NEIGE FONDUE
A M. C'A, OurseL
Neige et grêlons demi-fondus, Qui sur les passants morfondus Pleurez vos larmes glaciales, Les inondez par tous les bouts Et pour entrer dans les snow-boots Avez des grâces spéciales ;
Qui sur les fiacres ruisselez Et, des omnibus désolés Balayant les impériales, Arrosez indifféremment Les chars au funèbre ornement Et les voitures nuptiales ;
Neige et grêle, j'aimais pourtant Votre blanc tapis éclatant Que foulait ma joyeuse enfance!
Maintenant, on n'en est plus là :
Nous avons changé tout cela.
Grâce aux progrès de la science.
Et des cantonniers inhumains, Semant le sel à pleines mains, Font un gâchis épouvantable.
Ce mélange réfrigérant, Boueux, ignoble, exaspérant, C*est vraiment le sorbet du diable.
O poète t*inquiétant Du destin des neiges d'antan, Ta demande est une hérésie.
Notre temps n'est plus de ton goût Nous avons le « tout à Tégout »
Et puis... Zut! pour la poésie!
Ironies, 22*^