérisé non relu

NEIGE FONDUE

A M. C'A, OurseL

Neige et grêlons demi-fondus, Qui sur les passants morfondus Pleurez vos larmes glaciales, Les inondez par tous les bouts Et pour entrer dans les snow-boots Avez des grâces spéciales ;

Qui sur les fiacres ruisselez Et, des omnibus désolés Balayant les impériales, Arrosez indifféremment Les chars au funèbre ornement Et les voitures nuptiales ;

Neige et grêle, j'aimais pourtant Votre blanc tapis éclatant Que foulait ma joyeuse enfance!

Maintenant, on n'en est plus là :

Nous avons changé tout cela.

Grâce aux progrès de la science.

Et des cantonniers inhumains, Semant le sel à pleines mains, Font un gâchis épouvantable.

Ce mélange réfrigérant, Boueux, ignoble, exaspérant, C*est vraiment le sorbet du diable.

O poète t*inquiétant Du destin des neiges d'antan, Ta demande est une hérésie.

Notre temps n'est plus de ton goût Nous avons le « tout à Tégout »

Et puis... Zut! pour la poésie!

Ironies, 22*^

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